‹ L'avenir du peuple canadien-françaisChapitre 15 sur 61 · I. Histoire du Canada · texte numérisé non relu

I. Histoire du Canada

\ 44 l'aVENTH du peuple CANADlEX-FRANÇAia

Le prélre,dont l'irilluence avait toujours été- I. grande au Canada — car pendant la domina— Ttion française, les missionnaires s'étaient impo- Isés à ces valeureux par le courage et l'hé- Vroîsme -^ prit alors dans la vie de notre pays lia place prépondérante qu'il occupe encore r aujourd'hui.

L'éylise calliolique est restée pour les Canadiens français le centre d'union, de cohésion par excellence,

Quelques années plus lard, on put dire de Laos pères qu'ils étaient simples, naïfs, etman.- ■fiaient d'initiative. Mais l'esprit belliqueux I était loin d'avoir disparu. En 1775 et en iSia^ Kjm vieux sang se réveilla. Les Canadiens, récon- ■L^iliés avec le nouveau régime par quelques, ■^concessions opportunes, se battirent pour Kleurs vainqueurs, luttèrent pour maintenir lieur allégeance à la Grande-Bretagne.

E Puis la lutte lui, porlée sur un autre ■'terrain. L'ardeur belliqueuse de nos pères se ■:dépensa dans une agitation constitutionnelle» ■4Bt parfois exira-conslilutionnelle, en vue d'ob- Étenir de plus amples libertés et l'égalité de L^oits avec les Anglais qui s'étaient établis. Bwrês de nous et avaient peuplé les autres pro- Krinces du Dominion.

m Naturellement, le gouvernement impériai Pis' avait et ne pouvait avoir d'autre but que de

lésion sa nouvelle conquête et de lui donner satisfaction, si possible. Mais les fonctionnaires qui arrivaient dans le pays conquis formaient souvent un obstacle à l'accomplissement des désirs du cabinet de Saint-James.

L'Angleterre ne nous a pas traités plus mal, du reste, que ses propres colonies d'Amérique.

• La crainte d'un soulèvement, à la veille de la déclaration d'indépendance des Etats-Unis, nous a valu une première concession en i774« Dès cette époque, les Canadiens comprirent qu'une nouvelle perspective s'ouvrait à eux, et c'est d'alors que date cette fièvre politique intense à laquelle nous devons beaucoup des biens dont nous jouissons, mais aussi beaucoup des maux dont nous souffrons.

Plusieurs générations des fils des vaincus de 1760 ont fourni d'ardents patriotes, qui ont défendu nos droits menacés dans l'arène parlementaire. Les uns furent des orateurs brillants, les autres des hommes d'état tenaces, et, autour d'eux, se groupèrent toutes les forces militantes de notre peuple. En 1887, une rébellion promptement réprimée ajouta quelques centaines de noms nouveaux au martyrologe canadien-français.

• Pendant toute la durée de ces luttes parle-

Fmentaires, depuis la conquête jusqu'à la coii' |fédératiori(en 1867), notre développement éco- I nomique a suivi un cours normal. Il n'a pas' I été aussi rapidî que celui de nos voisins et de [nos compatriotes anglais, mais cela s'explique^ I aisément. La conquête a laissé les Canadiens I au nombre seulement de 65,000, ions ne < I naissant que trois industries : la chasse, lë fccommerce des pelleteries, qui, sous la domi- ^nation française, ne se faisait qu'avec les com- I missaires du gouvernement; et l'agriculture Kd'aprés des méthodes primitives. Ils n'avaiea'

■ pas de capitaux pour lancer de grandes entrtî I, prises. L'ère industrielle, au surplus, n'était I pas encore inaugurée. Les Anglais, enOn^ relaient maîtres du gouvernement et de tous vies postes administrafirs. Le mouvcmiint com-^ •mercial qui existait entre la Grande-Bretagnji Eet les colonies voisines, restées anglaises

■ encore pendant quinze ans, s'étendit ■.Canada, mais les intermédiaires des échangea l-ne pouvaient être que des Anglais; car tout

■ favorisait ces derniers : la communauté de I9 I langue, la connaissance des marchés et deaî I habitudes du commerce britannique, enfin lâ I sympathie et la protection des leurs. r C'est ainsi que le commerce d'imporlabioiï' I et d'exportation a été tout d'abord accaparé I par nos compatriotes venus de la Grande-*

le même pour l'exploîtation de nos richesses naturelles : bois de construction, mines houillères, etc., à laquelle le manque de capitaux nous empêchait de nous livrer.

Pendant que nos frères de l'Acadie étaient dispersés sans ressources par tout le continent américain, et que le gouvernement français, débiteur des colons de la Nouvelle- France pour une somme de huit millions de dollars (4o.ooo.ooo fr,), les abandonnait sans s'acquitter envers eux, le gouvernement anglais distribuait quinze millions aux loyalistes américains qui s'étaient réfugiés au Canada après la guerre de l'Indépendance, « Tout étant désormais perdu, dit Garneau (i), les Canadiens avalent repris tristement le chemin de leurs foyers. Décidément ruinés par cette longue guerre, Ils venaient de perdre leur dernière espérance, en apprenant que non-seulement II ne leur arriverait aucun secours de France, mais que le trésor du royaume était Incapable, pour le moment, de payer les avances qu^lls avalent faites au gouvernement. Cette nouvelle fut un coup de foudre pour ces malheureux à qui ron devait plus de quarante millions de francs; Il y en avait à peine un qui

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