‹ L'avenir du peuple canadien-françaisChapitre 17 sur 61 · I. Bitlori/ of the L'nited States, pp. lo et suiv · texte numérisé non relu

I. Bitlori/ of the L'nited States, pp. lo et suiv

I 5^ ■■ AVEMR DU PEUPLE CAXADIEX-FR.VNÇAIS

I il avait un complet de ffrosse étoffe qui lai { durait sa vie entière et qui, peu e/idommagi 1 far l'usage, devenait finalement, avec ses bes^ I tiauir et sa ferme, la propriété de son fils, \ Le ve'tement que ses voisins lui voyaient i habituellement porter, lorsqu'il conduisait la I charrue, soignait son b'iail, ou sommeillait I /devant la cheminée, pendant que sa fille [ Abiffail nu Comfort lui lisait un sermon d'Ed*- \ wards, était en tirelaine, filé et tissé à la, [ maison. La somme qu'un fermier de la Noti*- [ velle~Angleterre dépensait dans ces temps^ ' là, pour lui-même, sa femme et ses dotise oa r treize enfants, était ridiculement petite. b Ses lectures étaient peu variées et se borl naient en général aux livres qui se trou-' f vaient, par hasard, dans la malle du col- V, porteur. Des Journaux il en voijail rarementf L A moins qu'ils ne lui arrivassent servant I envelopper quelque paquet, mais sa curiosité

l y suppléait amplement. Sn politi-

Y ^ue, c'était un ferme patriote ; en religion, un t eongrégationaliste. Ni ses opinions politiques^ i ni sa manière de voir sur les questions se 1r rapportant au péché originel, n'étaient la f résultat de longues et patientes réfiexions, I // était zélé dans la cause des États, non pas \ parce qu'il considérait l'impôt sans la repré^ sentation comme injuste, ou la loi du timbre

lijùej niais parce que les hommes quUl regardait comme ses supérieurs étaient patriotes, et parce qu^il croyait que le roi d^Aagleterre avait sérieusement Viatetdion de faire de r Eglise établie dans le royaume^ la religion de r Amérique. Il était congr^ga-" iionaliste parce que son père et son grande père avaient appartenu à cette confession avant lui.

L'école se tenait alors, pendant deux mois de rété et deux mois de Vhiver, dans d% petites maisons badigeonnées en rouge ; il y avait un instituteur pour r hiver et une institua trice pour Vété. L école était fréquentée, Vhi^^ ver par les garçons, et Pété par les filles. Le maître d'école demeurait en général, chez les pareuts de ses élèves et proportionnait la durée de son éjour chez chacun d'eux au nombre des enfants qui fréquentaient V école. Son travail quotidien consistait à enseig/ter aux enfants à lire assez couramment, à écrire lisiblement, à épeler avec quelque respect des règles de l'orthographe et à apprendre suffi-samment l'arithmétique pour pouvoir calculer r intérêt d'une dette, tenir les comptes de la. famille et faire la monnaie dans une boutique*

Quelque primitif que fût le système sco^ laire dans la Nouvelles-Angleterre, il était incomparablement supérieur à tout ce qu'oa

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pouvait trouver dans aucune autre partie da I paijs. Dans l'État de New-York et dans la [ Pensylvanie, il n'y avait pas d'écoles, en, ] dehors des villages et des villes. Dans les \ ' Étals da Sud, l'éducation était presque lota^ t tement négligée ».

" Lors de la révolution, les États du Sud étaient | plus peuplés que ceux du Nord. Les cinq Etals de la Virginie, du MaryJand, des deux Carolines et de la Géorgie comprenaient presque la moitié de la population anglaise de l'Amérique.

« Celui qui voudrait étudier l'histoire de . ce temps dans les journaux d'alors cherche^ j Fait longtemps pour trouver peu de choses. Il lirait de nombreuses colonnes sur le péché I ■ de la paresse, sur l'importance de l'économie, | sur la perversion de la méchante femme dont ' les pieds prennent racine dans l'enfer; mais . rien ou presque rien sur les questions les , plus excitantes et les événements les plus i importants de cette époque.

« 0(1 l'on trouve maintenant des villes ^ opulentes, il n'y avait alors que de misérables hameaux. La condition des manu faclares était pitoyable. Les femmes filaient elles-mêmes leur laine et leur coton, et c'était considéré comme an complément d'éducation pour une demoiselle que de savoir bien filer.

Il y avait dans la Virginie et la Géorgie

an hon nombre de familles opulentes. La plu" part se sont éteintes depuis lors, et celles qui ont suroécu aux ravages du temps ne rappellent que faiblement l'ancienne grandeur de leurs ancêtres.

