‹ L'avenir du peuple canadien-françaisChapitre 11 sur 61 · Tome II, p · texte numérisé non relu

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2. Un Italien, le comte Castiglione, écrivait vers 1525,. c'est-à-dire dix ans avant la découverte du Canada par Jacques Cartier : « Les Français ne connaissent d'autre mérite « que celui des armes et ne font nul cas du reste, de telle « façon que non-seulement ils n'estiment pas les lettres, mais- « encore ils les abhorrent et tiennent tous les lettrés pour'

Ce sont ces hommes, venus de toutes les parties de la France, qui ont jeté dans le Nouveau Monde les bases d'un immense empire français, d'où leur souvenir presque partout s'est effacé, pour ne plus subsister que dans le cœur de leurs descendants.

Les Anglo-Saxons ont, en quelque sorte, inauguré en Amérique la vie de l'ère moderne. Les Français ont continué la vie du passé, mais dans ce qu'elle a de plus romanesque, de plus chevaleresqtie, de plus poétique.

Les Pilgrims de New Plymouth, les premiers colons de la Nouvelle Angleterre, s'établissent au bord de la mer et n'osent s'aventurer à l'intérieur. Ils sont pieux, bien intentionnés, pleins de courage. On nous les montre tenant des réunions, élaborant des constitutions, envoyant des pétitions en Angleterre, s'assemblant au temple et chantant des hymnes. Ils eurent beaucoup à souffrir des intem-

« les plus vils des hommes, et il leur semble que c'est dire « une grande injure à un homme, quel qu'il soit, que de l'ap- « peler clerc » (Cité par H. Tainc. Philosophie de l'art en Italie).

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kpcries du climat et des iucursions des Indiens. ■liGur histoire est triste, souvent louchante, et Fl'on ne peut s'empêcher de les plaindre, tout men honorant leurs verlus et leur piété. Songe-

■ t-on seulement à s'attendrir en lisant l'histoire màen souffrances de nos pères'?Les historiens se

■ i sont-ils jamais avisés de prendre un ton pathétî- PquG en relatant leurs comhals,' leurs labeurs,

■ leurs fatiyues?Noii, car chacun aeiitqu'îlyavait Ken eux un courage surhumain, une ilme supé- I rieure à tous les maux,

I L'Anglais est pieux, mais son pasteur n'a Kpas l'esprit de prosélylismc. Le religieux franiçais, auconlraire.n'a traversé l'Allantique que I dans le but de gagner des âmes à la foi du pChrist. II pénètre dans les profondeurs de la r forêt aussi loin que les plus liardis coureurs Ldes bois; martyr, attaché sur le bûcher, il ne I pousse pas une plainte et donne au soldat I l'exemple d'un courage invincible, I Chanipiain, le fondateur de Québec, recevant. Bf our la première fois les envoyés des Hurons, iiOe croit pouvoir mieux faire que de s'unir à Peux pour les aider à vaincre leurs ennemis. [Lorsque, longtemps plus tard, lenoble William l'.Penn, le fondateur de Philadelphie, rencontre

■ l'Indien, il l'appelle son frère, lui rappelle l.que les hommes ne sont pas faits pour s'en- Ftretuer, et l'Indien le laisse s'clablir en paix.

Mais l'âme guerrière du Peau-Rouge ne connaît d'autre vertu que le courage et elle donne son affection au Français, à ce civilisé qui sait si bien comprendre la vie du désert et en partager les fatigues et les joies.

Ainsi les anciens Canadiens surent en même temps conquérir par leur valeur et par la sympathie qu'ils inspirèrent.

Leur vie était semblable à celle des premiers temps de la féodalité, alors que les incursions des Normands tenaient sans cesse sur le qui-vive, les habitants paisibles de la France et de l'Allemagne. Mais il n'y eut pas, au Canada, des braves et des forts pour construire des donjons où les plus faibles et les plus timides s'abritaient, abdiquant ainsi peu à peu leur liberté. Nos pères étaient tous également forts, tous également l)raves, et ils surent tous défendre en héros la terre et la liberté qii'ils voulaient assurer à leurs descendants.

Le développement de la yonvelIe-Angleterre, dit l'historien américain FranciH Parkmann (i), a été le résultat des efforts combinés d'une foule de gens induslrieuci; chacun, dans son cercle étroit, travaillant pour lui-même, tdchant d'acijuérir de l'ai-

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