‹ L'avenir du peuple canadien-françaisChapitre 13 sur 61 · I. History of the United States. Vol. III · texte numérisé non relu

I. History of the United States. Vol. III

'in l'avENFR DT- PEIPLE r.ANADIEN-FBA.VgAI

passionné de la part des nombreuses IrtbtU de Peau.r-fiouffes, jetèrent un regard de 1 regret sur le vaste empire qu'ils abandon~\ noient ».

Je me rappelle avoir lu quelque part que, ■ si nous étions restés !es maîtres dans les-l immenses territoires qui constituaient autre- 1 Fois la Nnuvelle-Francc, les saunages n'eB,j auraient pas disparu.

Peut-élre, eu effet, eussent-ils trouvé, dans j la sympathie que nous leur témoitjnions, i encourayeinent à vivre, même au milieu du flot montant d'une civilisation qu'ils parvenaient difficilement à comprendre. Conquis i la foi du Christ, groupés en villages p; missionnaires, ils auraient vécu en paix av&( < leur père le Français » et, qui sait? plœ tard, se seraient élevés peut-être à une con-'^ ception plus parfaite que lanrttredes devoirs de | la fraternité humaine. Qui dira ce que peuvent faire naître dans les cœurs ces deux facteurs puissants de civilisation : la charité chrétienne et la sympatliie de l'esprit français ? Devant . l'Anglais, ils n'ont su que reculer, s'enfoncer! toujours de plus en plus au fond des forêts etl disparaître... J

Comment ont-Us disparu? Les historiens,'! eux-mêmes n'ont pu s'en rendre compte, Uû I jour, après que le pays fut complètement paci- J

u Acgaraer

autour d'eux, ils constatèrent qu'il ne restait plus que quelques petits villages d'Indiens, puis, plus tard, qu'il n'en restait plus que trois ou quatre, dans la province de Québec. Bientôt ceux-là même ne seront plus qu'un souvenir. Ainsi, sans doute, l'a voulu la loi qui régit toutes les sociétés humaines. Les Indiens ont dû céder la place à des races d'une civilisation supérieure. Pendant des siècles, ils avaient vécu en maîtres dans ce continent; tatoués, vêtus de peaux de bêtes et conservant des instincts de fauves, sans avoir même jamais pensé qu'ils pouvaient améliorer leur vie. Heureux peutêtre, ils ne participaient pas à cette évolution éternelle qui entraîne le monde vers le mieux. 11$ ont passé, sans laisser aucune trace. Rien d'eux n'a survécu, pas un tombeau, pas une ruine, pas une pierre. Comme les petits oiseaux qui meurent et dont on ne retrouve presque jamais les os, ils ont disparu tout entiers, et jamais le laboureur n'a heurté, du soc de sa charrue le squelette d'un de ces terribles Peaux-Rouges.

Il reste encore aux Etats-Unis quelques peuplades indiennes, mais la civilisation les repousse sans cesse, toujours plus loin, hors de la vie. Qui oserait blâmer la civilisation ?

32 l'a^-enir nv peitle canadien-fbançais

LoQgfellow a représenté, dans son poème d'Hiawalha, un sage indien qui cède d'uncœur soumis à la falalité du progrès (i) : I Hiawatha, le chef, a vu, en rêve, des viile» l Jlorissantes s'élever dans la solitude, la \ hache abattre /es arbres séeiilaires, ta forêt \ disparaître. Il a vn ses frères dispersé* \ Comme les fettiiles ^automne qu'emporte le \t)eitt. Il a ou l'avenir. Et le matin, à son T-réveil, il accueille l'élranrfer, le prêtre en f- robe noire et les soldats dont le navire oient yioucher la rive. Il leur offre l'hospitalité

1 wigwam, et pendant qu'ils dormentf ' I iai s'en va pour toujours. Il ne murmure I L^^, (V bénit le progrès. Il s'en va sur la f n mer et son canot se perd dans la purpures^ , f cence des flots que baigne le soleil levant, flis^en va vers la patrie d'où l'on ne revient t jamais {a}.

(i) Saw (lie rcmaunls of oiir people Swecping wcalmaril, vrild snd ïi'oeful, Lifce U» claud rack of a tcmpest, Lîke Ibe withered leavca or ai^tomn I

From (lis farthesl realms ot inornijig Came thc Black-Robe cbief, tbe proplid Ide Ihe (iriesl of prayer, the Falc-Facc, Wilh liis guides and bÎE comjia nions.

