‹ L'avenir de la philosophieChapitre 73 sur 265 · Discouvf! de la Méthode, V parLie, éd. Habier, p · texte numérisé non relu

Discouvf! de la Méthode, V parLie, éd. Habier, p

2. Diderot, Buiïon, de .Maillet, Bonnet. Robinet (f 1820), Lamarck (f 1820), Er. Darwin (j 1802), Gœlhe (f 1832). — Hien n'est plus curieux que de voir s'élaborer la lliéorie de l'évolution parmi les timidités ou les réserves prudentes. BulVon a varié : « Quand la Sorbonne m'a fait des chicanes, je nai fait aucune difficulté de lui donner toutes les satisfactions qu'elle a pu désirer.... Ceux qui en agissent autrement sont des fous. 11 ne faut jamais

Le système du inonde de Descartes, repris et corrigé par Ne\Yton, — puisque Newton lui-même comprenait mécaniquement l'attraction, bien qu'il en ignorât la cause physique, et qu'il avait fallu, comme l'a dit d'Alembert, « passer par les tourbillons pour arriver au vrai système du monde », — complété par tant de savants, jusqu'au jour où Laplacc en fit l'exposition on le perfectionnant encore; la conception transformiste de la vie, que la science rendait toujours plus probable : tout cet effort devait se traduire philosophiquement par ridée d'une Nature autonome, en quelque sorte, et de la création naturelle.

Il faut le remarquer d'ailleurs, en même temps que celle de Newton, l'influence de Locke s'était répandue; grâce à Voltaire surtout, comme celle de Newton', d'Angleterre elle avait passé en France : « Locke seul, disait-il, a développé l'entendement humain dans un livre où il n'y a que des vérités, et, ce qui rend ce livre parfait, toutes ces vérités sont

claires Ce grand homme est dans la métaphysique ce que

Newton est dans la connaissance de la nature". » Or, avec

heurter de front les croyances populaires comme faisaient Voilai re, Diderot, Helvétius. » (Héraut de Séchelles, Voyage à Montbard. Voir Giard, Histoire du transformisme, Hev. Scient., 17 octobre 18So.) Bonnet était un esprit religieux que ses croyances retenaient dans certaines limites : « Abuserais-je de la liberté de conjecturer, si je disais que les plantes et les animaux qui existent aujourd'hui sont provenus par une sorte d'Évolution (souligné dans le texte) naturelle des êtres organisés qui peuplaient le premier monde sorti immédiatement des mains du Créateur? » (Voir Renouvier, Esquisse d'une classification des syst. phil., t. I, UV partie, pp. I'i5-'157.) L'auteur du livre de la Nature, plus hardi, — il réduisait l'idée de Dieu à celle de cause enveloppante unique à laquelle l'elTet est coéternel, — avait conçu un ouvrage sur ■< la gradation naturelle de l'être, Ou les Essais de la nature qui apprend â former l'homme » : Robinet ne put réaliser son dessein. (Voir les ouvrages connus de de Quatrefagcs et Edmond Perrier.)

1. Lettres anr/laises, Éléments de la p/iilosophie de Neuton. « J'ai été le premier qui aie écrit en forme en faveur de la philosophie de ratlraclion, et contre les grands tourbillons de Descarlcs, et contre les petits tourbillons de Malebranche; et je défie les plus ignorants, et jusqu'à Fréron luimême, de prouver que j'aie falsifié en rien la philosophie newtonienne. La Société de Londres a approuve mon petit catéchisme d'attraction. » (Lettre à Palissol. du 4 juin 1760.)

2. Calaluçiue des dcrivcrins du siècle de Louis XI \ ; cf. d'Alembert, Discour.'; prrlim . (« On peut dire qu'il créa la métaphysiijuc à peu près comme

ÉVOLUTION UE LA PHILOSOPHIE AU XVIir SIÈCLE. 117 Locke et Hume, ne voir dans la mélapliysique qu'une « physique expérimentale de l'âme » et croire que nous devons toutes nos idées à nos sensations', c'est faciliter le passage de la nature à l'esprit, ou mieux l'absorption de l'esprit dans la nature même -. Le mécanisme devint donc matérialisme chez des penseurs qui associaient aux résultats des sciences la psychologie de Locke; tandis que chez d'autres, qui subissaient plutôt l'induence de Leibnitz et qui, au lieu de chercher surtout le mécanisme dans les phénomènes de la vie et de la pensée, s'attachaient à découvrir dans la nature entière les germes de la pensée et de la vie, la philosophie apparaissait comme un panthéisme ou un monisme dynamique. — Locke et Hume — Descartes lui-même, à l'origine — avaient étudié res})rit pour savoir ce qu'il peut, ce que vaut la raison et, par suite, la science. Mais les progrès de la science emportaient tous les doutes dans ce pays de Descaries où, malgré les apparences, son influence persistait", où le doute est provisoire et fondamentale la confiance en la raison et la science. De là, dans l'enthousiasme des découvertes scientifiques, ce renouveau de dogmatisme. Si toute connaissance vient des

Newton avait créé la physique.... II réduisit la métaphysique à ce qu'elle doit être en elîet, la physique expérimentale de l'âme... >');Turgot, cité par de Rémusat, llisloire de la philosophie anglaise de Bacon à Locke, t. Il, p. 394 (2" éd.), et Condorcet, Esquisse d'un lableau hist. des pror/rès de Vesprit humain, IX" période. (Extrait de VEssai dans la Bi/A. universelle de Leclerc dès 1687, plus tard analyse étendue; puis cinq éditions de la trad. de Coste.)

Page 1