‹ L'avenir du peuple canadien-françaisChapitre 12 sur 61 · I. (Pioneei-s of Frunce in Ihe Xew iimi-lil. Inlrod · texte numérisé non relu

I. (Pioneei-s of Frunce in Ihe Xew iimi-lil. Inlrod

33 1. ATEXIR DU PEIPI.E CANAfJlEK-FRAXÇAIS

satire on df la richesse. L'eaparisi'nn de lA Nouvelle-France a été le fait d'une amhiti<. {jiritinlesqne tendant ù la conquête, d'i/i tini'tit. Vefffirt a été vain.

Lu dumiimlion française est nn soui'enirM du passé, et quand nous en évoquons les om'^ bres disparues, elles se lèvent dans leart tombes, étranges et romanesques appari-^ r lions ».

Ces seuls faits saillants qui donneni du relief là l'histoire el qui constituent, pour le colléqiefl? HOrcé d'étudier les annales des peuples élran* Tgers ou disparus, comme de fraîches oasjfll jau milieu d'un long désert; ces seuls actes dél dévouement, de valeur, d'audace incroyable, l ont été accomplis en Amérique, l'ont été ■par des hommes de notre race.

Je ne raconterai pas les expéditions de nos ■pères, les ijuerres continuelles qu'ils ont sou- Itcnucs. Leurs ennemis eux-mfnies leur ren- L'dent ce lémoifjnage qu'ils se sont couverts de r gloire, alors que la gloire consistait à ne jamais I reculer, à mépriser le danger, à iyiiorer ce »que c'est que la croinle, à tuer beaucoup [dliomraes, à dévaster beaucoup de pays.

L'axe des sociétés s'est déplacé depuis lors; fcim idéal plus pur, plus humain, a pénétré dans |-les cœurs; notre admiration n'appartient plus gaulant à ceux qui détruisenl. L'iiistoire de

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ces cent cinquante ans de combats épiques, de ces liéroîsmes que nous ne comprenons presque plus de nos jours, nous la relisons cependant avec bonheur et chacun de nous tient à n'en ignorer aucun épisode.

Celaient les luttes séculaires de la France et de l'Angleterre que nous continuions sur ce conliuent. Les Anglais avaient juré notre destruclion, et nos pères défendaient allègrement, et de la meilleure grâce du monde, les terres qu'ils avaient découvertes et les élablissemeiils qu'ils avaient fondés.

En outre de la guerre conlinuellc qu'ils avaient à soutenir contre les Anglais, les colons de la Xouvelle-l'rance étaient sans cesse exposés aux incursions de leurs farouches ennemis les Iroquois. Jamais, pendant cent cinquante ans, ils n'ont joui d'une )iériode de sécurité absolue. 11 n'y avait aucun endroit, eu dehors des villes et des forts, où l'on ne pût s'attendre d'un moment à l'autre à voir paraître un parti d'Indiens débouchant d'une embuscade.

Plus d'un laboureur parti pour cultiver son champ, el. qui avait oublié ses ai'iiies, n'était jamais revenu. Su chevelnre ornait 11- \4 i|j\vam de quelr|ue guerrier Iroquois ou Al(|niH|uiii,

« S'iiivi'itf, dit Gurneiui (i), (es IxtOitunts I. llisttiii-s lia 'kiniidii.

rtafent obligés (Vabandonner leurs maisons on de sUj retrancher. On ne voyait qu^ ennemis, La nuit on n'osait pas ouvrir i a porte^ et le jour on n^ allait pas à quatre pas sans avoir t'on fusil, son épée et son pistolet avec soi, (Jet état de choses dura plusieurs années. La population diminuait par les pertes qu'elle faisait dans les surprises et par cette multitude de petits combats qu'il fallait livrer presque au coin de chaque bois et qui se renouvelaient souvent plusieurs fois par Jour. »

« Les Irnquois s'introduisaient ordinaire^ ment par bandes. Ils se glissaient dans les forints, dans les ravines, dans les moindres accidents de terrain, derrière les souches, pour attendre les habitants qui travaillaient au.r champs. Il s'en cachait jusque dans la tète (le: arbres, autour des maisons, et plulîieur.s' fois, on en surprit, ainsi, qui étaient en sentinelle pour donner le signal d'attaque à leurs camarades restés un peu j)lus loin, où ils passaient des jour.i''es entières sans bonf/er, (l'est au milieu de cette lutte et de ces dangers de tous les instants, que cette belle et grande portion du pags, Montréal, les Trois- /iirièrcs, mais surtout Montréal, fut enlevée à la barbarie et conquise à la civilisation, dhaqur laboureur était soldat et chaque gué'

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•ret arrosé de $aag français ou indien. » Les expéditions militaires et les explorations se faisaient au milieu de dilTtcultés inouTes : l'hiver, sur la neige et la glace, par des Froids sibériens ;'rété, sur des fleuves dont le cours était obstrué par des rapides, des rochers, des cascades. On se rendait d'un fleuve à un autre à travers des forêts remplies de moustiques : « Ces endroits, dit le Père Ragaeneau (i), s'appellent des portages. Il faut porter sur ses épaules tout le bagage et le navire même pour aller trouver quelque autre fleuve ou pour éviter les brisa^is et les torrents, et souvent il faut faire plusieurs lieues chargés comme des mulets, gravissant sur des montagnes, puis descendans avec mille peines et avec mille craintes dans les vallées et parmy des rochers, ou parmi des brossai/les qui ne sont connues que des animaux immondes. » Nombreux étaient lus noyés, plus nombreux encore ceux qui tombaient entre les mains des Indiens. La bonne humeur régnait partout cependant, et pendant que les hommes élaient sur le qui-vive, les femmes gracieuses et jolies égayaient le foyer. « Lorsque tes Canadiennes travaillent en dedans de leurs maisons, dit

a6 l'avexir du pelple canadien-français Kalm {i),e/ies fredonnent toujours, lesjeane^ Jilles surtout, quelqitex chansons dans lei quelles les mots amour et cœur revicnnetii souvent. »

