INTRODUCTION XIX
vent nécessairement s'adapter » explique certaines des coïncidences qu'on a dites*. Saint Paul enseigne, entin, que « Dieu a envoyé scn Fils lorsque est venue la plénitude des temps », ô'te 8è f^).6ev zo Tzk-/^^u\L7. tou XP^^^^j èÇairédTeiXev 6 6e6; tôv ulôv aùtou [Gdlates. IV 4] ; il indique par là qu'il y a eu une préparation particulière à l'œuvre de Jésus et de ses disciples. Les chrétiens Tont entendue de bonne heure de l'œuvre d'unification politique et économique accomplie du dehors par les Romains. N'y a-t-il pas eu une évolution intérieure des sentiments et des croyances analogue à la première ? Les faits ne l'indiquent ils pas très clairement? Est-il sûr que la pensée de l'Apôtre ne déborde pas l'interprétation traditionnelle ?Ilse pourrait que la plus vieille théologie ne s'accommodât pas moins bien que la critique la plus récente du syncrétisme que Ton a constaté d'abord.
Mais l'étude des traditions religieuses des Juifs et des Païens qui confluent dans le Christianisme montre qu'il convient d'en diviser l'histoire en deux époques : elles sont séparées l'une de l'autre par les conquêtes d'Alexandre. La seconde est caractérisée par une agita-
* De Broglie : op. laucl., 249, 271,279, 284. « Choisissons un... exemple, celui des fôtes d'Osiris, d'Adonis et d'Attys, dont la ressemblance est si grande avec la fètc de Pâques, puisqu'il s'agit d'un Dieu mort et ressuscité... Nous retrouvons... dans les profondeurs du cœur humain le lien qui rattache ces fiMes, si diverses sous d'autres rapports, la folie désordonnée et furieuse des pleureuses d'xVdonis et la noble folie des amants du crucifié. »
tîon profonde des âmes et par rapparition de ces tendances conciliatrices dont on a parlé déjà : je l'appelle V époque syncrétiste. — La première comprend ces longues périodes où, de la nuit qui couvre le reste du monde, émergent seules à la lumière de l'histoire les civilisations d'Egypte, de Ghaldée et de Grèce : je rappelle V époque orientale. Les religions païennes et la religion juive divergent : celles-là sont pénétrées jusqu'aux moelles par cette essentielle irréligion qu'est la magie, elles s'inspirent de cette croyance que Dieu est dépendant de l'homme; celle-ci se révolte tenacemcnt et finit par s'évader de cette ambiance folle : elle cnsei^me que la fidélité à lahvé est la condition du salut ^
Comme on a coutume de faire un bloc de toute Tépoque païenne anté-chrétienne et de l'opposera celle qui voit se dérouler la vie de l'Église, on a aussi l'habitude de distinguer, au sein de l'époque clifélienne, deux périodes, le moyen âge et les temps
* Voicï les titres des six chapitres de chacune des deux ûpoques. l. V époque orientale : 1. Les religions égyptiennes ; 2. Les ivligioiis sémitiques; 3. Les religions aryennes; 4. La religion Juive : A* Moise ; 5. La religion juive : B. les Prophètes; 6. La ri^lifîton juive : G. l'Eglise d'Israël. Dans cette troisième édition, je développe les quelques pages consacrées à ces problèmes dans les dcnix premières. — II. L'époque syncrélisle : 1. La révolution religieiiso; 2. Jésus de Nazareth; 3. Saint Pierre et les Apôtres ; 4. Sainl Paul; 5. Saint Jean; 6. Saint Irénée.