INDÉPENDANCE
Malgré tous les avantages matériels et autres que nous procu-: rerait l’union avec les Etats-Unis d'Amérique, je conseille à mes compatriotes—Français, Anglais, Irlandais et Ecossais —de demander l’indépendance et cela pour quatre raisons prineipales :
10 Par nécessité ;
20 Par patriotisme ;
30 A cause des avantages matériels de l’indépendance ;
40 Parce que nous sommes capables de vivre comme peuple indépendant.
Je vais essayer de développer aussi brièvement que possible ces quatre propositions.
Mais avant, laissez-moi rappeler un souvenir historique qui n’est pas sans importance dans le moment. Je veux citer La Minerve du 14 mars 1873. J'étais alors député de Rouville à la Chambre des
jommunes et y parlant pour la première fois, je crus devoir réelamer l’indépendance pour mon pays. Voici ce que La Minerve disait à cette date :
6 La discussion de mardi n'aurait offert aucun intérêt, si les nationaux du Bas-Canada n’avaient senti le besoin de faire leur profession de foi. M. Hincks ayant observé qu’il trouvait très curieuse l’alliance de 21. McKenzie, l’archi-loyal, avee M. John Young, l’indépendant, ce dernier s’est levé pour dire qu’en effet il était en faveur de l’indépendance immédiate du Canada, mais que cela ne l’empêchait pas d’être un sujet très loyal de Sa Majesté Britannique. Quelques minutes plus tard M. Mercier, l’un des directeurs du parti national, à parlé dans le même sens ; de fait il sembla n’avoir d'autre intention que de parler de l'indépendance dans son discours.”
Et L’Evènement du 15 mars 1873 rapportait mes paroles comme suit :
‘ L’hon. député de Vancouver reproche à notre parti de ren- ‘ fermer des personnes favorables à l'indépendance et même à ‘ l’annexion. Je suis moi-même favorable à l’indépendance, mais je ‘ n’en fais pas pour le moment un article de mon programme." M.
Mercier ajouta qu’on avait beaucoup parlé de loyauté et il maintient que les membres du parti national sont aussi loyaux que leurs pères qui ont versé leur sang à Châteauguay. Il dit que les cris d’annexion viennent plutôt du côté du gouvernement. ”?
Je suis le même homme qu’én 1873 et je demande, comme il y a vingt ans, à cinquante-deux ans comme à trente-deux, l’émancipation de mon pays et son indépendance.