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cuter des questions, de cette façon, réagit nécessairement sur l'intelligence de nos hommes les mieux doués et surtout de ceux qui entrent au parlement très jeunes, avant que leur esprit ait atteint toute sa matr
rilé ».
L’orateur armé d’un grand savoir pourrait accomplir une œuvre patriotique en répandant des vérités utiles parmi les populations, « Parler en public, dit Taine, c’est vulyariser les idées, c’est tire: la vérité des hauteurs où elle habite avec quelques penseurs, pour la faire descendre au milieu de la foule. » Ferdinand Lassalle a plus faitpour la propagation des idées socialistes en Allemagne que tous les livres des penseurs; mais i. avait fait des études profondes, et pour chaque phrase qu’il prononçait, comme il le disait luimême, « il était armé de toute la science de son temps. »
Les centaines d’orateurs, qui, lorsque l’époque des élections est arrivée, parcourent les villes et les campagnes de la province de Québec, enfilant des phrases creuses, agrémentées de soupirs, de cris, de roulements d’yeux et de gestes virulents, n’enseignent aucune science, ne répandent aucune vérité. Ils s’en vont simplement annoncer aux populations que le parti dont ils ont l’honneur d’être
membres est animé des meilleures intentions et n’aspire qu'à faire des économies, tandis que le parti qu’ils combattent est composé d'hommes tarés, d'intrigants et d’incapables.
En France, où le mouvement intellectuel est si intense, les préoccupations politiques n’entravent en rien l’activité des esprits. La vie parlementaire fomente à la vérité beaucoup de divisions, donne lieu à d’interminables commentaires, se nourrit de tristes intrigues, tout comme dans notre pays; mais elle ne constitue pas une attraction unique, et ily a plusieurs millions de Français intelligents qui n’ont jamais songé à être députés. Les 560 députés et les 280 sénateurs de la République Française (population 40.000.000) pourraient être renvoyés dans la vie privée et se consacrer exclusivement aux professions pour lesquelles ils ont des aptitudes, sans qu’aucune modification bien sensible eût lieu dans la marche intellectuelle et économique de la nation, Je ne parle pas des quelques milliers de conseillers généraux, que les affaires du département ne détournent guère, vraisem.
blablement, de leurs autres travaux.
Dans la province de Québec (population 1.900.000). St parva licet…. les 70 députés lédéraux, les 73 députés à la législature locale, les 143 adversaires de ceux-ci! députés en
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expectative ; les 24 sénateurs du Dominion; les 24 conseillers législatifs (sénateurs provinciaux); les 200 ou 300 jeunes gens qui rêvent des futures gloires de la députation, et se préparent en conséquence, en étudiant avec soin les annales scandaleuses des partis; les clients des députés, aspirant à des postes dans les administrations publiques : tous ces fervents de la politique constituent la presque totalité des ressources intellectuelles dont dispose la race française au Canada. Peut-être en est-il parmi ceux que je viens de nommer, qui, s'ils avaient donné une autre direction à leur vie, auraient été des savants distingués, de brillants littérateurs, de grands artistes et auraient augmenté la fierté de leurs compatriotes et leur foi en l’avenir, en ajoutant à la gloire du nom Canadien-français. Un de ceuxlà peut-être, qui a fait des sacrifices pour son parti, aurait pu, fout aussi bien, faire des
sacrifices pour sa race et son pays et contri- & buer d’une manière pratique au dévéloppement des ressources matérielles de notre pro- m vince. . la On évalue généralement à cinq mille dol- 4 Œ lars le coût d’une élection provinciale ou fédé- qe rale, dans un comté de la province de Québec; hi jes unes coûtent plus cher, les autres moins el
cher; cinq mille est le chiffre moyen. Dans une
1ion ; période de cinq ans, cent quarante-trois de VIN ces élections ont lieu, soit une dépense de vent E | 715.000 dollars. Cet argent, me dira-t-on, ne t se sort pas de la province, il ne fait que changer avec | de propriétaire. Ce n’en est pas moins une ; les : perte irréparable de capital; car il est distribué dans | pour payer des démarches, des voyages, des fer- fatiques inutiles, ou dans un but beaucoup sque | moins avouable. Cette somme de cinq mille dis- dollars est bien loin de compenser, en outre, -être la perte de temps et par suite de profits qu’ocmer, casionne une élection dans chaque comté. On Ion à pourra m’objecter encore que la perte de qués, temps est synonyme, dans le cas qui nous es et occupe, de repos, de délassement agréable, et pa- qu’elle ajoute, en conséquence, à la somme à la des jouissances de la population. Mais ne eux- | pourrait-on pas procurer aux Canadiens, des son délassements plus intelligents ?.… des ky Je dis donc qu’une élection coûte environ ntri- cinq mille dollars dans chaque comté.
ppe- Or, avec cinq mille dollars employés, d’une pro- manière éclairée et pratique, aux fins de la colonisation, personne ne me contestera dol- | qu'il ne soit possible de rapatrier dix jeunes édé- gens émigrés aux États-Unis et de leur donbec; ner les moyens de s’établir dans les terres oins encore incultes de la vallée du lac Saint-Jean
où du Nord-Ouest. Si surtout ceux qui distri-
Renan
RACE ERRIREEET
buent cet argent voulaient déployer autant d’ardeur et autant de zèle à en assurer l’utilisation pour des fins patriotiques qu’ils en déploient dans le but d’en tirer de bons résultats pour les fins électorales.
