‹ L'avenir du peuple canadien-françaisChapitre 29 sur 61 · I . « Zrt science sociale contempovjine », introd · texte numérisé non relu

I . « Zrt science sociale contempovjine », introd

Wue/le cl accroissement (h lu < Il faut surlout, comme je l'ai dit ailleurs, que ceux qui inarclient à la fCle d'une iialiou et 86 chargent de la guider, soieut eu élat de voir haut et loin. Les hommes qui dans uu pays constituent une élite inteik'cluclle et perpétuent ses traditions de cullure ne sont pas tous des poêles, des savants, des arlistes. Mais ce sont des connaisseurs et des lettrés. Quelques-uns produisent des œuvres d'art, les autres savent apprécier ces productions et ils en favorisent l'éclosion par l'almosplière intellectuelle élevée qu'ils entreliennenl : « Comprendre, c'est étfaler », disitit najihaël « Nous sommes tons poètes, quand nous tisons bien un poème » ( i ). Il existe rarement des écrivains ou des artistes en dehors d'un centre éclairé qui sache les apprécier et les comprendre.

Il reste encore, dans la province de Québec, quelques esprits privilcjpés qui, maiijré les circonstances défavorables, ont jiu s'élever à une certaine hauteur, mais celte élite nombreuse qne l'un rencontre à Genève, à Zuricli, à lïruxcUes, à Edimbourg, à Ciiristiania, ù Copenhague, pour ne parler que des capitales de petits Etats, a'cxiste pas encore dans le Canada français.

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Un temps viendra peut-être, bien que cela ne me paraisse nullement probable, où les historiens et les sociologues, les hommes politiques et les publicistes, auront pour juger les nations un critérium différent de celui qui a toujours prévalu.

Le peuple qui attirera leurs éloges sera alors le petit peuple humble, primitif, qui aura presque inconsciemment résolu le problème du l)onheur et qui aura contribué au grand œuvre, humain, en réalisant cette part enviable : la plus grande somme de désirs modestes satisfaits, la paix, le calme, les relations sociales aimables, Tégalilé aussi parfaite qu'elle peut l'être, le travail obligatoire pour tous. Nous nous rapprochons, à plusieurs point de vue, de cet idéal. Mais aujourd'hui, on ne juge un peuple que sur ce qu'il a créé, sur sa contribution au progrès économique et intellectuel du monde. Procédant de la méthode de leurs ahiés, les historiens d'aujourd'hui ne savent voir encore que les côtés brillants des nations, ils passent devant les vertus modestes pour aller porter leurs hommages au génie, à la fierté, à la haute culture.

Les exemples ne manquent pas, dans l'histoire de l'antiquité, de villes qui ont échappé au pillage et à l'incendie parce qu'elles étaient ou avaient été la patrie d'un grand poète, d'un

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rjrand philosophe ou d'un savant illustre. Nous n'avons guère changé. De nos jours, les petits peuples qui peuvent se glorifier de posséder des hommes éminents ont acquis à l'autonomie, à la vie nationale, des droits sî puissants si sacrés, qu'une nation conquérante ne pour* rail les leur contester sans exciter, en dehors (le toute raison politique, une iiidiijnalion universelle. La Suède-Xorvège, patrie d'Ibsen et de BJœrnson, la Suisse qui, dans ce siècle, a ajouté au livre d'or de l'iiumanité les noms de Mme di Staël, de Candolle, de Sîsmindi, de Gottfried Kcller, de Bluntschli et de tant d'autres, ont payé leur droit d'entrée au cercle des nations de haute civilisation. L'immense Hussie, que l'Europe dédaigneuse repoussait parmi les nations asiatiques et qu'elle appelait barbare, a conquis une place lionorable dans la vie du conlinent, et cela malgré l'autocratie rétrograde de son gouvernement, sans doute un peu parce qu'elle peut mettre eu campagne une armée de plusieurs millions de soldats, mais aussi et surtout parce qu'elle est la patrie de Tourgueneff, de Gogol, de Pouchkine, de Dostoïevski, de Tolstoï', etc. Seuls les barbares ne se sont pas inclinés devant le prestige de la gloire, ne se sont pas agenouillés devant la majesté du yénie bieulaisant.

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En 1871, lors du siège de Paris, TAngleterre est intervenue pour empêcher le bombardement, non pas parce que la vie de femmes et d'enfants sans défense était exposée, — c'est une des fatalités de la guerre — mais parce que des obus auraient pu détériorer quelques-uns des chefs-d'œuvre artistiques dont la ville-lumière est remplie, démolir un musée, renverser des monuments. La voix de l'art, plus forte que celle de la pitié, a fait taire les canons et conjuré la mort.

Chaque grand homme, dont le nom peut réunir dans une même pensée de fierté et de reconnaissance les âmes des citoyens de tout un peuple, est un rempart puissant qui protège la vie nationale de ce peuple.

« Si l'on nous demandait, dit Carlisle (/) : Que préférerieZ'Vous abandonner, vous Ang lais, voire empire des Indes ou votre Shakespeare ; aimeriez-vous mieux n^ avoir jamais eu de Shakespeare, ou n'avoir jamais eu d^ empire des Indes?

En vérité, ce serait-là une grave question, et les personnages officiels répondraient sans doute en langage officiel; mais nous, ne serions-nous pas aussi forcés de répondre : Avec ou sa/ts r empire des Indes, nous ne

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