‹ L'avenir du christianisme: Le passé chrétien; vie et penséeChapitre 90 sur 102 · ISRAËL ET LES NATIONS · texte numérisé non relu

ISRAËL ET LES NATIONS

Tes richesses, ton trafic, tes marchandises tes marins et tes pilotes,...

tomberont au sein des mers

au jour de ta chute !

Au cri de tes pilotes les plages d'alentour trembleront !..

Maintenant tu as été brisée par les mers (et jetée) au fond des eaux, tes marchandises et toute la multitude

ont sombré avec toi.

Tous les habitants des lies sont dans la stupeur à cause de toi ; les rois sont saisis d'épouvante, leurs visages sont bouleversés.

Les marchands des autres peuples sifilent sur toi ; tu es devenue un sujet d'effroi ; c'en est fait de toi, pour toujours ! ïï[Ezéchiel^ 27, 4-36].

L'honneur du nom de lahvé, s'il exige la ruine d'Israël l'apostat, exige aussi la ruine des nations qui se sont raillées d'Israël : elles apprendront à connaître lahvé ' !

D'autre part, la ruine de Jérusalem, aggravant le scandale de Mégiddo, exaspère dans la conscience des croyants la douloureuse stupeur et la révolte angoissée : aujourd'hui plus que jamais, le problème du mal l'obsède. Quoi que dise souvent le psalmiste, il n'est pas vrai qu'ici-bas le bonheur récompense toujours la vertu, le malheur punisse toujours le vice ! Faut-il admettre que telle soit la volonté de lahvé ? Comment se concilient avec la justice et la bonté et la

* Ezéchiel, 35, 36.

puissance de Dieu, toutes ces « désharmonies » qui troublent le monde ? N'est-ce donc pas la seule Pensée de l'Éternel que reflète le cosmos ? * Faut-il croire

* Le livre de Job traite expliciteinent du problème du mal ; Satan y joue son rôle. Avec la permission de Dieu, Satan accable d'épreuves abominables un juste, Job ; et Job, sans se révolter tout à fait, se plaint amèrement de Dieu [Kn dehors du prologue de Job, il n'y a, dans toute la Bible, que deux passages où soit nommé Satan: Zacharie, 3, 1-2; I Chroniques, 21, 1 *]. —Le livre de Job se compose de deux parties : un admirable poème, 3-42, 6, encadré d'un prologue [1-2] et d'un épilogue [42, 7- 17] en prose. Il est quasi certain que les discours d'Elihu [32-37 sont une interpolation : ils développent cette idée que la souffrance est une épreuve, dont la vertu éducative est très grande : on sauvegarde ainsi la justice et la puissance de Dieu. — On discute la question de Thomogénéité de ce qui reste : le cadre en prose est-il du même auteur que le poème ?

11 est permis de croire que Job était un personnage légendaire fameux par sa vertu et ses infortunes : son histoire avait peutêtre été d'abord adaptée en vue de résoudre le problème suivant: la vertu est-elle désintéressée ? Plus tard, aux temps où nous sommes, un poète voulut en tirer parti pour résoudre le grand problème : il écarie la solution traditionnelle [la vertu assure le bonheur: cf. i)eM/.,6,18; 11, 13] parce qu'elle est contredite par les faits ; mais les incertitudes de Job, ballotté entre l'adoration et le blasphème, reflètent très fidèlement les hésitations de l'âme humaine. Un court passage [19, 25] fait peut-être allusion à l'autre vie. [Le poème a certainement reçu plusieurs retouches, 39, 13-18 ; 40, 15 — 41, 26]. Le livre semble trahir une influence égyptienne [Behemolh; Léviathan; forme dialoguée, d'après Gunkel, 26].

Le texte massorétique doit être corrigé par un fréquent recours aux Septante. Le poème est nuancé d'aramaïsmes. « La richesse et la diversité des images donnent au style de Job un éclat et un attrait exceptionnels. La concision du langage mérite d'être signalée; l'auteur sait en quelques mots exprimer une pensée ou tracer un tableau » [Gautier, II, 160].

Cf. Loisy. Le livre de Job, Paris, 1892; Budde. DasBuch Hiob.,

* Comparer II. Samuel, 24. 15, Les Chroniques écrivent Saian, où II Samuel écrit lahvé : Vauteur des Chroniques ne peut pas admettre que la peste vienne de Dieu [Cf. Isaîe, 6, 9-10; Er,échiel, 14, IS-îl^.

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