Mgr Labelle, sans argent, a fondé vingt paroisses.
Ainsi cette somme dé 715.000 €: 1lars correspond au rapatriement et à l'établissement de 1.430 colons, à la fondation de 1.430 familles de colons.
Ce calcul paraîtra fantaisiste. Je sais que ce n’est pas chose facile que d'obtenir que 1.430 jeunes gens employés dans les fabriques des États-Unis, viennent défricher des terres dans leur patrie, qu'ils regrettent cependant; je sais que ceux qui perdent un mois ou deux, pendant la période électorale, ne seraient pas disposés à faire don des sommes qu’ils auraient pu gagner, s’ils s'étaient occupés utilement, que les capitalistes qui rendent des services à un parti ne le font pas toujours honoris causd, qu’une élection ne peut avoir lieu sans dépenses de temps et d'argent, qu’on ne peut constituer de législatures et de parlements sans élections, qu’une élection implique une lutte électorale, attendu qu’il y a deux partis, et que c’est là l'idéal d’un gouvernement constitutionnel, etc., etc. Je n’insiste pas.
ji Qu’on y réfléchisse cependant et l’on se rendra compte, peut-être, de ce qui pourrait être ei fait dans l'intérêt bien entendu de notre pro- ; vince, si nous avions plus de patriotes et k moins de politiciens.
not - Il est nécessaire, sans doute, que nous jouions un rôle politique dans le qouverne- 1e ment du Dominion, afin de sauvegarder notre ke 4 part d'influence et d'empêcher les rivalités de race de se substituer aux rivalités de partis. Mais il est également nécessaire que nous ea nous habituions à voir nos politiciens locaux . . sous leurs vraies couleurs et dans leurs vraies 7 proportions. « 17 y a, Je crois, écrivait Cobrs den en 1865 (1),une faiblesse inhérente à cette Ce parodie de notre vreille constitution anglaise * pas qui se Joue sur les scènes en miniature des ils capitales coloniales, avec leurs discours du 18e trône, leurs votes de confiance, leurs appels 4 au peuple, leurs changements de ministère, ts ete. Et tout cela à propos de questions st ir Jutiles que le jeu finit par devenir ridicule, qu'on 1, There is, Ithink, an inherent weakness in the parody of par- our old english constitution, which is performed on the mimpli- niature scenes of the colonial capitals, with their speeches Lux from the throne, votes of confidence, appeal to the country, +4 changes of ministry, etc. And all about such trumpery issues
that the game at last becomes ridiculous in the eyes of both Spectators and actors.
(Lettre de Cobden au Colonel Cole, 30 mars 1865).
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aux yeux des acteurs, comme à ceux des spectateurs ».
Je ne serais pas disposé à me ranger absolument à l’avis de l’apôtre du libre-échange; mais on ne peut s’empêcher d'admettre que, s’il avait parlé de nos législatures locales, il eût eu mille fois raison.
Que ceux de nos jeunes gens qui se sentent attirés invinciblement vers la vie parlementaire, étudient au moins et s’instruisent.
Dans un pays neuf comme le nôtr?, un homme armé de solides connaissances en économie politique peut facilement se rendre utile. |
Que ceux que la rage de parler en public domine absolument, aillent prècher la bonne parole, la parole patriotique, à nos frères dispersés aux États-Unis. Il y a là une grande œuvre à accomplir.
Il résulte de ce qui précède que, depuis 1867, au lieu de concentrer nos forces, de tirer parti de toutes nos ressources intellectuelles et matérielles, et de jeter les bases d’un développement national propre à nous assurer un avenir brillant sur ce continent, nous avons continué la vie de luttes du passé, tout comme sirien n’avait été modifié ‘dans notre existence. Les carrières libérales se sont
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encombrées, la campagne s’est dépeuplée, l’'égoïsme a envahi toutes les classes, toutes les forces productrices de notre race ont été qaspillées comme à plaisir. Le mal est encore plus étendu. Ce n’est pas seulement une interruption dans notre marche que représentent les vingt cinq dernières années : notre population s’est démembrée, et nous avons fait des pertes irréparables.
En même temps que l’envahissement de l'idéal américain et la non-utilisation de nos ressources intellectuelles, amenée par le sport politique, un troisième fléau désole notre pays, l’émigration aux Etats-Unis.
Un pays neuf, régénéré par la conquête des plus amples libertés, possédant de vastes étendues de terres fertiles, que les colons peuvent se procurer à un prix nominal, un pays agricole situé aux portes de l’un des plus grands empires industriels du monde, et dont les habitants ne sont astreints à aucun service militaire et ne paient presque aucun Impôt, le Canada, a vu, dans l’espace de trente ans, une partie de sa population s’expatrier et aller
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