. , . . Sinking in Ihc purple distfi

mais d'un sentiment plus réel, Edgar Quinet ejqpl.que la disparition des indigènes de l'Océa-^ nie : « Quel est le fond de r homme sauvage? dit'îiy ^orgueil. Et qu'est-ce que l'orgueil pour lui? Le senti me/it d'un être qui n'a pas encore connu sa limite. Il se croit souverain de tout ce qu'il voit^ la foret inextricable est à luiy l'Océan est à lui. Quand ce senti-' ment qui soutenait l'homme est entamé, l'homme s'écroule, La hache a atteint le cœur du chênCj il tombe.

« Ne savez-vous pas comment l'homme se dégoûte de vivre^ quand il sent que tout lui devient hostile et qu'il n'a plus aucune résis' tance à opposer? Ne savez-vous pas ce que c'est que l'exil ? Ne savez-vous pas qu'il abrège la vie humaine^ que les femmes y deviennent stériles, que les mariages y sont inféconds, que les populations y tarissent sans cause apparente. Oh! que je comprends^ il me semble, le vrai mal de ces Océaniens et combien il est sans remède 1 Ils sont main* tena^U des exilés dans leurs petites tleSy depuis qu'entre chaque chose et eux s'irUer-^ pose un étranger, un maître. Et quel étran-* ger ? Séparé d'eux par toute l'échelle des

t. € La création », p. 358.

mS\ l'avenir du PEITI-E CANADIEN-FRASÇAia

mtivi/isations antérieures; descendu au milieu\ mé^enx comme d'une autre planète... Que faireA Bï/n/is une inégalité si profonde ? Perdre 1 W l'espérance et avec elle le désir de vivre i Ms'asseoir au bord des atolls, aspirer rair% ^ tiède et mourir ».

■ Ainsi des anciens maîtres de l'Amérique, il K ne restera plus bientflt qu'un souvenir poétî-

■ que ; quelques poèmes, quelques légendes ■•fantastiques, quelques ballades; l'éternel rêve ■

■ fait de mélancolie elde regret, qui flotte aufond ] ftdes âmes pour toutes les clioses disparues.

I Mais non, un peu de ce qu'ils ont été survit | W et survivra. De l'alliance des plus avenlureus J ^. parmi les anciens coureurs des bois avec les \ Bfemmes indiennes, une autre race est née, une j Hrace fière et vaillante, les métis du Nord-

■ Ouest, qui ont conservé l'usage de la langue j

■ française.

W Le commerçant, l'homme d'affaires qui passe

■ devant l'humble cabane d'un métis peut regar-

■ der d'un œil hautain et méprisant ces fiers P'chasseurs, pauvres, et ne parvenant que diffifcilementà se plier aux travaux de la vie séden- ^ I taire; nous n'en reconnaissons pas moins ea I I eux des frères. ' I Leurs pères, les coureurs des bois, étaient

I d'invincibles soldats, semblables à ceux dont ( 1 Napoléon a fait les généraux et les maréchaux \

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cfiennes, mais le sang indien diffère-t-il beaucoup du sang de nos ancêtres germains et gaulois ?

D'humeur belliqueuse, parlant avec esprit et se battant bien ; tels étaient les Gaulois du temps de César.

Féroces, pérorant avec sagesse et éloquence et se battant avec ruse et courage, tels étaient les Indiens d'il y a i\n siècle.

Nos ancêtres se sont habitués, peu à peu, aux formes de la civilisation qui ne les a pas envahis brutalement, mais s'est pour ainsi dire insinuée parmi eux pour être ensuite développée par eux.

L'ancien Germain se réveillant en plein dixhuitième siècle aurait- 1 pu s'habituer à nos usages, surtout au milieu de peuples hostiles et le traitant en être inférieur?

« Quel serUj dit M, de Quatre f âges (i), le résultat du mélange du sang européen avec celui des races indiennes^ accompli sous Vin-* Jluence d^un milieu dont nous avons constaté [* action civilisatrice ? Sans doute, il serait téméraire de chercher à s^en faire une idée quelque peu précise. Mais ce qui s'est passé dans les deux Amériques, autorise déjà quel^ ques prévisions générales,

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