CRITIQUE DES ANCIENNES CROYANCES Ï
de la vie exerça une grande action, sans qu elle parvînt jamais à se faire officiellement accepter \ El lu met en pleine lumière l'inanité morale des croyances naturalistes : les critiques deviennent très vîvct^ s^uis la plume d'un Xénophane comme d'un HéraclîLt% i[\\\\ Hérodote lui-même, et surtout d'un Euripide, (t Ia'S tragédies de (ce dernier) sont pleines de reprnchus l'L de plaintes contre les dieux. Ils y jouent souvint un rôle honteux : Aphrodite ruine sans pitié h: pii-ux adolescent Hippolyte...; Héra souffle la folû" h \\\iv\x~ klès qui tue ses propres enfants; Apollon ahtUKhimjL! lâchement Creuse... La force seule règne inv mondc^ dit Bellérophon, et la piété ne sert à rien, l;i v ieîllc croyance aux dieux est devenue folie :
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Platon bannit Homère de sa République. Les Sopliirites, Protagoras, Gorgias, Gritias reflètent Toiiiniou commune, et la précisent.
* La longue survivance de la religion officielle, ilîl Dumonl [Essai sur VÉphébie attique, cité par Guiraud : Lechtrrs A^^Voriqnes, 258] « s'explique en grande partie par la faibk'^^t^ \W suti autorité sur la conduite morale de la vie, sur les ciAraLk^it^b et sur les passions ».
*Chantepie, 578. — Xénophane, 376-480?; Héraclilo, 53d-47é}^ Hérodote, 484-406; Euripide, 480-406 ; Platon, f 347. XOnuphiinc attaque surtout l'anthropomorphisme, Heraclite monlrr IlfifêriQrite ^es dieux par rapport à la Loi suprême [Dechaniie : CnY* Trad.]. — Sur Euripide, voir W. NesUe : Euripides, Uer bkhi^r der griechischen Aufklârung. Stuttgart, 1901.
Mais ce courant critique n'est pas le seul qui dérive ile rOrphisme : deux autres s'y rattachent encore. Les moralistes ne peuvent détourner leur pensée de [a méditation de la vie : le problème de la responsabilité personnelle les attire surtout ^ Si quelquesuns bafouent la religion nouvelle au même titre que l ancienne et, sentant fortement la vanité de la vie, se jvf usent à y voir l'œuvre d'un Dieu juste et bon — tel, Heraclite, — la plupart sont loin de maudire l'existence cl de renoncer aux espérances que TOrphisme a fait ïKuLre. Théognis cherche douloureusement à concilier la justice des dieux et le bonheur des méchants. «Dans l.uutc l'œuvre de Pindare règne un esprit de piété; le pui^U? aime mieux chanter les dieux comme arbitres i\c la destinée que de s'arrêter sur leurs aventures mythiques. L'homme n'est que le songe d'une ombre, -îjtii^ ovap, et cependant un éclat divin l'environne, aiyla ù'-d-râoToç 2 j (( son être réel est constitué par sop ê^me, dont la nature est divine et la destinée immortelle ». L'i.'sprit delà poésie d'Eschyle est tout à fait religieux. Toutes les lois sociales et morales ont chez ce poète un caralère religieux: le Sixaiov est ô(îiov, le crime est une atteinte aux dieux, Ogoêlaêetv »; les dieux font régner la justice dans le monde; toutes les légendes relii^i l'uses sont corrigées qui contredisent cet idéal. Le
* Voir notamment l'œuvre des Tragiques [J. Girard, passimj.
* Chantepie, 572-576 ; Glotz, 408-424 et Decharmc. — Pindare, 522- 4iK: Eschyle, 525-456; Sophocle, 496-406. Théognis semble être un pcii antérieur à Pindare.