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Il istoij-e moderne, livre dernier, chap. xii

4. Dans ÏEssai sur l'oriç/. des conn. hum., avant le Traité des sensations, Condillac avait conservé la réflexion : voir Extrait raisonne' du Traité des sensat., dans l'éd. Picavet, p. 146.

5. « Si nous considérons que se ressouvenir, comparer, juger, discerner, imaginer, être étonné, avoir des idées abstraites, en avoir de nombre et de durée, connaître des vérités générales et particulières, ne sont que difîérentes manières d'être attentif; <|u'avoir des passions, aimer, haïr, espérer, craindre et vouloir, ne sont que difFérentes manières de désirer; et qu'enfin être attentif et désirer ne sont dans l'origine que sentir : nous conclurons que la sensation enveloppe foutes les /'acuités de l'dme. » Traité des sensations, I, VII, 2.

ÉVOLUTION DE LA PHILOSOPHIE AU XVIIP SIÈCLE. 121 enferme une âme, une aclivilé virtuelle; et, à mesure qu'on la dépouille de son enveloppe de marbre, dans les sensations successives, la virtualité se réalise. Condillac a donc conçu l'esprit comme quelque chose d'intérieurement connu en son activité et son unité; et il n'admettrait pas plus qu'on Téparpillàt en phénomènes qu'il n'admet qu'on le découpe en facultés distinctes : <( Pourquoi agiterait-on comme des questions fort importantes si le jugement appartient à l'entendement ou à la volonté; s'ils sont l'un et l'autre également actifs ou également libres; si la volonté est capable de connaissance ou si ce n'est qu'une faculté aveugle; si enfin elle commande à l'entendement ou si celui ci la guide et la détermine? Si par entendement et volonté les philosophes ne voulaient exprimer que l'àme envisagée par rapport à certains actes qu'elle produit ou peut produire, il est évident que le jugement, l'activité et la liberté appartiendraient à l'entendement, ou ne lui appartiendraient pas, selon qu'en parlant de cette faculté on considérerait l'àme comme active ou passive. Il en est de même de la volonté. Il suffit, dans ces sortes de cas, d'expliquer les termes, en déterminant par des analyses exactes les notions qu'on se fait des choses. Mais les philosophes ayant été obligés de se représenter l'âme par des abstractions. Us en ont multiplié rétre; et l'entendement et la volonté ont subi le sort de toutes les notions abstraites. Ceux mêmes, tels que les cartésiens, qui ont remarqué expressément que ce ne sont point là des êtres distingués de l'àme, ont agité toutes les questions que je viens de rapporter; ils ont donc réalisé ces notions abstraites contre leur

intention et sans s'en apercevoir Les abstractions sont

donc souvent des fantômes que les philosophes prennent pour les choses mêmes '. » — L'effort des empiriques pour trouver un élément simple dans l'esprit s'unit chez Condillac avec la croyance à la réalité substantielle de l'esprit.

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