I. Hist, des races humaines^ vol. II, p
L A\-EMn VV PEITLK CAXAOrE.V-VTlANÇAIS
An nord, ni femiliee, ni lesantf des Peau.a>* \
ffonffes n'a abaisxé la race. Les métis dit \
nilvba sont les f'ffaux des purs Yankees,
ces dans fes mêmes conditions sociales j
Hta/id le métissage et le milieu auront para- 'heué leftr œuore, les oieilles aptitudes sa* 1 Kréueilleroiit; il s'en manifestera de nouvellef ■ •ndrées par le mélange même des sangs; ■i Sud comme au Nord, les futures citfilî-^ talions américaines égaleront, surpasseront i fons: doute à certains égards celle dont nous mmes si fiers, comme la nfitre a égalé et * trpassé sur bien des points celles qui l'ont ] précédée ».
Une des plus iin portantes et des plus ancien— à tes familles des Elats-Unls, celle des Randolpli, Ise gloriûe d'avoir pour aïeule une indienne. Du J
■ reste, c'est la force de la race anglo-saxonne'] Wtde se glorifier de tout ce qu'elle est, de tout ■)
E qu'elle n'est pas, de tont ce qu'elle a, de f tout ce qu'elle peut avoir.
Songeons à ce rameau égaré de notre natio- 1
çtalité; faisons place, au foyer commun, à ces.1
frères qoe nous a>"on3 appuyés de nos sym— f
Bpathies, hélas ! impuissantes, anx jours d'épreu-- i
■ Tes (i), mais que nous délaissons depuis lors. T l-les métis sont maintenant au nombre de p!u* 1
. Lori du procès de Louis Hiel.
f,n^»ont'liàbîtués au climat de; cette, partie du Dominion et par conséquent plus en état que les émigrants d'en supporter les rigueurs.
Ils ont conservé la langue française. Donnons leur la facilité de s'instruire, appelons leurs fils dans nos collèges ; qu'ils aient parmi eux des prêtres, des médecins, des instituteurs, et bientôt nous pourrons considérer comme rétablies nos attaches de race. Ils se mêleront, avec le temps, à notre population, lui apportant peut-être un élément nouveau de force et de vigueur, et ils contribueront, eux aussi, à Tœuvre de la civilisation française en Amérique.
Avec eux se perpétuera sur ce continent le sang des anciens maîtres de la forêt, l'âme d'un passé évanoui.
APRÈS LA CONQfÉTE.
Le Canada était conquis. Les soldats de I Montcalm relournèrent à leurs champs quï^ depuis trois ou quatre ans, n'étaient plus cul* tivés que par les femmes et les vieillards inca— I pables de supporter les fatigues de la guerre^' ■ Les fonctionuaires et les plus riches citoyens , s'embarquèrent pour Ja France avec une partie de l'armée vaincue. Le drapeau fleurdeUsé: disparut pour toujours des murs de Québec. Une paix profonde et certainement durable allait maintenant permettre aux colons d'ac— \ complir ce qui constilue l'œuvre même de lit I colonisation. Chacun d'eux pouvait, désormais.
'Roflif paisiblement son patriit —, imbcMic, accroître ses jirhcsscs par tous les moyens honorables, goûter enfin ce paisible bien-être qu'assure la vie agricole dans un pays aux ressources inépuisables, jouissant d'institutions relativement libres et d'une sécurité absolue.
Mais ce n'est pas impunément qu'on a dans les veines le sang de nombreuses générations de soldats ; qu'on a été élevé presque exclusivement en vue d'une vie aventureuse, qu'on « s'est adonné de bonne heure à la guerre, à la chasse et aux voyages ». La tâche des Canadiens était bien simplifiée. On ne leur demandait plus, ni leur sang, ni leur vie ; on n'exigeait plus d'eux des prodiges de valeur et de vaillance. On ne leur demandait que de vivre. On ne leur demandait pas même cela. On n'exigeait d'eux qu'une chose : ne pas gêner l'expansion des vainqueurs, ne pas s'opposer à la prospérité, aux succès, aux fortunes rapides des fonctionnaires et des marchands accourus d'Angleterre.
Isolés désormais, ils ne reverraient plus les navires des côtes de Normandie et de Bretagne ; ils ne causeraient plus, avec les soldats revenus de France, des amis demeurés là-basi des guerres européennes, des victoires françaises sur le vieux continent. C'était fini, les
AVENIR Di: PEUPLE CAKADIEN-FBAKÇAI6
f courses loiotaines, les expédilions aventureuses par delà les grands lacs, la traile avec
I les ludieiis, les voyages do contrebande pleins Pd* dangers. La terre sei.Ie leur restait avec {ses ressources inrinies. Mats les Canadiens,;
n'avaient aucune bonne tradition d'agricullure^ et ne songeai<înt guère à améliorer leurs pro-, t eédés routiniers.
Peu à peu, ils virent les vainqueurs sat grouper autour d'eux, acheter les plus bellea L propriétés, s'emparer de toutes les fouciioas Lpubliques, et, mornes, enlôlés, ils se tinrent à f l'écart, caressant peut-être un vague espoir f de revoir un jour le drapeau de la France. ^Au surplus, les vexations des fonctionnaires
II anglais les empêchèrent pendant longtemps de Ltourner leur esprit vers les grandes eutre- ■prises mercantiles pour obtenir la prospérité
latérielEe.
