The Canadian question, by Goldwin Smith
la nature et les convenances pratiques. Rarement elles ont pu lutter contre la géographie et lutter avec avantage. »
Je renvoie ceux qui voudraient lire une discussion magistrale de cette question au livre de M. Goldwin Smith « 7e Canadian question. »
Si peu qu’elle ait de chances d’être jamais réalisée, l’idée de la fédération impériale est intéressante, en ce qu’elle indique chez ceux qui la chérissent un état d'âme dont il nous importe de bien tenir compte.
Elle a germé d’abord dans le cerveau d'hommes politiques coloniaux ambitieux, qui, ne trouvant pas dans l’étude des questions économiques intéressant leur pays, un aliment suffisant à leur activité, ont voulu attacher leur nom à un évènement historique, à une révolution dans la vie constitutionnelle de l'Empire. Elle a été adoptée par un certain nombre d’esprits idéaüstes et chauvins, parce qu'elle flatte les tendances dont j'ai parlé plus haut et qu'il semble à plusieurs que c’est être grand soi-même que de faire partie d’un grand tout,
Quand Pinanité de ce projet grandiose aura été reconnue et que l'heure sera venue pour notre pays de se détacher de la Grande-Bretayne, ce qui, je l’espère, n’aura lieu que dans
1 un avenir encore éloigné, nous serons fata- ° Rare- A , .
lement entraînés à lAnnexion aux Etatsgraphie TE ME Unis ; tant pour les causes que j'ai indiquées as | plus haut, qu'en vertu de puissantes raisons économiques, dont je n’ai pas à m'occuper au livre Se ici (1).
In quese jamais riale est IV hez ceux t il nous En attendant, pendant que dans les autres provinces, se dégagent et entrent en lutte les cerveau préférences, les aspirations, les volontés dont ieux, qui, l'action va, peu à peu, entraîner notre pays questions vers une forme politique nouvelle et peut-être in aliment définitive, nous devons, nous, Canadiens-franattacher çais, être les plus fermes soutiens du statu quo. e, à une Car nous ne sommes pas encore prêts à affronnelle de ter l'inconnu.
n certain Quand nous entrerons dans l'union amérins, parce caine, il faut que ce soit, comme les fils d’une jai parlé famille glorieuse qui n’a pas déchu et avec eurs que 4
laquelle on est fier de s’allier.
ire partie
r, Ne nous faisons pas d'illusions. Nos compatriotes anglais,
* € je le répète, ne laisseront pas se briser le lien colonial pour lose aurè partager avec les vaincus de 1760 et dans des conditions éganue pour les la direction de notre jeune pays. Il n’y a place dans leur nde-Bre- âme que pour deux solutions : la fédération impériale ou l'anque dans netion.
La continuation du régime actuel nous permettra peut-être, en outre, de triompher d’un certain nombre des préjugés qu’entretient contre nous la masse de la population anglaise du Dominion. Et cela est d’une extrême importance, comme on le verra plus loin.
Un progrès assez sensible a été accompli, dans ce sens depuis 1867. On peut se laisser aller très facilement, dans ces matières, à tirer de tels faits constatés des conclusions erronées ; mais il semble que les nombreuses décades passées sous le même drapeau, et les rapports fréquents que nous avons, avec nos plus proches voisins dans le Dominion, aient développé plus chez ceux-ci que chez nos compatriotes anglais de date récente l'esprit de tolérance et de concorde.
Ainsi le Nord-Ouest n’est ouvert que depuis quelque trente ans à la colonisation ; la plupart de ses habitants sont venus directement des Iles Britanniques, tandis que, dans les autres provinces, de nombreuses générations de Canadiens-anglais se sont déjà succédé. Or, c’est seulement dans le Manitoba qu’une loi contre les écoles françaises a été votée. Ni dans l’Ontario, ni dans le Nouveau-Brunswick, ni dans la Nouvelle Ecosse, la minorité française n’a été menacée de semblables mesures. On a vu comment M. Goldwin Smith reprochait aux
LANÇAIS
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que depuis on ; la pludirectement s les autres bons de Gana- &. Or, c’est loi contre dans l’Onta- , ni dans la
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négociants anglais de Montréal leur négligence à s’opposer aux progrès de l’ennemi.
L’Anglais des classes ‘gnorantes déteste et méprise lééranger, mais au fur et à mesure que nous cessons d’être pour lui l’étranger, sa haine et son mépris doivent décroître.
Quand nous entrerons dans l’Union américaine, ne loublions pas, nous ne pourrons quitter à la porte, comme une vieille défroque, tous les sentiments du passé. Ontario et le Manitoba y entreront aussi avec leurs rancunes et leurs antipathies, et si jamaisil est question de l’abolition des écoles françaises, c’est de ces deux provincés que sera lancé le cri de querre.
Nous formerons un certain nombre d’États nouveaux dans l'Union, mais le Canada, pendant longtemps encore, sera /e Cauada ; le Saint-Laurent restera la grande artère de la France d'Amérique ; la province de Québec aura toujours celle d'Ontario pour voisine et sera toujours plus ou moins indifférente aux Etats lointains de la Californie, de l’'Arizona, de la Floride, du Texas. Sans doute de nouvelles relations de voisinage se noueront du côté de l’ouest et du sud; étant donné surtout que les Anglais du Canada ne diffèrent aucunement, si ce n’est par l'accent, de la population américaine ; l’ancienne confédéra-
héritée
tion continuera cependant à occuper une place à part. Du siècle et demi que les Canadiens des diverses races auront passé sous le même drapeau, divisés par les mêmes passions de partis, il restera des souvenirs, des sympathies, des rancunes qui ne s’éteindront pas avec la première génération d’annexés.
