‹ L'avenir du christianisme: Le passé chrétien; vie et penséeChapitre 13 sur 102 · EGYPTIENS ET SÉMITES · texte numérisé non relu

EGYPTIENS ET SÉMITES

époque inconnue, les Sumériens et les Sémites. Confondus de bonne heure en un seul peuple, les Chaldéens, ils se sont groupés en petits États, d'humeur batailleuse, Nipour, Kish, Babylone, etc. L'un d'eux établit un jour son hégémonie S grâce à ses rois Sargon I et Naramsin : c'est Agadé. Mais il tombe plus vite que n'est tombé Memphis; etLagas, Ourou, Babylone occupent successivement la première placée

Alors commence une seconde période. Égyptiens et Sémites, dont l'histoire s'est jusqu'ici juxtaposée, entrent en étroits rapports. Vers 2285 une invasion des Elamites — le plus anciennement connu de ces peuples montagnards dont les plateaux dominent le Tigre — asservit les Ghaldéens^. Les Arabes viennent

* Vers 3800.

* Sur cette histoire primitive, cf. G. Maspéro : Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiquey I. Les Origines. Egypte et Chaldée [Paris, 1895]; [cf. aussi la petite Histoire ancienne des peuples de VOnent, 6« édition refondue, Paris, 1904] ; de Morgan : L'âge de la pierre en Egypte ; Erman : jEgypten und œgyptisches Leben, 1891 ; Pétrie : A history of Egypt [London, depuis 1894] ; Hommel : Die semitischen Vôlker und Sprachen, 1883 ; Grundriss der Géographie und Geschichte des alten Orients [Miinchen, 1904].

^ Ce n'était pas, sans doute, pour la première fois.

II va de soi que la chronologie de cette époque primitive est fort incertaine. La date de 2285 parait assurée, Maspéro et Pétrie datent Menés de 5000 environ avant Jésus-Christ et Snofroui de 4000 ; mais Meyer [et Ermann : Die JEgypt. Religion, 1905, p. vi] avance Menés jusqu'en 3315 et Snofroui jusqu'en 2840 ; il fait commencerlaO» dynastie vers 2530 [Pétrie vers 3410], la 12« dynastie vers l'an 2130f Pétrie vers 2778], la 18» vers 1530 [Pétrie vers 1587], la 19* vers 1320 [Pétrie : 1327], la 20» vers 1060 [Pétrie : 1089] et limite la domination des Pasteurs sur l'Egypte entre 1680 et 1580.

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âii secours de leurs demi-frères : Hammourabi relève le royaume déchu autour de Babylone restaurée ^

Un émule de Hammourabi — nous ignorons son nom — conduit en Egypte une autre fraction des Scmitcs - : favorisé par les rivalités des seigneurs, il vient à bout de la résistance nationale, et ses successeurs régnent paisiblement^ sur la vallée du Nil durant

— Si cette nouvelle chronologie était admise, on devrait rajeunir 1h c:hronologie égéenne et miooenne : elle se fonde en grande partie sur des synchronismes avecles monuments de la 12«dynast|e |rr Abhandlungen de TAcad. de Berlin. Reimer, 1904, in-4" de %\t pages ; Revue Archéologique, 1905, V (4« série), p. 319; Has- Urigs. 1. 6571.

Quant au problème de l'origine des Egyptiens, nous suivons J ijpînion de Naville [Revue de V Histoire des Religions, 52, 1905, 357] : unii race indigène, apparentée aux Berbères du Maghreb, et qui s appelait les Anou (archers), fut conquise par un peuple arabe qtji avait pour dieux les faucons et pour roi Menés : cette invasion est venue par le sud ; elle a apporté aux Anou la métallur- ^Nc et le culte du faucon [Horus].

Quant au problème de Torigine des Chaldéens, nous suivons 1 (ipinion commune : elle se concilie assez bien avec l'hypothèse IMOcedente. Un peuple non sémitique, qu'on appelle les Sumérji^ns et qui inventa l'écriture cunéiforme, fut conquis par un [H:uple sémitique venu sans doute d'Arabie — comme les com- |iagnons de Menés. Cf. Weissbach : Die sumerische Frage. Leip- 7i^t 1898 (et un court résumé par lastrow, dans le dictionnaire d'IIastings : extra vol., 535-536).

