French and English
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qu'un Anfffafs pn^^r.i* de lui-même peu de biens, il se df'Iecte d(un In pensée de ceux du lord voisin ». I/aufciir cite cette spirituelle charge (le Du Manrier clans « Punch », qu'il m'est impossible de traduire dans sa naïve énergie.
« l^n Anrfidis se promène avec un Français au Flifde-Parh et e,rhale dans les termes suivants sa pwision pour r inégalité.
Il vous est bien jïcnnis à vous^ Afossoo^ de vous mo(/uer de vos gueux de comtes et de baron'-.! Mais vous ne trouverez rien à redire sur le com/)te de notre noblesse. Montres-moi par exemple un homme comme notre duc de liaiistvater! (Umiment! Mais il pourrait acheter vos pri/tres et vos ducs étrangers à la douzaine ! Et (luant à vous et à moi^ nous ne com/)t(f/t\' que r(mime autant d'ordures sous ses jiinh! Hé bien, voilà ce que J'appelle un ge/ifilhn/nmCy voilà une sctrte de noble dont il me semble qu^en ma qualité d'Anglais^ j'ai quelque droit d'être fier! »
Il y a un certain nombre d'années, à une épo([n(* où les journaux anglais se permettaient assez souvent contre nous des insinuations méchantes, des traits perfides que nous ressenlions évidemment plus qu'il ne fallait, un brave citoyen de Moniréal avait pris sur lui de rap[)cler à nos détracteurs ce que nous étions et ce que nous valions. J'aime ces expie-
sions de patriotisme un peu naïves dont nous sommes coutumiers ; Tarticle vengeur en question éfait, probablement, le millième de son espèce, mais il ne faut pas que nous nous lassions de le rééditer ; il en reste toujours quelque chose. Un journaliste anglais pratiqne et sans le moindre fanatisme lui fournit la réplique. Avec un calme léonin tout d'abord, celui-ci concédait, admettait et abondait même dans le sens de son confrère français. Oui, cela était incontestable, nos ancêtres avaient été des héros et avaient laissé partout sur cette terre d'Amériquî' une trace «glorieuse. Certes, la race fran(;aise était une race qui avait fait de grandes choses et à laquelle ^tait échu un beau rôle dans la destinée du monde. Peutêtre, en elVet, avions-nous produit plus d'hommes marquants que les autres provinces du Dominion. Persoime ne contestait notre lovahsme envers la couronne d'Aïujleterre, notre part utili* dans le mouvement é,MHiomique du Ihuninion, nos qualités nationak*s, nos vertus paciH([ues, notre courloisie, etc., etc. Tout cela était admis de la meilleure grâce du monde, comme choses, chi reste, d'une imj)ortance très relativ(\ Mais le patriote canadien-français avait été [)lus loin ; s'appuyant sur le fait réel ou présumé ([ue nous j)ayions une somme d'impôts phis considéjable (jue nos concitoyens
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aiii|lais à la iiiiini;*Ipalilé de Montréal, il avall osé (lire (|ue iiotis étions les plus riches dans la métropole. Oh! pour lors, c'en était trop le journaliste anglais, arrivé c\ cet endroit, avait dû retailler sa honne plume. Il n'était plus ni calme, ni conciliant ; il ne concédait plus, il revendiquait à son tour ; « Vous les plus riches ? Allons donc ! et, î\ la fois indigné et ironifpie, il rappelait les opulentes maisons de conunerce, les institutions financières prospères, les lahricfues, les usines, les compagnies de hateaux A vapeur, les chemins de fer dont les siens étaient propriétaires, directeurs et actioniuiires. Vous les plus riches ? Et il alignait en colonnes serrées les milliers, les centaines de niilliers, les millions de dollars affirmant la puissance de Tindustrie britannique au (lanada. Qu'étions-nous vis-à-vis de ces chilVres avec nos souvenirs héroïques et notre modeste aisance ?Cela n'était pas dit ainsi, mais on comprenait. Bref, Tarticle était irréfutable, bien écrit, spirituel même. Presque tout le monde y trouva son compte ; peu de persoimes du moins s'en sentirent humiliées.
