CONCLUSIONS
Laissez-moi résumer mes observations, afin d'éviter tout malentendu dans l’esprit de ceux qui m'ont écouté et surtout dans l’esprit de ceux qui liront ce que j’ai dit, soit dans le texte même de mon discours, soit dans les comptes rendus des journaux.
1o Le temps est arrivé de mettre fin pacifiquement au statu quo, en réclamant constitutionnellement notre indépendance, par tous les moyens, même les plus énergiques, qui sont à notre disposition.
20 Quelque avantageuse que puisse être notre union politique avec les Etats-Unis d'Amérique, je conseille de ne la demander qu'après que nous aurons joui de notre indépendance quelque temps et seulement si nous arrivons à la conviction qu’elle est nécessaire à notre prospérité.
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so Cette union ne devra être faite que par un traité, suivi ou précédé, d’après les circonstances, d'un plébiscite qui offrira à la majorité du peuple l’occasion de se prononcer en temps utile,
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Ma tâche est finie ; « vôtre commence,
Si vous acceptez mes vues, du moins dans leurs parties essentielles, vous devez les répandre autour de vous, dans vos familles, chez vos amis, chez vos voisins, de manière à préparer l'opinion publique à un grand mouvement qui assurera le triomphe définitif,
Mesdames, je place la cause du pays entre vos mains et sous votre aimable protection.
Vox populi vox Dei, la voix du peuple c’est la voix de Dieu. Vous êtes les véritables éducatrices du peuple, parce que c’est vous, Mesdames, qui élevez les enfants, leur donnez l’éducation première et en faites, dès leurs plus jeunes années, des êtres propres à devenir de bons chrétiens et de bons citoyens.
‘ Celui-là qui est maître de l’éducation peut changer la face du monde, ”? a dit Leibnitz.
Et le comte de Maistre a prétendu avec raison que ‘rien ne peut remplacer l’éducation maternelle, ? De son côté Esquirok affirme que ‘l’eaucation de l’homme commence au berceau”?
‘C’est par l'éducation de la femme que doit préluder toute politique d’avenir et c’est l’éducation qui fait de l’enfant un hom* me et un citoyen, ”” suivant la pensée sublime et juste de Vacherot.
Mgr Dupanloup, un des évêques les plus illustres de France, a écrit les remarquables paroles que voici :
‘C’est l’éducation qui fait les mœurs domestiques, inspire les vertus sociales, prépare des miracles inespérés de progrès intellectuel, moral, religieux ; c’est l’éducation qui fait la grandeur des peuples et maiïntient leur splendeur, qui prévient leur décadence et, au besoin, les relève de leur chute.’’
Enfin Fénelon, l’auteur du Télémaque et le précepteur du duc de Bougogne, fils de Louis XIV, a donné cette sévère leçon aux hommes d’Etat :
‘Les hommes même qui ont toute l’autorité, en public, ne peuvent, par leurs délibérations, établir aucun bien effectif, si les femmes ne leur aident à l’exécuter.’?
Voilà, Mesdames, un beau rôle pour vous sil vous est désigné par les plus grands philosophes modernes, et par deux des plus grands évêques du monde et le patriotisme vous l'impose,
Donnez des citoyens patriotes et chrétiens et vous aurez donné la liberté à votre pays.
Vous connaissez tous l’histoire de Cornélie, fille de Scipion l'Africain et mère des Gracques. Pressée par une dame campanienne, de ses amies, de lui montrer ses parures et ses bijoux, après que celle-ci lui eut fait voir les siens, fit venir ses enfants, les deux Gracques, et lui dit: ‘ Les voilà! mes bijoux.’*
Donnez-nous de ces bijoux, Mesdames, vous le pouvez, si vous le voulez, et vous le devez, si votre patriotisme est en rapport avec vos autres qualités. Alors la patrie reconnaissante dira de vous ce que Rome disait de Cornélie :
‘ Elle préférait des enfants patriotes à des bijoux et à de vaines parures."