Pendant les années qui nous restent encore à passer sous la puissante tutelle d’Albion, faisons tout ce qui sera en notre pouvoir pour atténuer ces rancunes, pour accroître ces sympathies. Si nous ne pouvons compter sur une affection ardente de la part de nos compatriotes anglais, tâchons, au moins, de mériter leur estime et autant que possible de conquérir leur admiration. Accomplissons des œuvres grandes et utiles, ils en seront fiers pour le drapeau commun. C: qui nous importe, avant tout, je ne saurais me lasser de le répéter, c’est d'affirmer notre vitalité avec tant de force, de nous rattacher avec tant d’ardeur à tout ce que nous tenons de nos ancêtres de France, de manifester si hautement les qualités particulières de notre race, que tout espoir d’assimilation disparaisse de l’âme du pan-saxonniste le plus chauvin. Ce malentendu une fois dissipé, les sympathies pourront croître sur un terrain solide. | Destinés à vivre et à grandir ensemble, nous
RANÇAIS
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pouvons difficilement, Canadiens-anglais et Canadiens-français, être indifférents les uns aux autres. Aimons-nous ! Il faudrait à la vérité que messieurs les Anglais y consentissent. De notre part, de la part au moins de la grande majorité des nôtres, c’est déjà fait, comme je l’ai dit dans un chapitre précédent. Cette fois, nous avons tiré les premrers.
Ne demandons pas aux Anglais de nous voir avec nos propres yeux, ils nous verront toujours avec les leurs, et ce ne sera jamais la même chose. Ne leur qardons pas rancune de leurs fréquentes injustices. Sachons faire la part de l'esprit libéral constant de Pélite et du fanatisme intermittent des masses.
1 y avait au vie siècle, à l’abbaye de Saint-Gall, racontent les vieux grimoires (1), un moine très savant, très pieux, mais aussi très méchant qui, souvent, avait maille à parür avec ses confrères. Lorsqu'on lui reprochait le peu d’aménité de son caractère. « Ce que je dis je le dis,sans haine, répondaït-il, ma haine ne vise que la méchanceté inhérente à cet homme, par conséquent donc, simplement un accident et non pas la substance même, dans laquelle nous devons voir, d’après la parole de l’Ecriture, l’image de la divinité.
1, Martine et Durand. « Collection de vieux documents ».
Eh bien, faisons de même : Haïssons les préjugés étroits que nous rencontrons chez un certain nombre de nos compatriotes anilais,
aimons les nombreuses qualités que nous trouvons chez tous. |
Puissent-ils, eux surtout, adopter la même manière d’agir à notre égard! Tout le monde, il est vrai, n’est pas capable de cette abstraction.
Il est des gens qui prétendent, entre autres Pillustre écrivain russe Tolstoï, que les peuples sont naturellement portés à s’aimer et qu’il faut tous les efforts des gouvernements pour étouffer ce sentiment naturel. Cette opinion est sans doute quelque peu optimiste, mais on peut admettre au moins que la haine et l’antipathie fondées sur des raisons purement artificielles ne sont pas indestructibles.
.. Si nos compatriotes anglais ne vont jamais jusqu’à partager absolument avec nous le pouvoir et la prépondérance, dans un pays où ils furent les vainqueurs et nous les vaincus, espérons cependant que, lorsque nous aurons uni conjointement nos destinées à celles de la nation voisine, ils sauront adopter sans arrière-pensée la belle devise de cette nation .« Live and let live! » (Vivez et laissez vivre.)
Le statu quo, en nous assurant encore de longues années d’une tranquillité absolue, nous
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permet donc de préparer notre avenir dans l’Union : 1° En nous élevant à un niveau de culture intellectuelle supérieure qui sera notre apport dans la communauté formée par tous les peuples de l'Amérique du Nord; 2° en travaillant à faire disparaître ou à atténuer lantipathie et les préjugés de nos compatriotes anglais à notre égard.
La ce:
La continuation du régime actuel même pendant un grand nombre d’années encore ne nous empêchera en aucune façon de maintenir et de resserrer les liens qui nous unissent à nos frères émigrés aux Etats-Unis.
Nous sommes séparés par des frontières près desquelles aucune sentinelle ne veille et que les témoignages d'affection peuvent franchir sans cesse aussi facilement que les wagons et les ballots de marchandises.
Cette manière de: comprendre l'expansion d’un peuple, sous ce: dualisme gouvernemental, et en faisant äbstraction des liens politiques, peut sembler‘ illusoire. À ceux qui ne voient encore dans l’État qu’une entité créée pour des fins offensives et défensives, ce déve-
loppement de sympathies nationales qui ne
tient compte ni des frontières, ni du drapeau, doit paraître une anomalie, Au fond, il n’en
est sien; le progrès des idées en Amérique et surtout les conditions d’existence spéciales de ce continent nous mènent rapidement à une conception plus large de la vie des peuples et -des nations.
Entre nos frères devenus citoyens améri- ‘cains et nous, une union plus intime qu’entre les Français de France, les Suisses et les Belges de langue française, devra régner, car, en outre de la communauté de la langue, de -h religion et des souvenirs, qui nous lie, nous avons toute raison de croire qu’un même ave- -nir politique nous attend. Nous ne sommes que - momentanément séparés.
LANÇAIS
nérique ei éciales de nent à une peuples et
ns améri- 1e qu'entre et les Belégner, Car, langue, de us lie, nous , même avesommes que