‹ L'avenir du christianisme: Le passé chrétien; vie et penséeChapitre 65 sur 102 · LES PROPHETES · texte numérisé non relu

LES PROPHETES

Prophètes qui lui prêtent leur voix. Sans bâtir de système philosophique, sans parler une langue abstraite, ils défendent les droits de lahvé, que le populaire assimile à Baal ^ ; ils montrent en lui le Dieu de la justice et de la sainteté plutôt que le Dieu de la nature^ ; ils exigent que chacun remplisse son devoir religieux d'un cœur humble et pur « et regarde l'accomplissement de ce devoir comme celui d'une obligation nationale et personnelle et comme la condition de la prospérité publique et privée » : à les entendre, la désobéissance à sa volonté est la véritable cause de tous les malheurs des hommes ^. Ils prolongent la tradition mosaïque

* C'est dire que, aujourd'hui, le conflit n'est plus, comme au temps de Moïse, entre lahvé et les autres dieux, mais entre la conception cananéenne [le baal local qui donne au peuple le blé et le vin en échange des offrandes et des sacrificesl et la conception traditionnelle de lahvé [lahvé est un dieu moral : le peuple qu'il s'est choisi en le tirant d'Egypte doit vivre selon la loi morale].

* C'est en considérant l'histoire, et en méditant sur elle, que les Prophètes ont de mieux en mieux compris l'erreur de la conception populaire. Les victoires d'Israël en Canaan, comme la sortie d'Egypte, avaient manifesté aux yeux de tous la puissance de lahvé ; les défaites d'Israël éclairent pour les Prophètes l'être intime de Dieu. Les autres dieux sont néant; ils ne peuvent donc expliquer les défaites nationales. Reste qu'elles soient des punitions infligées par lahvé : mais il faut, alors, qu'il soit un Dieu moral.

* Telle est la signification profonde du récit de la chute d'Adam, dans la Genèse, 2, 4 — 3, 24.

« lahvé Dieu forma l'homme de la p(»ussière du sol et il souffla dans ses narines un souffle de vie... Puis il planta un jardin en Eden... et il y mit l'homme..., et il fit pousser toute espèce d'arbres agréables à voir et bons à manger, et l'arbre de la vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du

gââ LA RELIGION JUIVE

ul ils l\mfoncent plus profondément dans la conscience tir hi tjation juive : leur œuvre n'est pas un point de tU'jiîU'l, c'est une suite.

Sans doute les Rois d'Israël apparaissent comme

niyl,.. n Tu peux manger de tous les arbres du jardin, ditlahvé ù i'lkirnm(! : mais tu ne mangeras pas de Tarbre de la connaissnncL' ilu bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mniitmii irertainement. — Et lahvé forme la femme de la côte d'Adjjni [jour lui être une aide. — Mais le serpent, le plus rusé tk' tJiTs les animaux des champs, pousse la femme à manger ihi fniil d<:. l'arbre qui est au milieu du jardin : « Vous ne mouriez pul[]U..; vos yeux s'ouvriront et vous serez comme Dieu, roiinaih^ant le bien et le mal. » La femme écoute le serpent et Atliini tin femme « pour acquérir l'intelligence » : ils mangent du fnjîl lie l'arbre de la connaissance du bien et du mal ; « leurs yeux II tous deux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus; vi ïiViirjl assemblé des feuilles de figuier, ils s'en firent des ceintiiiv.H 1'. Mais, quand lahvé Dieu passe dans le jardin, ils ont peur; ih ^c tachent; lahvé s'aperçoit de leur désobéissance. 11 conduMiiiL' le serpent à marcher sur le ventre et à manger de la pt>ii25rt]ri'c, à devenir l'objet de l'inimitié de la femme qui le meurtri l'^i à. ia tôle et qu'il meurtrira au talon. Il condamne la femme à entîinter dans la douleur. Il condamne l'homme au travail f^i nîblc et à la mort. Et lahvé Dieu dit : Voici que l'homme est devenu comme l'un de nous pour la connaissance du bien et du mal. Midntenant il ne faut pas qu'il avance sa main, qu'il prenne nu^si (]f farbre de vie... et vive éternellement. Et lahvé Dieu le lîl sortir du jardin d'Eden... et mit à l'Orient les Chérubins... pour gardin' le chemin de l'arbre de vie. »>

Vùii'ij d'après Lagrange [Revue Biblique, 1897, 361], la substance de Fmâeignement que donne ce récit ; « ce qui est peut-être jïlijs C tonnant encore (que son étonnante portée morale), c'est que (.k'S vérités d'un ordre aussi élevé sont proposées sous des vuîles qui les rendent intelligibles aux enfants ».

<t Lliumme et la femme ont été créés par Dieu comme un t^uopk'. unique, destinés l'un à l'autre, avec une certaine prééloinL'iii'f de l'homme. L'homme était alors en pleine possession ijo SM1I înlolligenre et supérieur par elle à tous les êtres créés ftiii Li Irrrc. lî est composé d'un élément périssable et d'un éléaiuijt venu de Dieu, et par conséquent naturellement exposé à

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