« Cependant, grâce aux conditions favo^ râbles du climat et du sol, l'agriculture était florissante, et la population et la richesse augmentaient rapidement dans les Etats situés au sud de la Virginie...

Boston avait alors quinte mille âmes; une partie de la ville était bien bâtie ; les maisons étaient confortables et les rues bien entretenues. Dans la partie ancienne, les mai' sons étaient pauvres et sales, construites entièrement en bois, avec leurs auvents en planches brutes et leurs toits de bardeaux, surmontés de vilaines balustrades en bois, entre lesquelles, les jours de lessive, les cke~ mises et les Jupons flottaient au vent,

« Les villes de l'intérieur étaient pauvres et sales, mais celles qui étaient situées au bord de la mer, entre Portsmouth et New-Lort* don, étaient populeuses et florissantes. Leur situation riveraine en avait fait des ports de commerce et des entrepôts de pèche importants. Avant l'indépendance, elles avaient fait un grand commerce de contrebande avec les colonies françaises et espagnoles ».

i gU L AVENIR DU PEUPLE C A. N A Dl EN-FRANÇAIS

I En effet, malyré les restrictions imposées au V commerce, les uéyociaiits américains faisaient l de la contrebande jusqu'en Porluyal, eu Espa- I gne et môme en Orient. D'un autre cOlé, l'An-^ Igleterre, produisantpeude céréales, en irapor- ' rtait de ses colonies, de serre que, jusqu'à la f guerre de l'indépendance, celles-ci eurent li E 'jours un excellent marché pour leurs produits F agricoles.

I On sait qu'après la guerre, cependant, la { I situation des États-Unis fut durant quelques Puînées très critique, et que la jeune Républi- F:^ue se trouva même dans l'impossiLililé de f taire honneur aux engayemenls qu'elle avait [ eontractés vis-à-vis de ses créanciers, en l-Europe. A partir de 1791, jusqu'en 1805, les r produits américains obtinrent des prix très élc- [ vés sur les marchés étrangers, puis on employa , la richesse créée par l'agriculture à la cons- ' truc lion de fabriques et d'usines dont on sen- [ tait vivement la nécessité depuis la ruplure [ avec l'Angleterre, « Stimulées, dit l'histunea y (fue Je viens de citer, par mie rèuaion de cir— y constances excessivement favorables : Vem- \ r barffo, la loi de noa-importalion, les ordres : [ en conseil, les décrets de Napoléon, les pri- - •

mes, les offres d^ exemption d'impôts, le» I résolutions solennelles des législatures et lea i engagements solennels, pris parla poptdationt

^c /^employer que des marcbandisô» américaiinés, les manu factures commencèrent à prospérer, des moulins, des fabriques, des ateliersy des fonderies, des corderies s'élevèrent dan», toutes les parties du pays, du Maine jusqu'à Louiteoille »,

Ce progrès industriel eut pour résultat, comme je l'ai dit, d'attirer des émigranisqui devinrent les ouvriers de ces fabriques. Le mouvement de l'émigration ne s'est pas ralenti depuis lors; le capital et le travail n'ont jamais fait défaut; le gouvernement de l'Union a au faire de bonne politique économique, et les ressources du paya ont été rapidement mises en exploitation.

Jusqu'à 1 867,rhîstoire économique duCaneda, surtout en ce qui concerne les Canadiens français, a été absolument subordonnée à son histoire politique. Nos pères, tout entiers à leurs réclamations constitutionnelles, à la vin-^ dicte de leurs droits violés ou menacés, ont moins songé que les Anglo-Saxons à tirer parti des avantages matériels qu'offre notre pays. D'ailleurs, manquant de capitaux, ils n'auraient pu, tout au plus, que prendre une part plus grande dans le commerce local. Coupés de tous rapports avec la France ; tenui en suspicion, pendant les guerres de Napoléon, par les Anglais, qui, eu outre, étaient

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JaIoux de monopoliser tout le commerce d&l

•■ transport ; sans navires et Jtors d'élat d'eiil

acheter, il est naturel qu'ils n'aient pas songera

au commerce extérieur.

