NOTRE CLERGÉ
L'acte de cession du Canada garantissant la liberté du culte ‘atholique, toute constitution doit contenir la même garantie et conséquemment notre clergé, en général si digne de respect, serait aussi protégé avec l’indépendance, que la religion catholique. D'ailleurs, le clergé canadien fait partie de nos institutions nationales et l’on ne peut protéger celles-ci sans le protéger lui-même. Nos universités, nos collèges, nos couvents et tous les établissements de charité et d’éducatiouù devraient être les objets de l’atten tion particulière et scrupuleuse des auteurs de la nouvelle constitution. Nous sommes, ce me semble, plus en état qu’ila vingtcinq ans de régler cette question délicate, après la triste expérience que nous avons faite.
SA
Le sort des Canadiens-français est uni pour toujours, dans ce pays, aux Anglais protestants, et nous ne pouvons prospérer comme peuple sans pratiquer le plus grand respect pour toutes les croyances et pour toutes les races ; c’est dire que la minorité de cette province devra recevoir les mêmes égards et obtenir les mêmes droits, si le pays devient indépendant, que les autres minorités des provinces sœurs. Notre devise écrite en lettres d’or dans la constitution que nous nous donnerons, comme peuple indépendant, devra être —JUSTICE EGALE A TOUS ET POUR TOUS.
Notre clergé catholique pourrait jouer un rôle suffisant eb raisonnable, s’il acceptait la pensée si juste, si sage et si essentiellement chrétienne du grand évêque de St-Paul, Mgr Jreland— ‘l’Eglise est faite pour le peuple et non le peuple pour l'Eglise, ?” Ce qui veut dire que, suivant l’impulsion sage et hautement politique donnée par l’illustre Léon XIII à l’Eglise catholique, celleci attire le peuple à elle en respectant et faisant respecter, par une prudente tolérance, toutes les aspirations légitimes, au lieu de les repousser par une imprudente sévérité, qui ne convient pas à notre siècle. Comme Léon XIII, les évêques des Etats- Unis ignorent avec intention les partis politiques et ne demandent pas à un catholique s’il est démocrate ou républicain, libéral ou monarchiste. Cette tolérance intelligente, basée sur la justice chrétienne, a ramené l’ordre où existait le désordre, la charité où régnait la haïne, la paix des consciences ou l’inquiétude trou’ blait les âmes et amenait l’éloignement avec l’indifférence,