Pioneers of France in the New world. Introd
sance ou de la richesse. L'expansion de la Nouvelle-France a été le fait d’une ambition gigantesque tendant à la conquête d’un continent. L’effort a été vain.
La domination française est un souvenir du passé, et quand nous en évoquons les ombres disparues, elles se lèvent dans leurs tombes, étranges et romanesques appari- {ions ».
Ces seuls faits saillants qui donnent du relief à l’histoire et qui constituent, pour le collégien forcé d'étudier les annales des peuples étrangers ou disparus, comme de fraîches oasis au milieu d’un long désert; ces seuls actes de dévouement, de valeur, d’audace incroyable, qui ont été accomplis en Amérique, l’ont été par des hommes de notre race.
Je ne raconterai pas les expéditions de nos pères, les querres continuelles qu’ils ont soutenves. Leurs ennemis eux-mêmes leur rendent ce témoignage qu’ils se sont couverts de gloire, alors que la gloire consistait à ne jamais reculer, à mépriser le danger, à ignorer ce que c’est que la crainte, à tuer beaucoup d'hommes, à dévaster beaucoup de pays.
L’axe des sociétés s’est déplacé depuis lors ; un idéal plus pur, plus humain, a pénétré dans les cœurs; notre admiration n’appartient plus autant à ceux qui détruisent. L'histoire de
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ces cent cinquante ans de combats épiques, de ces héroïsmes que nous ne comprenons presque plus de nos jours, nous la relisons cependant avec bonheur et chacun de nous tient à n’en ignorer aucun épisode,
C’étaient les luttes séculaires de la France et de l'Angleterre que nous continuions sur ce continent, Les Anglais avaient juré notre destruction, et nos pères défendaient allègrement, et de la meilleure grâce du monde, les terres qu'ils avaient découvertes et les établissements qu’ils avaient fondés.
En outre de la querre continuelle qu’ils avaient à soutenir contre les Anglais, les colons de Ja Nouvelle-France étaient sans cesse exposés aux incursions de leurs farouches ennemis les Iroquois. Jamais, pendant cent cinquante ans, ils n’ont joui d’une période de sécurité absolue, Il n’y avait aucun endroit, en dehors des villes et des forts, où lon ne püût s'attendre d’un moment à l’autre à voir paraîire un parti d’Indiens débouchant d’une embuscade,
Plus d’un laboureur parti pour cultiver son champ, et qui avait oublié ses armes, n’était
jamais revenu, Sa chevelure ornait le wigwam
de quelque guerrier Iroquois ou Algonquin.
« Souvent, dit Garneau (1), les habitants
1, lisloire du Canada.
étatent obligés d'abandonner leurs maisons ou de s’y retrancher. On ne voyait qu'ennemis. La nuit on n'osaït pas ouvrir <a porte, et le Jour on n'allait pas à quatre pas sans avoir son fusil, son épée et son pistolet avec soi. Cet état «2 choses dura plusieurs années. La population diminuaït par Les pertes qu’elle faisait dans les surprises et par cette multitude de petits combats qu'il fallait livrer presque au coin de chaque bois et qui se renouvelatent souvent plusteurs fois par Jour, »
« Les Iroquois s'introduisatent ordinaire ment par bandes. Ils se glissaient dans les Joréts, dans Les ravines, dans les moindres accidents de terrain, derrière les souches, pour attendre les habitants qui travaillaient aux champs. I s’en cachait jusque dans la tête des arbres, autour des maisons, et plusieurs fois, er en surprit, ainsi, qui étatent
en sentinelle pour donner le signal d'attaque |
à leurs camarades restés un peu plus loin, où ils passarent des jouraées entières sans bouger. C'est au milieu de cette lutte et de ces dangers de tous Les instants, que cette belle et grande portion du pays, Montréal, Les Trors- Rivières, maïs surtout Montréal, fut enlevée
à la barbarie et conquise à la civilisation. 8
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Les expéditions militaires et les explorations se faisaient au milieu de difficultés inouïes : l'hiver, sur la neige et la glace, par des froids sibériens ; l’été, sur des fleuves dont le cours était obstrué par des rapides, des rochers, des cascades. On se rendait d’un fleuve à un autre à travers des forêts remplies de moustiques : «Ces endroits, dit le Père Ragueneau (1), s'appellent des portages. Il faut porter sur ses épaules tout le bagage et le navire même pour aller trouver quelque autre fleuve ou pour éviter les brisaas et Les torrents, et souvent il faut faire plusieurs lieues chargés comme des mulets, gravissant sur des montaques, puis descendans avec mille peines et avec mille craintes dans les vallées et parmy des rochers, ou parmi des brossailles qui ne sont connues que des animaux immondes. »
Nombreux étaient les noyés, plus nombreux encore ceux qui tombaient entre les mains des Indiens. La bonne humeur régnait partout cependant, et pendant que les hommes étaient sur le qui-vive, les femmes gracieuses et jolies égayaient le foyer. « Lorsque les Canadiennes travaillent en dedans de leurs maisons, dit