I. Nos hlsloricns sonl
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reiix. Citons Garncau, l'nblii
FerUnd, Mgr Tangiisy,
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B. Sulle, l'ulibc Casgraiii
J. T»SBé, FsucLcr de Sai
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iGo l'avenir du PÏIPLE CANADIEN-FRANÇAIS
porte à la culture intellectuelle ! Que sont-ils devenug? Politiciens et employés...
Cette élégie sur les génies jetés en dehors de leur voie, sur les fleurs dont la destinée est de s'épanouir loin des regards, n'est pas nouvelle, je le sais. Il est peu de villages où quelque vieillard ne vous dira ; « Moi aussi, Monsieur, j'étais poète ! » « Moi aussi j'étais peintre 1 » Mais dans notre pays, cette quasi-impuissance de produire qui résulte des difficultés de la langue, de l'absence des hautes écoles, de la rareté des livres, de l'indifférence générale à toute question un peu élevée, du politiquage à outrance et de l'invasion progressive de l'esprit américain, nul ne peut la nier; elle est d'une évidence absolue.
Vers 18G0, un certain mouvement intellectuel, qui s'est continué pendant quelques quinze ans, a pris naissance dans la province de Québec. Un journal hebdomadaire illustré « /'0/>^nio/i publitjue » devint le porte-parole des aspirants littéraires d'alors. On s'occupait beaucoup d'esthétique, on lisait, on se renseignait; beaucoup de poules étaient éclos, des romanciers, des historiens surtout. Les vers n'étaient pas toujours d.; coupe orthodoxe, manquaient parfois d'originalité; la prose n'était pas toujours suffisamment châtiée; mais on travaillait, et c'était l'essentiel. Un bon nom-
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bre de romans ont été publiés pendant celte période et pendant la décade précédente; beaucoup de travaux historiques ont vu le jour ; plusieurs recueils de vers se sont offerts à Padmiration bienveillante de nos compatriotes (i).
Comment ce beau mouvement s'est-il arrêté? Je ne sais pas très bien.
La politique a tué un certain nombre de producteurs, d'autres ont disparu pour d'autres causes; quelques-uns, sans doute, lisant les productions d'outre-mer, et frappés, par la comparaison, de leur manque d'études, de l'insuffisance de leur vocabulaire, se sont dit ; « II est trop tard » ! Ce que je constate avec regret, c^est que les vides qui se sont faits dans leurs rangs n^ont pas été remplis. Les jeunes yens d'aujourd'hui, sauf quelques rares exceptions récentes, sont indifférents à tout ce qui n'est pas la politique et paraissent avoir renoncé à la vie de la pensée. Les seuls hommes sur lesquels s'appuie notre nationalité pour affirmer sa vigueur et sa supériorité intellecluelles, ont
X. Parmi nos romanciers, il faut citer A. de Gaspé, G. (Iliaiiveau, Gérin-Lajoie, G. de Boucherville, J. Marmetle, etc. ; parmi les poètes ; G. Crémazie, MM. P. Lemay, L. Poisson, VV. Chapman, etc. D'autres écrivains et publicistcs de valeur sont iMM. Routhier, De Celles, II. Fabre, Beaucjrand, Tarte, Buics, l'abbé Laflamme, T. Chapais, L. G. David, Sylva Clapii), P. Tardivel, etc.
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I tous plus de cinquanic ans et appartieiinenl à fia pléîade doDt j'ai parlé (i).
Je reconnais bien volontiers que l'art du f iribua populaire qui sait faire vibrer l'4me des i I masses et tressaillir leurs nerfs, en leur débî- , F'tfint des lieux-communs sur un rjtbme toni- ' Ttruant et avec des regards enûammés, est ! [ nne force non négligeable. Dieu me garde de Pmédirc du Heu commun; il a certainement fait nrerser plus de douces larmes, fait naître des lémotions plus intenses que les pensées les plus rsublimes! Combien de fois j'ai vu de nos ora- Fleurs politiques se grisant au son de leur , I propre voix, le rouye de l'inspiration aux I joues, l'ardeur du feu sacré dans les yeux, Lfaisant courir de pelits frissons dans les veines f.de leurs auditeurs qui les acclamaient avec , T/rénésie 1 La phrase évocatrice des saints ' r«uthousiasmes avait pourtant été lue des milkliers de fois dans les journaux pur ces mêmes I auditeurs. Certes, en des jours de crise ou i 1 d'affaissemeut national, l'éloquence populaire i [pourrait devenir un instrument de salut. En j I temps ordinaire, cet art me paraît inférieur, I
i.MM. Frci'ticlle, Laurier, Sullc, Hnurliier, Tiissé, MgrA (Tangua/, l'abbé Casgrain et tous les liisloricns cl bonuncK ds J lettres dont j'ai mcntioiiar' les noms dans les noies des parfesil
rtoidcnlea, moins trois pcii'-i^lre, ont plus de finijiianlc au ■Gu derniers oiit plus de riuoronie.
