RUINE DE JOSIAS
libre de chez toi..., (mais tu ne le renverras) pas à vide ; tu ne manqueras pas de lui donner quelque chose de ton menu bétail, de ton aire et de ton pressoir*. » « lahvé ton Dieu t'aime ^ », c'est pourquoi « tu aimeras lahvé ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force ^ » .
Mais les crimes de Manassè pèsent plus lourd que la sainteté de Josias dans les balances du Seigneur. Lorsque l'armée égyptienne de Nechao traverse la Palestine pour aller attaquer Assour, Josias s'élance hardiment à sa rencontre et prétend lui barrer le passage : n'est-il pas en droit de compter sur Taide do son Dieu ? « Avant lui, il n'y eut aucun roi qui comme lui revint à lahvé de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force, selon toute la loi de Moïse ; et, . après lui, il n'en a pas paru de semblable *. »
Si lahvé est juste, si lahvé est tout-puissant, la victoire doit couronner le courage, récompenser la foi, achever l'œuvre rénovatrice de Josias... Ces calculs de la foi juive sont brutalement déçus : à Mégiddo 5, l'armée de Juda est écrasée, Josias est tué. Dans cet irrémédiable désastre sombre la nation.
* 15, 42-18. Voir Exode, 21, 1-3. Israël semble s'inspirer ici de rarticlc 117 du Gode de Ilammourabi; si quelqu'un ayant contracté une dette vend sa femme, fils ou fille..., l'acheteur les emploiera trois années et la quatrième les affranchira [trad. Scheil : Délégalion en Perse, IV, 2, 1902, p. 143].
* IV. Rois, 23, 25.
262 LA REMGION JUIVE
Et ne senil)lc-l-il pas qu'avec clic la loi doive faire naufrage ri son tour? lahvé n*est pas juste, ou lahvé n'est pas puissant : quoi de plus clair. Sur Israël frappé à mort, voici que l'ombre de Moloch s'étend de nouveau.
Mais, tandis que le populaire se rue dans l'apostasie et redresse les autels des dieux, les amis de Josias et d'HcIcias se replient douloureusement sur eux-mêmes : le terrible problème s'impose aussi à leur conscience. Jamais plus héroïque effort n'a été plus loyalement tenté ; jamais plus brutale déception n'y a plus durement répondu. Que deviennent, en tout cela, la justice de lalivé et sa puissance ?
Pour beaucoup, la ruine de Juda n'est que passagère ; et déjà blanchit à leurs yeux l'aube de la délivrance. Le miracle de 701 soutient leur courage; ils confondent patriotisme et religion ; ils se sentent forts de la sainteté de Jérusalem. Nahum* appartient à leur groupe : son âme enfiévrée d'espérance chante déjà la ruine de Ninive, l'écrasement d'Assour.
Malheur à la ville de sang !...
On entend le bruit du fouet,
le fracas des roues, le galop des chevaux,
* Nahiim, originaire d'Elkosh, est unanimement rapporté au temps de Jérémie, alors qucNinive penche versla ruine [620-606]- Le pelil livre qui nous est parvenu sous son nom comprend quelques parties [2, 2, 4-14, 3J, qui sont certainement authentiques. Apr^s Bickel, Ilappel a montré [Der P saint Nahum., 4900) que le i)remier chapitre, au moins, est un poème acrostiche alphahétique.