‹ L'avenir du christianisme: Le passé chrétien; vie et penséeChapitre 80 sur 102 · C. — V Église d'Israël · texte numérisé non relu

C. — V Église d'Israël

L'Kï^lisc d'Israël survit à la mort de la nation juive. Le Dieu ih) Jérémie et d'Isaïe, de Hosée et d'Amos, d'Elie et de Moïse contracte une nouvelle alliance, non pas avec la nation déchue, mais avec ceux de ses enfanta qui ont foi dans la doctrine des Prophètes. La nation no se relève pas, malgré les frissons d'espérance qui l'ai^ilent souvent encore : lorsque Babylone s'effoiulrc, les Israélites changent seulement de maîtres ; ils obéissent aujourd'hui aux rois de Perse, comme hier nux niuilrcs de la Ghaldée. Mais une communauté reli^ieusi^ apparaît*, qui reconnaît lahvé, qui veut se préserver soigneusement des impuretés de l'idolâtrie et qui escompte, avec une espérance incroyable, la conquLlc du monde.

* Il est dair que cette communauté religieuse est profondéihPTil imprégnée de patriotisme nationaliste. Pareillement, unjtfuidliiii, l'iiiglisc russe orthodoxe.

l'église d'israël fîfS

A trois reprisesS lepeuple juif a été saigné à blanc, et son élite déportée enBabylonie. Ces vaincus, pourtant, n'acceptent pas la ruine. Ils attendent le miracle que leur passé semble promettre ; ils attendent que la mairi de lahvé s'abatte sur les nations, les disperse, et venge de son humiliation Jérusalem, la cité sainte ! Une espérance sacrée les anime. Et beaucoup de « prophètes » l'entretiennent. Jérémie les appelle de faux prophètes, et les combat sans repos 2. S'il reste lui-môme en Palestine, voici qu'en Chaldée, au milieu des captifs, lahvé lui suscite un émule : Ezéchicl prophétise sur les bords du Kébar la ruine définitive du peuple élu, soit qu'il lui résume l'histoire de ses infidélités ^ soit que, comme il arrive le plus souvent, il enveloppe de comparaisons, d'allégories ou de sym* boles, les malédictions et les promesses divines^

* En 605, en 596 en 086.

* Ce sont les traditionnels en retard qui, dupes de In IvUro, répètent les anciennes promesses de lahvé à son peuples, ij. supra p. 229. n. [Ez. 13.]

^ Ezéchiely 20, 5 : Ainsi parle le seigneur lahvé : le jour où j'aî choisi Israël...

* 12, 1-16; 16; 21, 1-4; 24, 15-27. Ces symboles sont-ils tons fictifs; étaient-ils parfois des actions réelles? Cf. 4, 2-17. 5. |Cf. l'histoire de la femme d'Hosée.] Il semble que la seconde hj'putbdse soit la vraie.

On est d'accord pour penser qu'Ezéchiel [Yekhezqel = Dltni est fortl> fils de Bouzi, naquit vers 621 (??),fut déporté de Jùrusti*

« Fils (riiomme (lui dit lahvé), je vais Tenlevcr par un coup soudain les délices de tes yeux; tu ne te lamenteras point, tu ne pleureras point, et tes larmes ne couleront pas. Soupire en silence; ne fais pas le deuil des morts; ceins la tête de ton turban et mets ta chaussure à tes pieds... Je parlai au peuple le matin ; et ma femme mourut le soir. Le lendemain matin, je fis ce qui m'avait été

lom en Babylonie en 597, commença de prêcher en 592, et cessa son ministère en 570. 11 était marié ; peut-être était-il prêtre. Toute son activité s'est dépensée en Babylonie. Klostermann croit qu'il était sujet à des troubles nerveux particuliers.

Son livre se présente à nous dans des conditions d'autihenticité et d'intégrité assez rares : son homogénéité est évidente. Il se divise naturellement en trois parties : 1. Iniquités et.châtiment d'Israël, 3, 22-24; — 2. Oracles contre les nations, 25-32; — 3. Le nouvel Israël, 33-48. La forme, allégorique ou symbolique, qu'Ezéchiel donne à sa pensée est très originale et surprend le lecteur qui sort de la lecture d'isaïe et des anciens Prophètes. Son originalité se complique de l'introduction d'animaux mystiques, qu'on retrouvera dans toutes les apocalypses, et qui sont en rapport avec les taureaux et autres génies gigantesques de l'Assyrie et de la Perse. Voici un passage de l'introduction : Ezéchiel raconte sa vocation (cf. supra, p. 240, la vocation d'isaïe). «Je vis : et voici qu'un vent de tempête venait du septentrion, et une grande nuée, et unemasse de feu qui resplendissait alentour, et au milieu d'elle, on voyait comme un métal plongé dans le feu. Et au milieu (je vis) quelque chose qui ressemblait à quatre êtres vivants, et voici quel était leur aspect : ils avaient une ressemblance humaine; chacun avait quatre figureset chacun avait quatre ailes. Leurs pieds étaient droits, et la plante avait la forme du pied d'un veau; ils étincelaient comme de l'airain poli... Voici quelle était la ressemblance de leur forme : une forme d'homme (par devant), une forme de lion à droite à tous les quatre, une forme de taureau à gauche à tous les quatre, et une forme d'aigle à tous les quatre... Leurs ailes se déployaient au-dessus d'eux; chacun avait deux ailes qui rejoignaient celles de l'autre et deux ailes qui couvraient son corps... L'aspect de ces êtres vivants ressemblait à des charbons ardents... J'aperçus une roue à terre auprès d'eux, devant leurs quatre faces...; leurs jantes... étaient remplies d'yeux... Au-dessus, était la res-

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