‹ L'avenir du peuple canadien-français [microforme]Chapitre 81 sur 97 · French and English · texte numérisé non relu

French and English

NÇAIS

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le dédain. Ainsi lorsqu'il n'existe pas de rai. sons spéciales qui lui inspirent de la déférence pour un étranger, l’Anglaïs se sent porté à le mépriser. Cet état d'esprit est cause que les Anglais, comme nation, estiment habituellement au-dessous de leur valeur la force ct l'intelligence des autres nations, sans se

faire une idée exagérée de ces mêmes quali-

tés chez eux. »

Un autre anglais, M. H. W. Ross, dans une petite brochure sur les colonies anglaises, écrivait, non sans un certain sentiment de fierté (1) : » Voyez l’Anglais à l'étranger.

Cherche-t-il à gagner les bonnes grâces des « tadigènes » du pays dans lequel il se trouve? Apprend-il leur langue? Suit-il, à Rome, les usages des Romains? Faïit-il des compliments? Non pas ; il emporte partout son pays avec lui. »

L’Anglais des classes moyennes est mal à l'aise dans le doute; il lui faut sur toutes les questions une opinion faite. Il est tout ce qu'on voudra, mais il n’est pas sceptique. Il a érigé en dogme sa conception de la vie, du

1, Take the Englishman abroad. Does he attempt to ingraliate himself with « natives » of the country he may be in? Does he learn their language? Does he « do in Rome as Rome does? Does he compliment? I think not. He takes his country with him wheresoever he goes.

bonheur, de l'excellence en toutes choses et il méprise toute idée, toute manière de voir ou d'agir qui n’est pas conforme à la sienne. En matière de religion et d'histoire, comme en matière de bienséance et d’étiquette, il ne conçoit pas que l’on puisse penser autrement que lui, que des règles aient été formulées qui différent des siennes.

Je choisis un exemple entre mille. En Angleterre, il n'est pas admis que l’on revête l’habit noir avant sept ou huit heures du soir ; de l’autre côté de la Manche, on a des habitudes différentes. Aussi, il faut voir la figure d’un touriste de l'Agence Cooke, lorsqu’à Paris, ou ailleurs, en France, il lui arrive, de rencontrer, vers dix ou onze heures du matin, des couples parés et fleuris, les messieurs en habit, gantés et cravatés de blanc, se rendant à la mairie ou à l’église ; il faut voir le sourire supérieur et méprisant de l'insulaire, « Ces Français, semble-t-il se dire, n’ont aucune notion d’étiquette ; on me l'avait bien dit, nous seuls sommes bien éduqués et savons ce que c’est que les bonnes manières. »

On l’a souvent remarqué, de tous les peuples, c’est l’Anglo-saxon qui voyage le plus et qui voit, de par le monde, le plus de villes et de monuments, mais c’est également lui qui connaît le moins les nations étrangères.

ANÇAIS

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L'amour éclairé du pays est plus ancien, en Angleterre, qu’en aucun autre pays du monde.

Chez tous les peuples d'Europe, on a vu, au cours des siècles passés, des grands seigneurs, des soldats prendre du service à l'étranger, lutter même parfois contre leur patrie, comme l'ont fait le duc de Bourbon, Condé et tant d'autres. Jamais on n’a vu un fils d’Albion servir en mercenaire ; il n’a jamais lutté qu’au profit de l'Angleterre, et surtout il ne s’est jamais battu contre elle.

La France, si instinctivement généreuse, s'est parfois laissé dominer par le fanatisme, et c’est ainsi qu’elle a chassé de son sein et distribué dans d’autres pays (Angleterre, Allemagne et Suisse) un grand nombre d’hommes distingués qui se sont fondus parmi les populations de ces pays; l’Angleterre a toujours gardé tous ses fils.

L’Anglais, qui a été le premier peuple à

jouir de grandes libertés constitutionnelles, a

été le prémier également à comprendre le patriotisme exclusif,

Dès l'enfance, le jeune Anglais est habitué à adopter comme dogme indiscutabte la supériorité de sa nation.

Je causais un jour dans une petite ville canadienne avec un élève d’un Æigh school, il me prit la fantaisie de l’interroger sur ses

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