‹ L'avenir du peuple canadien-français [microforme]Chapitre 46 sur 97 · Reden an die deutsche Nation, p · texte numérisé non relu

Reden an die deutsche Nation, p

2. MM. Fréchette etl'abbé Casgrain ont été couronnés par ‘Académie française, le premier pour deux volumes de vers, e second pour un ouvrage historique. Un groupe d’Indiens, par M. Ph, Hébert, a obtenu une médaille à l'exposition de

AIS temps e, sur pauvre ruyants en plus orption peuple luctions langue de ceur ndre lu

produit, is trente S VOISINS En effet, t se son se sont l'inertie peu d’en-

ois d’en- :

jen et un e nom à

sur leur :

uronnés pal nes de vers, 8 d'Indiens, xposition de

pays. D’autres ont accempli et accomplissent cette tâche patriotique de recueillir avec un soin jaloux toutes les reliques de notre grand passé (1); leur œuvre forme une gerbe admirable. Nous avons une histoire nationale que l’on enseigne dans nos écoles, et c’est là une puissante garantie de conservation pour un peuple. Voilà pourquoi j'espère, pourquoi je crois fermement en l'avenir de notre nationalité. Mais combien de talents qui se sont éclipsés! Combien de jeunes gens pleins d’aptitudes littéraires qui se sont heurtés aux difficultés de la langue, à l’insuffisance de leur vocabulaire, et concluant à l’impuissance, ont vu, pleins d’amertume, disparaître dans la nuit cette muse qui leur était venue si souriante et leur avait murmuré de si douces choses.

que leur crayon n’avait pu traduire! Combien d'artistes se sont contentés d'écouter la beauté chanter dans leur cœur, de rêver de formes idéales et de chefs-d’œuvre sublimes! Combien d’esprits ardents, curieux de savoir et de comprendre, ont été détournés des hautes études par l'indifférence qu’ils sentaient autour d’eux pour tout ce qui se rap-

1. Nos historiens sont nombreux. Citons Garneau, l’abbé Ferland, Mgr Tanguay, MM B. Sulte, l'abbé Casgrain, J, Tassé, Faucher de Saint-Maurice, etc,

porte à la culture intellectuelle! Que sont-ils devenus ? Politiciens et employés.

Cette élégie sur les génies jetés en dehors de leur voie, sur lesfleurs dont la destinée est de s'épanouir loin des regards, n’est pas nouvelle, Je le sais. Il est peu de villages où quelque vieillard ne vous dira : « Moi aussi, Monsieur, j'étais poète! » « Moi aussi j'étais peintre ! » Mais dans notre pays, cette quasi-impuissance de produire qui résulte des difficultés de la langue, de l’absence des hautes écoles, de la rareté des livres, de l'indifférence générale à toute question un peu élevée, du politiquage à outrance et de l’invasion progressive de lesprit américain, nul ne peut la nier; elle est d’une év:dence absolue.

Vers 1860, un certain mouvement intellectuel, qui s’est continué pendant quelques quinze ans, a pris naissance dans la province de Québec. Un journal hebdomadaire illustré « /’Opinion publique » devint le porte-parole des aspirants littéraires d’alors. On s’occupait beaucoup d'esthétique, on lisait, on se renseignait; beaucoup de poètes étaient éclos, des romanciers, des historiens surtout. Les vers n'étaient pas toujours de coupe orthodoxe, manquaient parfois d’originalité ; la prose n’était pas toujours suffisamment châtiée; mais on travaillait, et c'était l’essentiel. Un bon nom-

AIS

ont-ils

dehors est de uvelle, quelque

nsieur, {À

ntre |! »

issance s de la es, de la nérale à iquage à de l’eselle est

intelleces quinze de Qué- « l’Optrole des ’occupait se renclos, des Les vers thodoxe, Dse n’était mais On bon nom“

bre de romans ont été publiés pendant cette période et pendant la décade précédente; beaucoup de travaux historiques ont vu le jour ; plusieurs recueils de vers se sont offerts à l'admiration bienveillante de nos compotriotes (1). |

Comment ce beau mouvement s'est-il #rrêté?

Je ne sais pas très bien.

La politique a tué un certain nombre de producteurs, d’autres ont disparu pour d’autres causes; quelques-uns, sans doute, lisant les productions d'outre-mer, et frappés, par la comparaison, de leur manque d’études, de l’insuffisance de leur vocabulaire, se sont dit : « Il est trop tard » ! Ce que je constate avec regret, c’est que l'es vides qui se sont faits dans leurs rangs n'ont pas été remplis. Les jeunes gens d'aujourd’hui, sauf quelques rares exceptions récentes, sont indifférents à tout ce qui n’est pas la politique et paraissent avoir renoncé à la vie de la pensée. Les seuls hommes sur lesquels s’appuie notre nationalité pour affirmer | sa vigueur et sa supériorité intellectuelles, ont |

Page 1