‹ L'avenir du Canada [microforme]Chapitre 17 sur 76 · LITE · texte numérisé non relu

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toute l’activité, tout le dévéloppement dont elle est susceptible, Ce manque d’essor, le bas prix des produits agricoles, qui font des travaux des champs une occupation rien moins que payante, inspirent à nos jeunes gens, pour l’agriculture, un dégout qui s’accentue davantage tous les jours et se traduit par l’accroissement du fléau de l’émigration, qui prend les proportions d’une calamité nationale.

Qu’arrive-t-il ?

Nous nous épuisons pour soutenir nos écoles et nos collèges, nous consacrons le plus clair de notre avoir à l’instruction de nos enfants, et quand ils ont acquis cette instruction, quand ils sont préparés à remplir dignement le rôle de bons citoyens dans les différentes carrières, ne trouvant pas dans le pays le champ voulu pour mettre à contribution les aptitudes et les connaissances qu’ils ont acquises au moyen de sacrifices relativement considérables de la part de leurs parents, ils laissent le pays pour aller faire bénéficier nos riches voisins des Etats-Unis de leur travail, de leur intelligence et de leur instruction. L’émigration, en effet, ne s’étend pas seulement aux classes ouvrières, mais aussi, et dans une proportion peut-être plus considérable, aux classes commerciales et professionnelles. Parcourez les Etats-Unis, et partout vous trouverez des commis, des agents de commerce canadiens, des médecins et des avocats canadiens, qui font bénéficier les Américains des connaissances spéciales et professionnelles acquises dans les écoles, les colièges et les universités du Canada. Ils nous font certainement honneur par leur bonne conduite, l’intelligence et la compétence dont ils font preuve dans l’exercice de leurs professions ; mais quand on envisage la question au point de vue un peu trop brutal peut-être, de l’économie politique, il faut bien en arriver à la conclusion que sous le régime actuel, nous supportons les frais d’une instruction technique et professionnelle qui ne profite en grande partie qu’à nos riches voisins.

C'est-à-dire que nous en supportons tous les frais et qu’ils em retirent tous les avantages.

N'est-ce pas absurde à l’extrême ?

Est-il un homme impartial et sensé qui puisse consciencieusement refuser d’admettre que ce régime du statu quo nous mène direetement à la ruine et qu’il faut sans retard y mettre in ?

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