‹ L'avenir du christianisme: Le passé chrétien; vie et penséeChapitre 48 sur 102 · LE PROBLEME THÉORIQUE · texte numérisé non relu

LE PROBLEME THÉORIQUE

C'était bien le Zeus d'Eschyle qu'il faisait voir, Diou unique et maître du monde *.

Gomme le problème pratique, le problème s|im'iilatifse transformait peu à peu en Grèce et niudiliuH indirectement les conditions de la vie religîoiiee. Qu est-ce que la vie et que vaut-elle : comniiiiL U\ traverser sans encombre? Qu'est-ce que le momie et d'où vient-il : comment l'expliquer sans erreur i La seconde question commence d'occuper les esprits, autant que la première d'inquiéter les consciences^ plus fortement qu'autrefois et surtout d'autre manière.

Les Grecs, comme les Sémites, comme les É^^yptiens, pratiquaient jusqu'ici une double méthode lorsqu'ils voulaient rendre raison des phénomènes. Suivatit la méthode animiste, ils les concevaient par rapjïorl à ceux qu'ils produisaient à volonté, ils les assimilaient à leurs actes, ils y voyaient les actes d'êtres analogues à eux et qu'ils nommaient les dieux. La vie de la nature leur apparaissait dès lors comme l'histoire des persoïi-

s. d., p. 82-83. Le Zeus d'Olympie a été exécuté de 437 ou 13fl a 432, date de la mort de Phidias (né peut-être vers 480). Il ^i (itr^^^ sait dans le grand temple d'Olympie. L'inspiration de ri'ly;^'n(tttî semble avoir été assez analogue à celle de Phidias [J. Llirard : Sentiment religieux en Grèce].

* Agamemnon. Vers 160 [Weil]. Voir Decharmc : Critij h'aâ. rel., i02.

ruiliLés divines: les mythes qu'ils élaboraient leur a]j[>ortaient l'explication qu'ils cherchaient. Lamytholo^ï-îe, c'était leur science : 6çpi>.6u.u6o;(piA(5aocp(5cic<oç èaxtv^ De- très bonne heure aussi. Égyptiens et Chaldéens ont pratiqué la méthode d'observation : ils savaient explorer le ciel et noter « les lentes révolutions du soleil, les phases rapides de la lune, les mouvements en Ire-croisés des cinq planètes, la figure et les limites dos constellations qui s'allumaient chaque soir dans l€s hauteurs du monde ^ ». Les nuits sont si claires et liitmosphère si limpide en Orient que l'on y perçoit à liril nu les étoiles de quatrième grandeur. Les collèges SLicerdotaux entretenaientdes écoles d'astronomes. On distinguait couramment les étoiles des cinq grandes planètes (Jupiter, Saturne, Mars, Mercure, Vénus) ; le lever héliaque de Sirius ouvrait en Egypte l'année civile : elle se divisait en douze mois de trente jours et chaque mois en trois décades; dès avant Menés on

* Aristote : Meta., A, 2 ; 928 b, 18 [R. H. L. R., 1906, 4].

* Maspéro : Histoire, ï, 205, sq. Nous avons les débris d'une carie du ciel dressée en Egypte vers les années 1800-1200. — Ll's Egyptiens pratiquaient le système décimal : « les Chaldéens combinaient les données du système duodécimal avec celles du dôt imal » [Maspéro, I, 772]. « Gallisthène... avait envoyé à son oncle (des observations astronomiques) dont les plus vieilles a Vicient été faites il y avait alors mil neuf cent trois ans, vers le mille iî du xxiip siècle avant notre ère : il aurait pu en transcrire de bi^aucoup plus antiques, si les archives des temples lui eussent rlù ouvertes sans réserve » [Maspéro, I, 775]. Les Chaldéens auvrui^ntque la lune accomplit 223 révolutions de vingt-neuf jours (Hileini; que les éclipses solaires sont précédées ou suivies à ([liiUorze jours et demi d'intervalle par une éclipse lunaire. Cf. Scliiaparelli : L'a*/ro7iomia nelV Antico Test amen to.MiïanOj 1904.

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