‹ L'avenir du christianisme: Le passé chrétien; vie et penséeChapitre 31 sur 102 · EL · texte numérisé non relu

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importants de la langue, l'obélisque de Manichdouchou.

Il est certain que El appartient au plus ancien fonds des langues sémitiques ; mais que désignait-il à l'origine et que révèle-t-il des origines ? Nom propre, El ne semble pas avoir jamais été un dieu local . Nom commun, El s'applique à la nature divine. Si l'usage du nom propre est antérieur à l'usage du nom commun, c'est que les Sémites professaient d'abord le monothéisme. Si l'usage du nom commun est antérieur à l'usage du nom propre, il reste qu'ils se formaient du divin une idée assez nette, qu'ils concevaient l'existence d'une nature divine distincte du reste des choses, et qu'ils la croyaient unique puisqu'ils l'enfçrmaient toute dans un môme terme. Ce terme signifie peutêtre la domination, ou la primauté, ou la force : peutêtre signifie-t-il le désir de protection qui pousse l'homme à prier Dieu*. Quoi qu'il en soit de ce point, on voit à quels concepts très relevés nous avons été conduit : Ishtar et ses prostitutions sacrées, Melék et ses sacrifices d'enfants, les démons enroulés autour des hautes poutres, tout cela semble loin de nous.

* Théorie de Lagarde : Bildung der Nomina, 1889, 170, et de Lagrange, p. 79-80, note 1. [Elohim est une forme dérivée, tardive]. Cf. Jerémias : Mono Iheis lise lie Strômungen innerhalb der baby Ionise hen Religion. Leipzig, 1904. Jastrow n'admet pas le monothéisme babylonien [Religion of Babylonia. Dict. ilastings. Extra-Vel, 550 a.]. Il s'accorde très bien, pourtant, avec ses idées religieuses si hautes dont l'existence est tout à fait incontestable, et avec ce que l'on sait de El.

Chez les Sémites, Dieu est considéré comme un parent, comme un père. Les Moabites sont les fils de Camos, et, d'après Jérémie -, les infidèles disent aux idoles : « tu m'as engendré ». On trouve chez les Babyloniens des noms tels que Bur-Adad^ rejeton d'Adad ou Apil-Sin, fils de Sin. Toute une série de noms propres hébreux sont composés d'un verbe suivi, soit du mot m, mon dieu, soit de : mon père, mon frère, mon oncle ; les idées « mon dieu » et « mon père,.,. » sont donc interchangeables. Une des inscriptions araméennes de Sindjirli mentionne un personnage appelé Bar-Rekoub, dont le père s'appelle Panammou : Rekoub est un dieu, bar signifie fils.

Ce dernier fait nous indique que, le plus souvent, la paternité attribuée au dieu est métaphorique et morale. Parfois, sans doute, le dieu est conçu comme l'époux du pays et le principe de toute la fécondité qui s'y manifeste. Mais, en général, il ne semble pas qu'il en ait été ainsi. Noter que, au contraire des Egyptiens, les Sémites n'ont pas régulièrement adoré les animaux : ils ne les ont pas conçus comme leurs dieux, comme leurs pères. Les noms de lieu tels que Bethhogla (lieu où il y a des perdrix) s'expliquent d'euxmêmes. Les noms métaphoriques, tels que « père de la rosée », « fils de la nouvelle lune », « frère de l'aurore » ne sont pas rares dans les langues sémitiques. Si le totémisme a fleuri chez les Sémites, on doit dire

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