Relations des Jésuites
Kalm (1),elles fredonrent toujours, les jeunes filles surtout, quelques chansons dans lLesquelles les mots amour et cœur reviennent
souvent. »
Cette gaieté inaltérable au milieu du danger
est l’un des traits les plus caractéristiques de l’âme française. Je trouve dans l’histoire de Lescarbot (2) une nage exquise que je ne puis m'empêcher de citer et qui indique d’une manière bien pittoresque de combien peu de sécurité on jouissait à cette époque : Le fils du chef sauvage Pembertow voit le père Biari, jésuite, très malade, ayant perdu son embonpotnt et cela l’inquiète : « Écoute, père, luc dit-il, tu l’en vas mourir, je le devine. Ecris donc à Brencourt et à ton frèreque tu es mort de maladie et que nous ne l’avons pas tué. Je m'en garderay bien, dit le Jésuite, car possible qu'après avoir écrit la lettre tu me luerais et, cette lettre porterait que tu ne m'aurais pas tué. Là-dessus le sauvage revint à soy et se prenant à rire : Bien donc, dit-rl, prie Jésus que tu ne meures pas, a fin qu’on ne.nous accuse de l'avoir fait mourir. »
Cette vie des Indiens, si différente de la