‹ L'avenir du christianisme: Le passé chrétien; vie et penséeChapitre 63 sur 102 · SALOMON · texte numérisé non relu

SALOMON

par les richesses, détourné de lahvé par les séductions de la Phénicie à qui l'unissent d'incessants rapports, Israël est de plus la victime de ses rois. Car la grandeur de Salomon et de David n'a pas voilé leurs crimes aux yeux de l'Éternel; Salomon surtout s'est laissé séduire par l'étranger, et ses débauches ont scandalisé son peuple; c'est un despote oriental. Les Hébreux n'ont accepté qu'en frémissant, sous la pression des circonstances, le joug d'un monarque ; le fils de Saûl,Isboseth, a tenu longtemps David en échec ; Absalon a trouvé contre celui-ci de nombreux partisans ; à peine Salomon a-t-il disparu qu'un schisme dis- " joint le royaume.

Roboam, son fils, insulte à Sichem les notables des tribus du nord ; Ephraïm, la plus puissante, et qui se vante de descendre de Joseph, le sauveur des autres

nomade et pastorale [I. RoiSy 11, 5; III. B075, 19, 19], l'élevage demeurant toujours une branche importante de l'économie sociale [I. Rois, 25, 2; H. Rois, 13, 23...]; — 2. La solidarité familiale desserre ses liens en raison de l'importance prépondérante que prend la propriété foncière, qui est toujours propriété privée; la vie municipale apparaît; les Anciens du bourg font concurrence aux Anciens de la tribu; — 3. Jérusalem exerce une grande influence [G. Sorel : Le système historique de Renan, 11] : elle ^scite la naissance d'une classe de fonctionnaires [le makzir, le secrétaire, le chef des gardes, etc.],' et d'une classe de commerçants et d'industriels ; elle provoque un essor de la richesse, qu'accompagnent des exactions odieuses, Téclosion de révoltes, la disparition des petites propriétés [Michée^ 3, 1 ; Isaïe,3, 15; 1,17, 28 ; 5, 8, etc...]. [Voir aussi Buhl-Gintré, 29-34 ; 66-73 ; 188] ; — 4. J'ajoute deux traits qui résument toute cette évolution : l'égalité disparaît et le pauvre hait le riche; la situation de la femme se relève, dans le fait, sinon dans le droit [II. Rois, 14, 1; I. Rois, 9, 11; 25, 23...].

lils iU' Jacob, trouve Toccasion toujours cherchée de ^r sfjiili'ver contre Juda, auquel le vieux patriarche a donnr Ip droit d'aînesse; soutenu par TÉgypte, Jéro- Imnin se met à sa tête et réunit en un royaume séparé loH nnif tribus du nord. L'apostasie rehgieuse suit la ftt'^jiaraliori politique : le culte des veaux d'or remplace W rnlU' de lahvé. Mais lahvé se venge; la famille de Jéroboam est massacrée par Baasa ; et, lorsque* Oitiri fonde dans la cité nouvelle de Samarie une rlynaslii^ qui s'éloigne, elle aussi, et plus encore^, de lahv(\, lahvé déchaîne sur elle, fléauvengeur, les armées nss;sTii'3ines. Le fils d'Omri, Achab, a épousé Jézabel, la lîllo (lu roi de Sidon; il est écrasé à Karkar par Salmanasîir U\ sa famille est détruite : le prophète Elie ssKTî^ }i'hii. L'enfant de Jéhu, Joachaz, revient pieuscnirnl, nn culte national. lahvé le récompense, lui et ses su( <'Cs^tnirs, Joas et Jéroboam II, en leur donnant la paix, (|u(.'lquefois la victoire. Mais voici que, malgré Ainor^ e!. Hosée, Ephraïm s'éloigne encore de son Dieu : l;i mnison de Jéhu est détruite à son tour*. Téglath- PIi;il;\snr H oblige Manahem à lui payer tribut, écrase PIwH'rr' pf son allié le roi de Damas, lui enlève la Gali-

^ An (h'iiiit du ix« siècle.

* rV'Il cl Loisy voient dans le culte des veaux d'or « une forme ^^nHHU'Vi'..^ du culte de lahvé » plutôt qu'une apostasie ppopre- Minil ilih- [l'elt, ii*, 100. — Revue anglo-romaine, II ï, 398]. Au syml>o1i' dr Vnrche. resté dans le royaume du sud, le royaume du noni t^nlpsniue le symbole du veau d'or.

< Ku Kt\. Jéhu est sacré en 842.

* l'fir Sehim vers 763.

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