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Il faut surtout, comme je l’ai dit ailleurs, que ceux qui marchent à la tête d’une nation et se chargent de la guider, soient en état de voir haut et loin. Les hommes qui dans un pays constituent une élite intellectuelle et perpétuent ses traditions de culture ne sont pas tous des poètes, des savants, des artistes.
Mais ce sont des connaisseurs et des lettrés. Quelques-uns produisent des œuvres d’art, les autres savent apprécier ces productions et ils en favorisent l’éclosion par l’atmosphère intellectuelle élevée qu’ils entretiennent :
« Comprendre, c’est égaler », disait Raphaël « Nous sommes tous poètes, quand nous lisons bien un poème » (1). Il existe rarement des écrivains ou des artistes en dehors d'un centre éclairé qui sache les apprécier et les comprendre.
Il reste encore, dans la province de Québec, quelques esprits privilégiés qui, malgré les circonstances défavorables, ont pu s'élever à une certaine hauteur, mais cette élite nombreuse que l’on rencontre à Genève, à Zurich, à Bruxelles, à Edimbourg, à Christiania, à Copenhague, pour ne parler que des capitales de petits États, n’existe pas encore dans le Canada français.
1, Carliste,
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