Lorsque la loi de non-importation fut votéffl aux Etals-Uiiis, quelques années après la guerre de l'indépendance, un grand commerce intérieur se développa dans ce pays, mais comme les difficultés de transport étaient très | grandes, les Etats avoisinant le Canada durent 4 chercherun marché pour leurs produits à Québec et à Montréal. Naturellement, cefurent les Anglais établis au Canada dans le but unique d'y faire du commerce qui profitèrent de cette aubaine. La moitié du commerce de fourrures j du Nord-Ouest et tous les produits du Vermont et des comtés du nord de l'Etat de New- York, jusqu'au Niagara, se concentraient àMontréal, d'oii ils étaient expédiés en Angleterre. Les marchandises anglaises étaient admises en franchise au Canada et de là prenaient la route des Etats américains limitrophes. Les Canadiens-français étaient exclus de ce commerce, par la force des choses ; mais ils en bénéficiaient cependant, car les produits de leurs terres atteignaient des prix plus élevés, J Ils jouirent d'ailleurs, après la conquête, d'unefl plus grande prospérité; qu'en aucun temps deÊ la domination française. ]

ts du cîté matériel, ou, danstous les cas, ne s'en préoccupant yuère, ils ne songèrent qu'à se faire une part plus importante dans l'administration et le gouvernement, et ils mirent d'autant plus d'ardeur dans leurs revendications qu'ils se heurtaient à plus d'obstacles. Je lis ce qui suit dans une pétition adressée par les Canadiens-français au prince-régent, en i8i4 :

« Chaque fois que les Canadiens encouragés par Vidée de leur constitution ont essayé d^ en jouir, ils ont été terrassés^ comme opposés au gouvernement ; ils ont encore le cœur brisé des traitements qu'ils ont éprouvés sous le gouverneur précédent. Il leur semble être le jouet d'une contradiction étrange^ comme si, d'un côté, une constitution leur eut été donnée, sans doute, pour en Jouir, et que, de l'autre, il eût été placé un gouvernement exprès pour les en empêcher, »

Pendant toute cette période de luttes parlementaires, la vie municipale s'est organisée sur des bases très libérales. Des écoles ont été établies partout. Dès i83i, sur loo.ooo enfants pouvant participer à l'instruction primaire, 45«2o3 fréquentaient ces écoles. Des établissements d'éducation secondaire furent dés, et bientôt ils distribuèrent dans les fouvilles et les villages les médecins, les notai-

L 60 l'avemr du peuple casadien-français IplPeB, les avocats, considérés comme nécessaiïres dans tout orgaaismi; social dont les roual'çes commenceul à 3e compliquer.

I " Ainsi donc, de 1763 à 1867, le pL'uple I Canadien-français n'a pas d'histoire économi— i que proprement dite. Le défrichement des I terres s'est étendu dans des proportions très I satisfaisantes ; de nouveaux cantons ont été F Ouverts à la colonisation; quelques industries Liocales se sont fondées.

I L'instruction primaire s'est répandue et est

■ devenue à peu près universelle. Nous avons I obtenu loutcs les libertés possibles. La vie l rurale et urbaine s'est constituée sur les bases E les plus cordiales qui se puissent imaginer.

■ En un mot^ 65,000 soldats, friands d'expèdi— Etions, d'aventures et de batailles, se sonttrans- L formés en un million de citoyens paisibles^ I aimant leurs foyers, atlachés à leur religion, l à leur langue ; heureux de vivre, gais et con—

Bsents.

■ ' A ce dernier point de vue, nous n'avons F pas cbangé non plus depuis vingt-cinq ans : I La gaieté, la sociabilité semblent être l'élément I naturel de nos compatriotes. Les rapports entre r tous sont courlois, sympathiques, pleins de cor- I dialité; il est probable qu'il s'épanouit plus de I jolis sourires et qu'il retentit plus d'éclala f de franche gaieté dans la seule province de

m¥ qbèedanÉ tout le reste du continent américain.

Au moment où nos vainqueurs célébraient le centenaire de la conquête, le Canada, grâce surtout à un traité de réciprocité commerciale, conclu avec le gouvernement de Washington, jouissait d'une prospérité jusqu^alors sans exemple dans notre histoire. Il l'emportait même sur les Etats-Unis.

De 1850 à 1860, la population du Canada s'est accrue de 40.87 pour 100, pendant que celle des Etats-Unis n'a obtenu qu'une augmentation de 35-58 pour 100. En 1860, la terre arable était évaluée au Canada, à 20.87 dollars l'arpent (frcs 104.35) et aux Etats- Unis à 16.32. Le rendement des fermes, le progrès du défrichement, la valeur du bétail et des instruments* aratoires servant à l'exploitation de ces fermes ont été également plus considérables, pendant cette période décennale, chez nous que chez nos voisins. A l'époque où nous avons obtenu de l'Angleterre notre constitution définitive, nous étions le peuple le plus prospère du monde.

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