‹ L'avenir du peuple canadien-françaisChapitre 60 sur 61 · I. £. Renan. « Qu -est-ce- qu'une nation · texte numérisé non relu

I. £. Renan. « Qu -est-ce- qu'une nation

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l'Étal s'est coiista minent aijranclic. De nos jours cependant, l'Llat consljlue encore une entité un peu tyrannique à laquelle l'individu est saDS cesse appelé à faire de péml)les sacrifices. Ce siècle a vu des conquêtes, des atinexioTis de territoires. Les alTections, les volontés des peuples ont été foulées aux pieds, des fleuves de sang ont coulé, des plaies vives qui saifjnent encore ont été pratiquées au flanc des nations. Dans tout cela, cependant, l'individu n'a obtenu aucun avantaije, la civilisation n'a rien acquis, le progrés n'a rien (jagné. Tout a été fait au nom de l'État tyran, en vue de l'ayrandissement des empires.

L'Eut de l'avenir, tel que j'entrevois l'Union continentale nord-américaine, conservera du passé l'élément de cohésion qui s'appelle communauté d'intérêts et de sympathies, il exclura l'élément force brutale qui sera remplacé par celui de liberté, de liberté absolue (i).

Dans cet Etat ; une agglomération d'hommes ayant des souvenirs communs, des qualités et des aptitudes spéciales, une manière de penser et de sentir particulière, ne représentera plus pour ses voisins une force hostile qui, à un moment donné, peut devenir agressive et

[. « Dans le xJt* siècU, a dit Victor Hugo. U yuerre sera morlc, Ips frontières seront mortea et l'hoiiiinc vivra. » Cela sera certainement vrai pour l'Amérique.

contre laquelle il faut se préparer à entrer en lutte. L'Union américaine, fondée sur la garantie des intérêts communs de ses peuples, saura éviter les hostilités à Textérieur, videra par la voie arbitrale les difficultés internationales et, î\ l'intérieur, laissera aux individus, aux groupes, aux provinces, aux Etats toute la liberté de leurs actes et de leurs aiîections. Elle ne leur demandera que l'observation du pacte fédéral.

« Si la confédération actuelle venait à se briser^ écrivait Tocqueville (i)^ il me parait incontestable que les Etats qui en font partie ne retourneraient pas à leur individualité première. A la place d^une union^ il s* en formerait plusieurs. Je n^ entends point recher^ cher sur quelles bases ces unions viendraient à s^ établir, »

Tout indique aujourd'hui que le lien fédéral subsistera. Rien ne fait prévoir qu'une nouvelle division des Etats puisse un jour devenir nécessaire. Mais si nous interrogeons l'avenir,

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