Cette gaieté inaltérable au milieu du dang^ est l'un des traits les plus caractéristiques de l'âme française. .le trouve dans l'histoire de Lescarhot (a) une paye exquise que je ne puis m'empéclier de citer et qui indique d'unemauière hien pittoresque de combien peu de sécurité on jouissait à celte époque ; Le fils (la chef sauvage Pembertow voit le pèrf Biart, jésuite, très malade, aijant perdu t embonpoint et cela l'inquiète : « Écoute, pèrâ lui dil-il, tu l'en vas mourir, je le devina £cris donc à Bi encourt et à ton frère que tu f mort de maladie et que nous ne t'avons j tué. Je m'en gardera!/ bien, dit le JésuiH car possible qu'après avoir écrit la lettre t me tuerais et, cette lettre porterait que la fl m'aurais pas fuê. Là-dessus le sauvage revif\ à soy et se prenant à rire : Bien donc, dit-iti prie Jésus que tu ne meures pas, afin qu'of ne nous accuse de t'aooir fait mourir, s

Cette vie des Indiens, si dilTéreiiie de id

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nftfre, leurs mœurs, leurs coutumes, l'originalité de leur esprit, semblent n'avoir fait aucune impression sur les Anglo-Saxons. « V Anglais, a dit Renan, ne peut comprendre ce gui n'est pas lai ». Dans la Nouvelle-France, au cen- Iraire, tout ce qu'il y a chez le Huron ou l'Algonquin, de bizarre, d'ingénu, constitue un aliment constant à la curiosité des colons, un élément à leur gaieté. Le Français s'applique à deviner son frère sauvage, à pénétrer le fond de sa pensée ; il l'attire par le charme, auquel personne n'échappe, de sacordiaUté, de son esprit prime-saulier, de son audace que rien ne déconcerte ; il apprend sa langue, lutte avec lui de ruse et de Rair, se fait souvent son ami et son commensal.

J'aime à revoir par l'imagination les paysages canadiens d'autrefois : Dans la foriît profonde, le wigwam enfumé avec ses trophées de chevelures et ses colliers-; le feu de sapins brillant devant le seuil, et sous les grands arbres, se profdant dans l'ombre, dessilhoueltes de Hurons tatoués et de soldats portant l'uniforme de l'armée française. J'aime à me transporter par la pensée, dans quelqu'une de ces fermes qui, longtemps avant la conquête, étaient échelonnées sur les bords du Saint- Laurent : C'est le soir, la famille du colon est réunie autour du fover, les femmes rieuses,

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*njouées, un peu coqiieltes, s'occupent de travaux d'aigiiilles ; les hommes, (jais, exubérants, batailleurs, raconteut leurs esploils. On cause guerre, affûts, cliauss es-trappe s, héca- 4-ombes de yibiers, surprises et embuscades ; «hacun met son ambition à passer pour le plus adroit (ireur, le plus fin chasseur. On rappelle des souvenirs de France; on parle du fils, du frère absent, au loin par delà les grands lacs, du prochain navire qui arrivera de Saint-Malo, Un Huron que les missionnaires ont converti se tient un peu à l'écart, grave, sobre de paroles, tandis qu'un petit garçon au regard curieux, s'approche doucement de lui, avec mélange de crainte et d'audace satisfaite.

Comme le monde a marché rapidement depuis lors. Il n'y a pas beaucoup plus d'un siècle que cette vie aventureuse battait son plein. Nos arrière-grands-pères étaient temps ,

Des victoires brillantes, des faits d'à glorieux signalèrent notre lulte contre Ie^| Anglais, mais enfin la fortune cessa de favori ser les audacieux. La balaille des PlaiaeS^ d'Abraham marqua la fin de la domination fraïKll çaise, et nos soldats vaincus revmreut dési péréa dans leurs foyers que désolait la famine>J

ni

Après le traité de paix, les Indiens continuèrent pendant quelqups années encore à dévaster les établissements britanniques, et ce ne fut qu'aux instances des Français qu'ils se résignèrent à la paix. « Les premières mesures efficaces en vue de la pqqification générale^ dit Bancro^i (i), furent prises par les Français dans r Illinois. M,, de Neyony qui com^ mandait au fort de Chartres^ envoya des colliers et des calumets de paix dans toutes les parties du continent^ exhortant les nom-breuses nations indiennes à enterrer la hache de guerre et à donner la main aux Anglais^ car jamais, pi us ils ne reverraient parmi eux un représentant du roi de France ». Et alors le chef Pontiac fit dire au général Gladwin 4C qu^ il acceptait la paix que son père le Français lui envoyait ».

« Les officiers français^ ajoute BancroH^ traversant pour la dernière fois le Canada et la vallée du Mississipi et recevant de tous côtés des témoignages d^ attachement

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