‹ L'avenir de la philosophieChapitre 72 sur 265 · Uisloire de V Académie des sciences, préface · texte numérisé non relu

Uisloire de V Académie des sciences, préface

4. xvn° siècle : Hévélius, Picard, Cassini; Toricelli, de Guericke, Boyle, Hooke, Papin, les académiciens de Florence; Redi, Slénon, Rcjjnier de Graaf, Mnlpighi, Leuwenhoeck (-f- 1723. Arcuna naturae détecta. 169o-1099), Swammcrdam, R. J. Camerarius; Pecquet, 01. Riidbcck (f 1702), Th. Barlholin, Sydcnham, Ruysch (f 1731), Baglivi (f 1707). — xviii" siècle : Dufay, NoUet, Franklin, Musschenbrœck; Réaumiir, Lyonnet, Trembley, Peyssonnel, Fontana, Spallanzani, Mascagni, Winslow, Jenner (j 1823).

'■>. Fonlcnelle, ihid.

dU DE LA MÉTHODE POUR CONDUIRE SA RAISON,

la physiologie \ mais elle s'était étendue peu à peu à la chimie et à l'histoire naturelle. On n'y put certes introduire le mécanisme môme; mais on y appliqua le principe d'analyse par lequel Descaries avait ramené toute la physique à la mathématique; on chercha des natures simples pour établir des classifications et mettre ainsi de l'ordre dans les catalogues de la science empirique. Au xvni" siècle surtout, — en même temps que le développement des mathématiques pures " aidait à l'avancement de l'astronomie et de la physique mathématique^, — une analyse rigoureuse, grâce à la richesse des connaissances amassées dans l'exploration systématique de la terre et à l'importance des découvertes nouvelles, transformait en sciences véritables des répertoires de faits et démêlait des rapports, un plan, dans l'objet de la minéralogie, de la chimie, de la botanique et de la zoologie \ Sans doute, au xvnf siècle, surtout en France, la renommée de Bacon — de celui que Voltaire appelait le « père de la philosophie expérimentale », et d'iVlembert « le plus grand, le plus universel et le plus éloquent des philosophes » — s'était singulièrement accrue" : mais le nom do Bacon éclipsa celui de Descartes sans amoindrir le rôle de celui-ci.

La méthode cartésienne n'impliquait pas seulement l'intel-

1. Mariolte, Sauveur (f 1716), Rœmer (-{- 1710), Hiiyghens, Newton ("1-1727; ; BoreUi, Boerhaave....

2. Ncwlon, Leibnilz sont le trait d'union entre Descaries, Fermai.... et les malhémalicicns du xyiii" siècle : d'Alcmbert, Clairaut, Moivre, Condorcet, Monge (f 1.S13), Lagrange (f 1818), Laplace (f 1827), les Bernouilli, Euler, Taylor, Maclaurin.

3. n'Alemberl, Lambert, Lagrange, Laplace, Coulomb (f 1808), Ilalley, Herscliell, Bradiey.

4. Rome de l'isle, ilaiiy ; Lavoisier, Bergmann, Sclicclc, Prieslley {-[ 1804), Wenlzel. Guyton de Morveau (f 1816), BerthoUet (f 1822); Toiirnefort (j 1708), les Jubsicu, Daubenton, Guéneau, H. B. de Saussure, Linné.

5. Lettres sur les Ani/kds, Xll ; Discours Prêt, de lEncyclop., il" partie. « Ennemi des systèmes, dit d'Alembert, il n'envisage la philosophie que comme celle partie de nos connaissances qui doit contribuer à nous rendre meilleurs ou plus heureux : il semble la borner à la science des choses utiles et recommande partout l'étude de la nature. » Le xviu'' siècle a bien plutôt pris à Bacon l'esprit utilitafre que la haine de l'esprit systémalique, — quoique la proscription des systèmes, surtout vers le mitieu du siècle, ait clé un mot d'ordre (voir Adam, la Philosophie de Bacon, liv. IV, chap. ii).

ÉVOLUTION DE LA PHILOSOPHIE AU XVIir SIÈCLE. llo ligibilité des choses par des éléments simples : le mécanisme en traînait la formation graduelle, le développement nécessaire, l'évolution du monde matériel. Descartes n'a-t-il pas dit expressément : «... Encore que Dieu ne lui aurait point donné au commencement d'autre forme que celle du chaos, pourvu qu'ayant établi les lois de la nature, il lui prêtât son concours pour agir ainsi qu'elle a de coutume, on peut croire, sans faire tort au miracle de la création, que par cela seul toutes les choses qui sont purement matérielles auraient pu acec le temps s'il rendre telles que nous les voijons à présent] et leur nature est bien plus aisée à concevoir lorsqu'on les voit naître pou à peu en cette sorte, que lorsqu'on ne les considère que toutes faites' »? Celte idée de l'évolution, qui germait déjà dans le mécanisme de Descartes, avait mûri dans le dynamisme de Leibnitz et avait porté des fruits dans les sciences même. — Leibnitz, qui expliquait le dehors par le dedans et le discontinu apparent par la continuité réelle, d'une part, accommoda mieux la mathématique aux choses en inventant le calcul infinitésimal qui pouvait serrer de près leurs modifications insensibles; d'autre part, en imaginant les monades, toutes actives, toutes semblables essentiellement, mais hiérarchiquement différentes, il favorisa l'étude de la vie et la comparaison des vivants, et surtout l'élude des bas degrés de la vie et des infiniment petits parmi les vivants : ce grand penseur s'intéressa et contribua aux prog-rès de la biologie, de l'histoire naturelle, de la géologie môme. Dans les sciences de classification, on en vint de plus en plus à ne pas chercher seulement des rapports de ressemblance dans la diversité, mais k concevoir et à chercher aussi des rapports d'enchaînement dans la variation '.

Page 1