; Après la conquête, dit Bancroft (r), de&
Tlie ignorant, llic yreeity and Ihe fnclious wcre nppoin>- 0 orCces u'hich required mtËgrîIy, kaowledge and a.)àr- ■iWios. The Judge pitclied upoa U> conriJiate the minds of 0 forei^aers te Ihe Irws and goverameal ol Gre«t-Brï' HAS lakea from a jail and was entirely unacquaïiilcd' l'irilb the civil luw and Ihe languagt? of Ihe Peopte.,. lu Ih» □ rural parishes were but ig pcotcstaDl ramilie^. Tbe rtst. ■ ■of Ihe ProLeslanls were a lew ha]f-pay ofDcers, disbanded I Soldiers, trnders, meciiauîcs and publicans who resided ia l^guflbec and Montréal ; most of them followecs of the army.
^ens ign"raiils, avntes et facfifiux, furent nommés à des fondions qui eorigcaient àt riittégrité, des connaissances et des capaci~ tés. Le juge choisi pour concilier les esprits de ^0.000 étrangers gui ne connaissaient pas la constitution et les lois de la Crande-Pre~ tague fat tiré d'une prison ; il n'avait pas la moindre notion des lois civiles et de/a langue de la population. . . Dans les cent dix paroisses rurales du pai/s, il n'y avait que dix-neuf familles protestantes. Le reste des protestants se composait de quelques officiers à la demisolde, de soldats licenciés, de commerçants, d'artisans et de marchands gui demeuraient à Québec et à Montréal ; la plupart étaient des gens qui avaient suivi l'armée, des gens grossiers qui tous avaient leur fortune à faire et étaient peu scrupuleux sur le choix des moijens. « Je vous les donne, écrivait le général Murray, comme la collection la plus
of low éducation ; ail wilh Ihcir rortiincs to mahe, anà lïulc solicilous aboul the mcans. Report lliem, wrote Murraj, lo be in geaeral tlie moal. immoral colleotion of men cver kiKW, Yet out of thèse and thèse alone, lhoi>ç|h tliey were. but about (50 in numbcr, magistrales wcre la be made and juries eomposed ; for ail catholics were disfranchised.
Thff oeek and unresis llng province was given orerto hope- I0S8 oppression. The htslory ol ihe world funii^hes no îns.
{Hiatory of the Vniled slates. Vol. III, p. 87).
ammorale d'individus que f aie jamais vue
[ Et cependant^ c^était parmi ces gens et
"mi eux seulement, bien qu'i/s ne fussent
T quatre cent cinquante, qu'il fa/lait chy
tir les magistrats et composer les jurys; car
fous les catholiques avaient été dépouillés de
Meurs droits politiques. La province paisible
W sans résistance, fut livrée à une horrible
fbppression. L'histoire n'offre aucun exemple
aussi criante injustice ». Il est juste
iependant d'ajouter que, si l'Angleterre c
fcnvoya un cerlaiii nombre de fonctionnaires
beu recommandables, et si nous eûmes à noua
plaindre à maintes reprises, de nos nouveaux
poompatriotes, le gouvernement de Londres
B'est presque toujours montré animé des inten-
■ lions les plus conciliantes à notre égard.
Les Canadiens soumis, et eu apparence rési- Ignés, portant le dpuil de tous les bonheurs F^u'ils avaient rôvés, se réfugièrent alors dans vie familiale et s'adonnèrent tout entiers aux ^-aifections douces du foyer. Ces hommes dont l'ardeur enthousiaste et la superbe ambition Lvaient, pendant un siècle et demi, connu cune limile, ces soldats dont l'jlme altière Boe s'était sentie à l'aise qu'en planant sur d'im* L menses horizons, se" firent humbles et casal'tiiers au point de renfermer leurs désirs aux étroites d'un village. Les liens de
Fd5 peu fèiàchés pendant les époques précédentes, se resserrèrent, si bien que nulle part au monde peut-être l'affection familiale n^est aussi profonde qu'au Canada.
Nos ancêtres se livrèrent donc exclusivement à l'agriculture. Certes, ils étaient peu propres à la bureaucratie et ils ne paraissent pas s'être avisés, tout d'abord, que, dans un pays neuf et vivant désormais en paix, il y avait d'immenses ressources àexploiter, qu'un champ magnifique s'ouvrait à l'activité commerciale. L'Anglais vainqueur s'empara de ^ut, comme je l'ai dit ; le vaincu regardait faire, presque indifférent, songeant sans doute, à mesure que grandissait dans son cœur son affection pour ses champs et son foyer, qu'après tout, un calme bonheur lui était réservé. « U ailleurs^ dit Garneau (i), il n! était resté dans les villes que quelques rares employés^ quelques artisans^ à peine un marchand et les corps religieux ».
Le Canadien devint pieux, lui aussi, comme l'habitant de la Nouvelle-Angleterre, mais de façon différente. Sa religion, bien que plus superstitieuse fut moins étroite ; sa piété plus chaude, plus féconde. Le Dieu de paix substitua ses voluptés à celles que le Dieu des batailles ne pouvait plus lui procurer.