Mais en sera-t-il toujours ainsi? Nous résignerons-nous toujours à cette infériorité si facilement constatée, sans cesse évidente et présente aux yeux : être les plus pauvres. Un jour ne viendra-î-il pas oii, comme nos
voisins, nous mettrons toute notre ambition, toute notre gloire à acquérir de l'or?
Il faut bien le reconnaître, nous n'avons déjà plus la noble fierté de nos ancêtres ; nous avons perdu ce sentiment d'une supériorité incontestée qui inspire nos cousins de France et constitue une si yrande force chez un peuple.
Nous sommes des vaincus sur deux champs de bataille. Par notre première défaite que nous ne regrettons pas, que nous avons le courage d'admettre, nous ne nous sentons aucunement diminués ; nous n'avons été vaincus qu'après une longue série de victoires glorieuses, et nous sommes fiers de notre passé militaire, comme doivent Tètre des fils de soldats. Dans Tauïre lutte qui se continue encore, lutte pacifique, bataille où aucun rang n'est assigné, où chacun peut clioisir ses adversaires, où tous, vainqueurs et vaincus, sont mêlés et confondus : la concurrence pour la fortune, hx lutte pour la richesse, nous avons le dessous.
De fait, nous ne luttons pas race contre race. Anglais contre Français, mais lorsqu'il s'agit de constater la part de l)utin de chacun et de grouper les combattants, pour une statistique ou dans un autre but, c'est sur lu l)ase de l'unité d'orighio et de langue (|ue la division se fait.
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El alors nous nous en rendons compte, les plus (jrands succrs n'ont pas été pour nous. IVaillcurs une simple promenade dans les rues ronnnerrantes de nos villes et la lecture des onseiynes suffit pour nous édifier à ce sujet.
.Ius([u'à présent, comme je l'ai expliqué ailleurs, les eircoustances nous ont l)eaucoup moins favorisés (pie nos compatriotes anrjlais. Il est, en outre, «certaines raisons tenant à nos préju;|és, à nos f[ualités et à nos défauts de race (pii s'opposeront, pendant longtemps encore peul-éhe, à notre prééminence industrielle et connue roia le.
Les AïKjlais, comme ils le déclarent euxmêmes, sont avant tout im peuple de bouti- (pri(M's. — A iKition <tf ahnp keepers — leur puissaïKN» est surtout une puissance industrielle et romnuMciah^ l/An()l(*terre a des comptoirs <lîuis tous les pays du monde, c'est par son conunerce <[u'elle s'est enrichie, et c'est en vue de favoriser st'S intérêts commerciaux (pi'tdle a étendu sa domination sur une grande partie du <|lol)e. Aussi la carrière du négociant, de riionunc* (TalVaires, y est-elle très considérée ; la [)airie est accordée chaque année à qu(d(pie riche maichand de la cité, à quelque opulent armateur de Liverpool ou de Glasgow, à quel([ue brasseur, quelque constructeur de chemin de ter. Lors d'un scandale qui a fait
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grand bruit raniiée dernière et que les journaux ont commenté sous la rubrique « scandale du baccarat », on a vu l'héritier de la couronne d'Anyleterre, le premier gentle-mail de TEmpire, être Tliote d'un marchand millionnaire du nom de Wilson. « Partant de rid(*e qiCil rtest pas convetiable pour un pair d'Angleterre d'être pauvre, dit M, Ilamerton (i), on en eut arrivé à considérer qu'un homme très riche a une sorte de droit à un titre; et lorsque la pairie est conférée à des hommes obscurs^ comme pour les récompenser de s'être enrichis^ la chose parait si naturelle qu'elle n'excite aucun commentaire^ excepté peut^tre de la part de M, Labouchère ».
Dans un de ses plus célèbres romans « The Newcomes », Thackeray nous montre le grand négociant anglais, arrogant, hautain, exclusif, aussi fier de sa maison qui date de plus d'un siècle que le pair du royaume descendant des Normands peut Tètre de ses parchemins et de son blason.
En France, il en est tout autrement ; un négociant parvient difficilement à s'y faire une haute situation sociale, et Ton n'y trouve pas de dvnasties commerciales. Le (irand indus-