‹ L'avenir du peuple canadien-françaisChapitre 16 sur 61 · I. Histoire du Canada · texte numérisé non relu

I. Histoire du Canada

L AVENia DU PEIPLE CANADIEN-FRANÇAIS

u'était pas créancier de l'Etat. Ils ont lo sacrifié, écrivait M. de Lévis, pour In coi serualio/i du Canada. Ils se trouvent actite I lemeat ruinés, saits ressources. Des

cliaiids et des officiers de l'armée anglaii ' achetèrent plus tard, à vil prix, une part de ces créances. » Les Canadiens perdirei ; jiresque tout.

EaGn les Anglais avaient sur nos ancêtre

cet avantage. Ils arrivaifiil, fiers et désireii

de s'enrichir dans un pays conquis par leui

armes, où ils étaient assurés de toutes II

jïroteclions, où le néyocianl entreprenant i

mallieurcux pouvait avec cerlilude, compta

sur une charge qui riudumniscrait de se

L perles. Ils trouvaient noire peuple dans ce

I élat d'énervement et de prostration qui suit le

' grandes catastrophes, les malheurs considéré

F comme irréparables : peuple haï', maltraité (

I opprimé.

Dans ces circonstances, quoi d'étonnant!

f jce que nous soyons moins riches que le [ Anglais ? II ne pouvait en être autrement. ', F faut reconnaître cependant que de vrais cul

livateurs sont venus d'Ecosse et d'Angleterre/

' ^uî ont su tirer de leurs terres un meilleur

parti que nous, et appliquer des méthodes

meilleures, que nous leur avons, en partie»

empruntées depuis.

Les Anglais élant, avant toul, uii peuple de commerçants, se sont, dès la première heure emparés du commerce et ont yardé leur conquête : Armés de riches capitaux, ils ont fondé les maisons les plus considérables et les plus prospères. En dépit de tous ces désavantages originels, nous avons, peu à peu, cependant, pris notre part dans la vie commerciale et industrielle du pays ; nous avons contribué et nous contribuons, dans une large mesure, à Bon extension, si le plus clair des profits n'est 'pas toujours pour nous.

On se plaît souvent à comparer le développement matériel si rapide de nos voisins des Etats-Unis, l'accroissement vertigineux de leur population avec les progrès plus modestes réalisés par les Canadiens, et l'on en conclut trop hâtivement d'ordinaire à la supériorité des premiers. Sans doute, ils doivent beaucoup à leur esprit d'initiative, à leur entente des affaires, à leur patriotisme éclairé et pratique, mais plusieurs circonstances spéciales les ont favorisés.

Le fait que les Elats-Unis renferment une grande variété de climats et de productions, qu'ils peuvent à la rigueur, se passer de l'étranger et entretenir un commerce intérieur florissant, leur donne, toul d'abord, un grand avantage sur nous. Forcés par leuï twçVoxt

L AVEKIH DL- PEUPLE CANADIEX-FRAXÇAIS

avec l'Anglclerre et les difficullès de la uavi-J galion, au temps des guerres de Napoléon, dé] construire des fabriques et des usines, leç' Américains ont fait di; leur République grand Etat industriel et 0)it attiré chez en conséquence, le flot de l'inungration péenue. Les indigents, que la misère et la pauvreté forcent à s'expatrier ne peuvent s'occu-' per d'établissements agricoles, et ils vont, en mettant le pied sur le sol élranger, demander du travail aux chefs d'industrie. Ainsi les . Etats-Unis se peuplèrent rapidement d'émiijranls qui se sorti mis, d'abord, au seroicB: des anciens propriélaires du sol. Les émigrants venus au Canada, à la laveur des privilèries accordés par le gouvernement anglais, sont arrivés avec l'intenlion d'être les maîtres des anciens propriélaires du sol.

Il est intéressant d'étudier dans ses premières phases la croissance de la prospérité chez nos voisins et de se rendre compte dfti la manière dont ils ont su tirer parti des cir-' constances. A la fui du siècle damier, alors' que l'émigration ne se faisait encore que sur une faible échelle, la situation économique, éducative et sociale des anciennes colonies anglaises différait assez peu de la nôtre; si ce n'est que les habitudes d'économie et. d'épargne étaient plus répandues, dans les

cLissos rurales, choz les Américains que chez lea Canadiens, et que les premiers possédaient plusieurs villes dont le commerce était florissant.

J'emprunte le tableau qui suit à l'un des principaux historiens des Etals-L'nis, M. Macmaster (i) :

« Lea champs étaient mal clos, les granges petites et d'apparence misérable. Le cultiva' teur du Massachusetts labourait sa terre avec une charrue en bois, tratnée par des ■bœufs, semait son grain à la volée, le fauchait avec une faula; lorsqu'il était mûr, et le battait avec un fléau sur faire de sa grange. Sa maison ne portait aucune trace ■de peinture; le parquet en était nu. lorsque la nuit venait, il s'éclairait de quelques chandelles de fabrication domestique. Sa nourriture, de l'espèce la plus simple, était servie dans les plats les plus grossiers, et mangée avec les plus grossiers ustensiles. Du bœuf et du porc, du poisson salé, des pommes sèches et des légumes complétaient son menu quotidien, d'un bout de l'année à l'autre ; son pain était fait de farine d'orge et de mais et pas toujours bien cuit.

Pour le service religieux, le jour du sab~ bat et, dans lesgrandes occasions, lasemaine,

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