‹ L'avenir du peuple canadien-français [microforme]Chapitre 10 sur 97 · BH · texte numérisé non relu

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péries du climat et des incursions des Indiens. Leur hisioire est triste, souvent touchante, et l’on ne peut s’empêcher de les plaindre, tout en honorant leurs vertus et leur piété. Songet-on seulement à s’attendrir en lisant l’histoire des souffrances de nos pères ? Les historiens se sont-ils jamais avisés de prendre un ton pathétique en relatant leurs combats, leurs labeurs, leurs fatiques ? Non, car chacun sent qu'il y avait en eux un courage surhumain, une âme supérieure à tous les maux.

L’Anglais est pieux, mais son pasteur n’a pas lesprit de prosélytisme. Le religieux français, au contraire, n’a traversé l’Atlantique que dans le but de gagner des âmes à la foi du Christ, Il pénètre dans les profondeurs de la forêt aussi loin que les plus hardis coureurs des bois; martyr, attaché sur le bûcher, il ne pousse pas une plainte et donne au soldat l'exemple d’un courage invincible,

Champlain, le fondateur de Québec, recevant pour la première fois les envoyés des Hurons, ne croit pouvoir mieux faire que de s’unir à eux pour les aider à vaincre leurs ennemis.

Lorsque, longtemps plus tard, le noble William Penn, le fondateur de Philadelphie, rencontre l'Indien, il l'appelle son frère, lui rappelle que les hommes ne sont pas faits pour s’entretuer, et l’Indien le laisse s'établir en paix.

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Mais l’âme guerrière du Peau-Rouge ne connaît d'autre vertu que le courage et elle donne son affection au Français, à ce civilisé qui sait si bien comprendre la vie du désert'et en partager les fatigues et les joies.

Ainsi les anciens Canadiens surent en même temps conquérir par leur valeur et par la sympathie qu'ils mspirèrent.

Leur vie était semblable à celle des premiers temps de la féodalité, alors que les incursions des Normands tenaient sans cesse sur Île qui-vive, les habitants paisibles de la France et de Allemagne. Mais il n’y eut pas, au Canada, des braves et des forts pour construire des donjons où les plus faibles et les plus timides s’abritaient, abdiquant ainsi peu à peu leur liberté. Nos pères étaient tous éqalement forts, tous également braves, et ils surent tous défendre en héros la terre et la liberté qu'ils voulaient assurer à leurs descendants.

Le développement de la Nouvelle-Angleterre, dit l'historien américain Francis Parkmann (1), & été le résultat des efforts combinés d'une foule de gens industrieux, chacun, dans son cercle étroit, travaillant pour lui-même, tâchant d'acquérir de l’ai-

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