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au point de vue de rutilité de ses résultats, à celui de Tacteur qui lui, au moins, se fait souvent l'interprète de hautes pensées exprimées dans un langage harmonieux et leur prête tout le charme d'une diction parfaite.
Il est certains orateurs de foules, apôtres mus par une pensée religieuse ou philantropique, dont la parole sincère et enthousiaste est quelquefois profitable. Les officiers de l'Armée du Salut, en Angleterre, qui péroren* sur les places publiques, ou les champions de la cause socialiste qui, durant les après-mid* dominicales, prêchent au Hyde-Park l'évangile du siècle prochain, ont pu, souveit, faire germer quelques bonnes pensées. Qu'est-il résulté, depuis vingt-cinq ans, de tous les speechs prononcés dans la province de Québec?
Notre tribun, dont la mémoire ne s'orne guère que de la liste des méfaits de ses adversaires, trésor mnémonique qui grossit d'année en année, et du compte des bienfaits de son parti, le tout recouvert de quelques vieilles fleurs de rhétorique, se meut exclusivement dans le cercle étroit des intérêts de coterie et de faction. Il cherche à soulever l'indignation pubLque contre ce misérable X..., qui a reçu nombre de pots de vin, contre cet ignoble Z..., qui s'est livré dans son comté, aune
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corruption éhontée ; il s'efforce d'exciter l'enthousiasme de ses partisans en leur déclarant qu'une victoire glorieuse leur est, d'ores et déjà, assurée... Les années, les lustres, les décades se passent; tout ce bruit de rivalités et de vanités locales éclate, tonne, hurle l'envie, l'intolérance; et notre nationalité se fait plus humble, notre pays devient moins prospère. Ainsi se consume l'activité intellectuelle de la plupart des jeunes gens bien doués de la présente génération.
La renaissance ne me paraît désormais possible qu'avec un encouragement pratique donné aux hautes études et la création de chaires d'enseignement supérieur.
La science prend, chaque jour, une part plus large dans la vie des esprits ; l'art, la poésie, tous les genres de travaux littéraires sont ses humbles esclaves et personne aujourd'hui ne peut produire, s'il n'a longtemps étudié, approfondi et comparé.
La science se spécialise de plus en plus et, par là-méme, gagne en profondeur et en éten-
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due. Nul ne p^ut, eûî-il un ijénîe piiissant, ajouter quoi que ce soit de neuf et d'utile à l'ensemble des travaux humains, en aucun champ de production, s'il ne s'est familiarisé d'avance, au moyen de lomjues études, avec l'œuvre de ses devanciers. Autrement, il courra le risque de se rencontrer avec quelques beaux esprits du passé et de drcoiirrir un domaine déjà exploré. Il y a peu d'idées neuves, et ce n'est qu'après s'être assimilé tout ce qui a été dit et écrit sur un sujet doimé que Ton peut caresser l'espoir de trouver soi-même quelque chose d'inédit et par conséquent d'utile.
La conception de l'art varie, se renouvelle, se modifie avec la marche du temps, et il faut ôtre au courant de ces modifications pour, trouver la note juste qui fera vibrer dans les âmes le sens de la beauté, qui éveillera le genre d'émotions particulier dont chaque génération est susceptible.
Peut-être qu'après de longues méditations, M. L..., publiciste canadien, aura réussi à formuler quelque grande vérité économique. On n'a pas dû penser cela avant moi, se dit-il, et il est très fier de sa trouvaille. Or, s'il avait lu Adam Smith, J.-B. Say, John, S. Mill ou Leroy-Beaulieu, il aurait constaté peut-être que cette vérité était depuis longtemps découverte.
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En étudiant les raisonnements et les faits exposés par les maîtres, il aurait pu, soit qu'il approuvât leurs conclusions, soit qu'il les repoussât, déduire de leurs théories quelques conséquences nouvelles, en faire quelque application ingénieuse. Et cela sans qu'il lui en coûtât plus de travail.
En thèse générale, la culture intellectuelle est un devoir sacré; Jésus-Christ lui-même Ta proclamé ; Qu'on se rappelle la parabole des talents ; « // fallait^ toi aussi, faire valoir mon argent, dit le maître au serviteur (jui lui a rapporté le talent qu'ail a reçu. (Ju^o.i lui enlève son talent et qu^on le donne à celui qui en a dix ! »
Les intelligences devraient être cultivées comme le sol; pour obtenir le développement Méal d'un pays et d'une nation, il ne faudrait laisser inculte ni une parcelle de terrain, ni une âme de villageois.
« Par le développement de la civilisa tion, dit M. Alfred Feuillée (i), chaque homme vit davantajCj non seulement de sa vie propre, mais encore de la vie commune; le pro~ f/ràs a deux cfff^ts simultaiés qu^on a cru d'abord contraires et qui sont réellement inséparables : accroissement de la vie indi^