De plus en plus précisément on aperçoit la complexité de tous CCS problèmes, l'hétérogénéité de tous ces peuples primitifs qu'on croyait uns et immobiles : c'est notre ignorance qui unifiait et simplifiait toutes choses. On découvre chaque jour de nouvelles jjfeuves de l'influence qu'ont exercée sur la plus ancienne Egypte h s Sémites, les Africains, les peuples de la Méditerranée.

' Vers 2030.

' Vers 2200.

' Vers 2000-1800.

deux OU trois siècles. Mais les Égyptiens se révoit* n» contre les étrangers, qu41s appellent les Pasteurs i M( nation) : ils les expulsent après deux siècles d'efToj i ' i ils s'élancent à leur suite sur la Syrie ; ils y font;) jm*m près respecter leur suprématie au temps des Thoutrï)iisis et des Amenothès, des Setoui et des Ramsès 11 -.

La troisième et dernière période de Tépoque ovhn taie commence alors, durant laquelle achève de s lini fier rhistoire de tous ces peuples voisins: Égyptiens v\ Sémites entrent en rapports avec les peuples Arv ji^ venus de la Russie du sud à «ne époque inconnues I iir partie des Aryens s'avance jusque sur les plateaux f|u* dominent au nord et à l'est les vallées du Tigre et Av TEuphrate: ils s'appellent les Mèdes et les Pcrsi i^ , comme autant de vagues gigantesques, les autres l,in centleurs migrations d'un bout à l'autre de l'Europr : uii les nomme les *Slavcs, les Germains, les Celtes, h^s Latins et les Grecs.

Les Phéniciens vont les trouver chez eux, au Ar\i\ de la Méditerranée : c'est un peuple sémitique qiM a

* Vers 1800-1600.

* Vers 1600-1100. Sur les empires de Hammourabi, des Pii^h^nr^ et des Pharaons des 18« et 19» dynasties, cf. Maspéro : op * it * t. H. Les premières mêlées des peuples^ Paris, 1897 ; Meyer ^ iU'n chichle des Aller lums, I; 1884 ; Geschichle des alien Aigyplmi^ ^^'^l (collection Oncken); de Morgan: Mémoires... [de la délégattuti m Pe7'se)t notamment Schoil : Texles élamites-sémitigues [L IV rf V\ 2« série, des Mémoires, Paris 1902-1904. C'est au t. IV qu'an l\\ htexte original et la traduction du Code de Hammourabi ;au n v, ce qui touche à la chronologie de ce roi].

là L*ÉPOQUE ORIENTALE

accompagné les Pasteurs dans leur marche à l'ouest, jusqu'à la côte syrienne, et qui s'y est fixé. Les Égyptiens les ont dominés un moment, et leur ont ouvert Inur empire j maintenant ils colonisent Chypre, et les îles de la mer Egée, et la Grèce, et les rivages du Pont- Kuxiri, Sidon est leur plus fameuse métropole. Leur ôlTetiîiiive est appuyée au nord-est, en Asie Mineure, pM- la lente invasion des Khati [Hittites] sémitisés *. iMaîs les Aryens résistent, bientôt même ils attaquent. Contre les Khati s'organise dans la haute vallée tki Sangarios le royaume de Phrygie ; contre les Phénicii-ns, le royaume de Crète •^. Poussés parles Thraces i^l IcH Doriens qui descendent peu à peu du nord, les PéUi^es se jettent sur la Syrie et l'Egypte : vaincus par Ranisès III qui autorise les seuls Philistins à demeurer dans la Syrie du sud, ils poussent leurs migrations jusqu'en Italie et colonisent, avec laSardaigne, les rivages de la merTyrrhénienne. Les Phéniciens, dont la métro- ]ioU\ aujourd'hui, s'appelle Tyr, s'élancent à leur suite et jalonnent de leurs colonies la Méditerranée occiden-

L'Kgypte et la Chaldée ne savent pas mettre à pro-

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