‹ L'avenir du peuple canadien-français [microforme]Chapitre 21 sur 97 · WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

WEBSTER, N.Y

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Le prêtre, dont l'influence avait toujours été grande au Canada — car pendant la domination française, les missionnaires s’étaient imposés à ces valeureux par le courage et l’héroïsme — prit alors dans la vie de notre pays la place prépondérante qu’il occupe encore aujourd’hui.

L'église catholique est restée pour les Canadiens français le centre d’union, de cohésion par excellence.

Quéiques années plus tard, on put dire de nos pères qu’ils étaient simples, naïfs, et manquaient initiative. Mais l'esprit belliqueux était loin d’avoir disparu. En 1775 et en 1812, le vieux sang se réveilla. Les Canadiens, réconciliés avec le nouveau régime par quelques concessions opportunes, se battirent pour leurs vainqueurs, luttèrent pour maintenir leur allégeance à la Grande-Bretagne.

Puis la lutte fut portée sur un autre terrain. L’ardeur belliqueuse de nos pères se dépensa dans une agitation constitutionnelle, et parfois extra-constitutionnelle, en vue d’obtenir de plus amples libertés et l'égalité de droits avec les Anglais qui s’étaient établis près de nous et avaient peuplé les autres provinces du Dominion.

Naturellement, le gouvernement impérial n’avait et ne pouvait avoir d’autre but que de

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maintenir dans la soumission sa nouvelle conquête et de lui donner satisfaction, si possible. Mais les fonctionnaires qui arrivaient dans le pays conquis formaient souvent un obstacle à l’'accomplissement des désirs du cabinet de Saint-James.

L’Angleterre ne nous a pas traités plus mal, du reste, que ses propres colonies d’Amérique.

La crainte d’un soulèvement, à la veille de la déclaration d'indépendance des Etats-Unis, nous a valu une première concession en 1774.

Dès cette époque, les Canadiens comprirent qu’une nouvelle perspective s’ouvrait à eux, et c’est d'alors que date cette fièvre politique intense à laquelle nous devons beaucoup des biens dont nous jouissons, mais aussi beaucoup des maux dont nous souffrons.

Plusieurs générations des fils des vaincus de 1760 ont fourni d’ardents patriotes, qui ont défendu nos droits menacés dans l’arène parlementaire. Les uns furent des orateurs brillants, les autres des hommes d’état tenaces, et, autour d'eux, se groupèrent toutes les forces militantes de notre peuple. En 1837, une rébellion promptement réprimée ajouta quelques centaines de noms nouveaux au martyrologe canadien-français.

Pendant toute la durée de ces luttes parle-

mentaires, depuis la conquête jusqu’à la confédération (en 1867), notre développement économique a suivi un cours normal. Il n’a pas été aussi rapide que celui de nos voisins et de nos compatriotes anglais, mais cela s’explique aisément. La conquête a laissé les Canadiens au nombre seulement de 65,000, tous ne connaissant que trois industries : la chasse, le commerce des pelleteries, qui, sous la domination française, ne se: faisait qu'avec les commissaires du gouvernement; et l’agriculture d’après des méthodes primitives. Ils n’avaient pas de capitaux pour lancer de grandes entreprises. L’ère industrielle, au surplus, n’était pas encore inaugurée. Les Anglais, enfin, étaient maîtres du gouvernement et de tous les postes administratifs. Le mouvement com-

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mercial qui existait entre la Grande-Bretagne leme et les colonies voisines, restées anglaises mer encore pendant quinze ans, s’étendit au : … Canada, mais les intermédiaires des échanges a. ne pouvaient être que des Anglais; car tout né favorisait ces derniers : la communauté de la ve langue, la connaissance des marchés et des pour habitudes du commerce britannique, enfin la que sympathie et la protection des leurs. ie . x

C’est ainsi que le commerce d’importation 1

. (114 et d'exportation a été tout d’abord accaparé J par nos compatriotes venus de la Grande- 1. 4

Bretagne. Il en a été de même pour l’exploitation de nos richesses naturelles : bois de construction, mines houillères, etc., à laquelle le manque de capitaux nous empêchait de nous livrer.

Pendant que nos frères de l’Acadie étaient dispersés sans ressources par tout le continent américain, et que le gouvernement français, débiteur des colons de la Nouvelle- France pour une somme de huit millions de dollars (40.000.000 fr.), les abandonnait sans s'acquitter envers éux, le gouvernement anglais distribuait quinze millions aux /oyalistes américains qui s’étaient réfugiés au Canada après la guerre de l’Indépendance.

« Tout étant désormais perdu, dit Garneau (1), les Canadiens avarent repris tristement le chemin de leurs foyers. Décidément ruinés par cette longue guerre, tls venaient de perdre leur deraière espérance, en apprenant que non-seulement il ne leur arriverait aucun secours de France, mais que le trésor du royaume était incapable, pour le moment, de payer les avances qu’ils avatent faites au gouvernement. Cette nouvelle Jut un coup de foudre pour ces malheureux 4 qui l’on devait plus de quarante millions de francs; il y ex avait à peine un qui

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