FORME DE GOUVERNEMENT
Comme, ici, nous n’avons pas d’interêts dynastiques à servir, nous serions parfaitement libres de choisir la forme de gouvernement la mieux appropriée à nos circonstances. Or, cette forme de gouvernement, c’est incontestablement la république, et cela pour deux raisons : d’abord, parce que c’est le système gouvernemental le plus simple et le moins dispendieux ; en second lieu, parce qu’il serait injuste et dangereux de provoquer les Etats-Unis, qui verraient certainement d’un mauvais œil l'établissement d’un gouvernement monurehique à côté de leur pays.
Nous devrions imiter autant que possibie l’organisation administrative de nos voisins, à la fois si simple et si efficace, comparativement si peu dispendieuse, dont l’excellence à été consacrée par l'expérience d’un siècle ; mais j'avoue qu’il m'en coûterait beaucoup de sacrifier le principe de la responsabilité ministérielle, ce boulevard des libertés populaires, ce moyen par excellence de mettre le peuple en état de contrôler l'administration de ses affaires. Il me semble que les mânes des héros de, 37 sortiraient de leurs tombeaux, si nous allions d’une mais sacrilège briser ce trophée que ces grands patriotes ont cimenté de leur sang.
Au lieu d'être élus par le peuple, comme aux Etats-Unis, je crois que le président, le vice-président, les gouverneurs et les iieutenant-gouverneurs devraient être nommés par le congrès canadien et nos législatures d'Etat, mais pour uu terme fixe. Toutes ces questions devront être l’objet d’une étude plus approfondie ; mais je crois que ce sont los grandes lignes qui peuvent nous guider dans le choix de la solution q ti devra leur être donnée.
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Quant aux juges, le système en vertu duquel ils sont actuellement nommés devrait être changé, afin d’en éliminer absolument les considérations politiques et les préjugés ou les intérêts de parti. Je ne suis pas prêt à dire qu’ils devraient être élus par le peuple; mais je prétends que tout en laissant ces nominations à l’exéeutif, il faudrait astreindre ce dernier à ne choisir que sur les listes de candidats qui lui seraient fournies par le barrean ou les associations légales de chaque province.
A mon avis, ce Serait le moyen le plus sûr d'opérer une réforme dont la nécessité s'impose à tous les hommes qui ne se laissent pas aveugler par les préjugés.
Mieux que personne, les membres du barreau connaissent ceux d’entre eux qui sont capables de rendre dignement et sagement la justice. L'esprit de corps, la fraternité, le respect mutuel et la dignité qui caractérisent les rapports ‘es avocats entre eux, les porteraient nécessairement à ne se laisser guider que par la justice et le mérite dans la préparation des listes de candidats et seraient une garantie que les capacités réelles seraient mises au-dessus de l’esprit et des mesquines considérations de parti.
Je ne veux rien dire contre les juges actuels, malgré que des événements récents, bien pénibles pour moi, me justifieraient peutêtre, sinon de parler, au moins de penser mal de quelques-uns d’entre eux ; mais je tiens pour principe que tout bon citoyen doit éviter avec soin ce qui serait de nature à porter atteinte au respect de l’autorité, sous quelque forme qu’elle se présente.