‹ L'avenir du christianisme: Le passé chrétien; vie et penséeChapitre 30 sur 102 · LES PROSTITUTIONS SACREES · texte numérisé non relu

LES PROSTITUTIONS SACREES

nesse ; « elle a aimé l'oiseau du berger, puis elle a brisé ses ailes ;.. . le berger qu'elle aimait, elle l'a Iraaâformé en chacal ». Gomme à l'oiseau, elle s'est unit* au cheval et au lion. — Ishtar impose à ses fideli*s hi vie désordonnée qu'elle mène. « Toute femme née au pays doit se rendre une fois en sa vie dans l'enceiiilt* tfu temple d'Aphrodite, s'y asseoir et s'y livrer à un étrarjger. Beaucoup parmi les plus riches sont trop fit-ns pour se mêler aux autres et y vont prendre place t\nuiy des chariots fermes, suivies d'un grand train d'esclnre^. Le plus grand nombre s'assoient sur le parvis sacrr, la tète ceinte d'une tresse de cordes, — et il y a toujoui-s là grand foule :... des cordes ménagent des avenues vu tout sens parmi ces femmes, et les étrangers y délih^d pour faire leur choix. Une femme qui s'est installée tw peut plus retourner chez elle tant qu'un étranger ne lui a pas jeté une monnaie d'argent sur les" genoux t-i ne l'a pas emmenée avec lui hors les limites du m\ sacrée.. »

nent conseil. Un serviteur des dieux, créature d'Ea, Acoiisixinamir... est envoyé à Allatou. Il s'empare par ruse de Vi^tu vivifiante, et Allatou, aveugle de fureur, rugit inutilement- IJIe doit laisser aller les dieux Ishtar et Tammouz » [Jeremiasi ttp* telle?., 145-146]. [Voir aussi Jêremias. Die Hôllenfarl der Islar.i i^m. \

* Hérodote, I, 199. Cf. Strabon, XVI, p. 1058 et Baruch, 6. 43, ^ Maspéro, 1, 640. — Cumont, 286. Cf. Eusèbe. Vita Constnnlini, U I , aîi . TuviSs; Y^^'' zvêz^ ci^^pe^ où>c SvSpec;, xô jejxvov tt;; o'j(T£t->c iiiapvY)(jdt|jLevot, Or^Xe^^ vocxqj tv 8at[JL0va IXeoùvTo vu^afittôv ':' au 7:apavo[xot b[iiXi<xi. 11 s'agit du temple d'Apl»aca [datKf's Lagrange, 129, note 3]. Le culte d'Ishtar à Ourouk s'est ciJi^ fondu peut-être avec le culte aussi sensuel de Nana.

Il est très vraisemblable que ces prostitutions sacrées dori-

80 LES RELIGIONS SEMITIQUES

ï.u vie religieuse des peuples sémites, enfin, présente un lioisième aspect, lequel contraste fort avec celui ijii u]\ vient de décrire.

tiiis peuples se faisaient de la puissance et de la iiuLuru divines une idée très haute et très pure. A côté i4 au-dessus des baalùn, les Sémites occidentaux ador^iuiiL un grand Baal, le Baal par excellence, le Baal tlc^ cicux. C'était Hadad, le dieu du ciel et partîculicreniunt de l'orage et des eaux, qui donnait la fécondité an sol et qui faisait naître la vie. Il est certain que vv Wnal tend à absorber tous les dieux divers au muiïicnt où s'achève, dans le syncrétisme, l'évolution ivliîj;Lcuse des Sémites : le Seigneur du ciel dePaImyre rrwsojnble fort à l'Allah des Arabes avant Mahomet ; î! t'sL tout-puissant et infini, éternel et universel, mar'-

\riil iTune ancienne exogamie. L'exogamie est « la défense puuv ]o porteur d'un totem d'épouser un individu ayant le même tulrm, c'est-à-dire appartenant au même clan totémique ». lluninis^ le respect de la vie du totem, cette interdicUon découle M d'ihfi inôme tabou primitif, le respect de la vie du clansman et rimneur de répandre son sang. En effet, le totem est bien un iiuTiibicdu clan ; il en est môme le membre par excellence, à riiusL' de la puissance mystérieuse qu'on lui attribue, et, pour h siuivagc totémiste, tuer son totem est un crime plus grave i\i\v lie tuer un des siens. D'autre part, l'union sexuelle, impli- (juinit une effusion de sang, a été également interdite lorsque ce ?^i>n,L( était celui d'une fille du clan, versé par le fait d'un luimme du clan » [S. Reinach. Cultes, Mythes et Religions, ï {VMij 79]. Les vierges doivent s'unir d'abord à un étranger. — l^artii lie pratique subsiste encore en Algérie, chez les Oulcd-Naïl.

