‹ L'avenir du peuple canadien-français [microforme]Chapitre 80 sur 97 · Briefen aus Paris · texte numérisé non relu

Briefen aus Paris

ANÇAIS

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Le Français, convaincu de sa supériorité de race, ne s’en croit pas moins tenu d’être gracieux et aimable vis-à-vis des peuples étrangers, il se fait gloire de sa courtoisie, et nul ne sait mieux que lui distribuer les éloges et les marques de sympathie. L’Anglais, au contraire, ne dira du bien d’une nation étrangère que s’il a intérêt à le faire.

« Notre nation avec tous ses défauts, écrivait Voltaire à Frédéric Il, est peut-être dans l'univers la seule dispensatrice de la gloire... les Anglais ne louent que des Anglais. » Rivarol constatait le même fait quelques années plus tard : « Vous sommes l'es seuls qui imitions les Anglais, disait-il, et quand nous sommes las de notre goùt, nous y mélons leurs caprices, nous faisons eatrer une mode anglaise dais l'immense tourbillon des nôtres, et le monde l’adopte au sortir de nos mains. I n'en est pas de même de l’Angleterre:quaad les peuples du Nord ont aïmé la natioa française, imité ses manières, exralté ses œuvres, les Anglaïs se sont tus, et ce concert de toutes les voir n'a été troublé que par leur silence. »

L’Anglais a peu changé. La plupart des livres qu’il écrit, pour la consommation nationale, sur les pays étrangers, sont très rarement flatteurs. De même, il n’attend de com-

pliments de personne et ses journaux ne reproduisent pas toujours ceux que la presse étrangère lui adresse; sa propre opinion lui suffit. On ne saurait l’en blâmer, du reste.

Lorsqu'un grand peuple qui s’est fait dans le monde une situation prépondérante, veut bien être satisfait de lui-même, que lui importent les critiques de ses voisins ? qu’a-t-il besoin de chercher au dehors des applaudissements, des sourires, des appréciations flatteuses? Ses journaux sont rédigés par lui et pour lui, ce sont eux qui lui apportent l'éloge et le blâme. En jouant son rôle de conquérant, d’économiste, de révolutionnaire, de politique ou de belligérant, il est à la fois acteur et spectateur, et en cette dernière qualité 1l peut se considérer comme le public connaisseur des premières.

« Les Anglais, dit un écrivain anglais très distingué et très impartial, M. Homerton (1), ont l’habitude de la déférence pour certaines distinctions, mais ils sont, en même temps, un peuple éminemment dédaigneux, mime dans les limites de leur île. Leur habitude de mépris est calme, sans forfanterte et sans vanité, mars elle est presque constante; ils vivent difficilement dans cet état mitoyen ou neutre qui n’est ni le profond respect ni

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