BAAL Ri

o^âfm ; les Grecs l'appellent Gtj/tdToç, les Romains tJ/^/iitei") Summus Exsuper antissimus, œternus, imnchis; « il siège loin de la terre au-dessus de la zone îles étoiles, tout ici-bas étant réglé par les révolutions ilt*s deux durant des cycles infinis d'années ». Mais il faut ajouter que, peut-être, Baal a-t-il eu ce cararirrr \lvs l'origine ; et peut-être est-ce par une série de Inciilisations que Baal a donné naissance aux haalim. Co \[\ii est sûr, c'est que le siège de sa puissance est au vwl, et que cette puissance est conçue comme très hi<ii faisante et très efficace ^

A l'inverse de Baal, El n'est jamais devenu \\\v\\ local ; et il est presque sûr que, à l'origine, El HnW un nom propre. « Les inscriptions araméennes dr Siit{f' jirli* citent, à côté de Hadad, le dieu El : il est a nntt r qu'El apparaît ici... comme un dieu sémitiqur. el non plus seulement comme un nom (commun) siguifiant dieu'. » Treize siècles avant le tempN Av^

* Lagrange, op. laud., 83-99. — Noter cette malédiction iltr ilywW de Hammourabi : « que Adad, le maître de l'abondance, U' tii^u^d des deux et de la terre, mon*aide, la pluie des eaux. \\' trinflement des sources, lui retire! [Scheil. Textes élamiic^-Ki^ ut i figues, 2« série, 127. — Lagrange, 98*]. — Cumont[op. ci7., KilMoT- 240] montre très bien comment ces idées d'éternité, dliiiitii.,., ont été suggérées sans doute par la constance des révotutiuiis sidérales. « Les astres poursuivent sans cesse leur coinsr toujours inachevée; parvenus au terme de leur carrière, ils ti'pr<*anent sans trêve la route déjà parcourue, et les cycles tl Jiiirn'rs, selon lesquels se produisent leurs mouvements, se prokjo^'i^iil à l'infini dans le passé et se succèdent à l'infini dans riivi^nirn y

■ vin» siècle.

' Jeremias. [Religion des) Synens et (des) Phéniciens |t:iuiMtepie, 172]. Lagrange, 73.

82 LES RELIGIONS SEMITIQUES

inscriptions de Sindjirli, Hammourabi écrivait à la première page de son Code :

Lorsque El le suprême, roi des Anounnaki et Bel seigneur des cieux et de la terre*...

Dans les pays de Harim et de Qataban (Arabie du suri), on rencontre les formules « prêtres de El et de Atfilar », « serviteur de El et de Athtar^ ».

Mais cet emploi du mot El est, autant qu'on en peut ju^rer, très rare. Au contraire, il est communément usité ])aur désigner la divinité. Les Hébreux disent el^ plurifl elim; ils emploient encore, et de plus en plus, avoc le même sens, elohim. Les Phéniciens écrivtMit e/, féminin elat ; dérivés : elo7i, alonim. Chez les Araméens, le mot ne se retrouve que dans les noms propres composés, Bathue/, Quemoue/, Kha- 7Jiêl,eic...El est avec ilah (féminin allât) le nom commun de Dieu dans l'Arabie du sud. Les Assyro-Babylot liens désignent un dieu par le terme ilu ou il, pluriel ilmiiy féminin illu, pluriel ilati; les noms propres où entre ihi sont assez fréquents ; ils ne le sont jamais davantage que dans le plus ancien des monuments

* Scheil. Textes Elamites-sémitiques, 2" série, p. 13.

^ Lagrango, 74 (d'après le mémoire de Mûllcr au congrès de Lcyde, 1884). — [Allah est le nom ilah déterminé et personnifié j^ïtir l'addition de l'article : il signifie le dieu par excellence, Dirii. Il est antérieur à Mahomet. On ne sait pas s'il est anlérlt'ur au Christianisme]. — Noter que, dans les psaumes babyloniens de la pénitence, on parle de la divinité en général, non d'un dieu particulier.

Page 1