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se demander comment il précipitera sa croissance, et comment, surmontant les difficultés momentanées, il retrouvera le prodigieux élan qui signala les dernières années du xix® siècle. Dans une première partie de ce travail, nous examinerons les conditions générales de son développement.
Mais un problème plus particulier se pose, qui requiert une attention distincte. Nous y avons fait déjà ci-dessus une très brève allusion, en évoquant les transformations de la mentalité socialiste. A maintes reprises, les adversaires de Témancipation prolétarienne ont reproché aux travailleurs leur acquiescement superstitieux à des thèses posées d'autorité et nullement démontrées ; ils les ont assimilés aux adeptes d'une foi nouvelle, qui obéiraient à des prêtres improvisés, avec un fanatisme aveugle et sauvage.
Dans leurs livres, le socialisme est devenu une reliffion comme une autre, soumise aux mêmes lois que toutes les religions, comportant par suite les mêmes sources d'énergie, mais aussi les mêmes faiblesses. Et dans une certaine mesure, l'on ne peut nier que la souffrance ait pré- ^ disposé souvent les salariés à accepter, sans mûre réflexion, la révélation de nos théories. C'est dans la phase intermédiaire de l'histoire de la pre-
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mière Iateniati<Miaie que ce phénomène se constaterait surtout^ lorsque les fouies incultes dn sud de rEspagrne et de Vltalie centrale entraient par dizaines de milliers d'unités à la fois dans la grande association. Mais, à cet égard, le socialisme a suivi la même marche que le libéralisme, dont la propagande des années 1815 à 1820, tom* bant sur des illettrés, leur suggérait une foi mystique. Au reste, après ayoir connu la phase quVm peut doublement qualifier de religieuse, — (et de fait, la volonté providentielle est invoquée à maintes reprises par les « précurseurs » ou les « utopistes » français), — le communisme a traversé la crise humanitaire, qui n'était guère que le prolongement logique de l'étape précédente. Dans une troisième période, qui n'est pas encore dépassée, il en vient aux déductions rationnelles, mais conserve l'influence prédominante des individualités. Du milieu des masses prolétariennes surgissent des hommes qui, le plus souvent, ne sont pas des prolétaires, dont l'influence tient moins à la profondeur de leur critique ou à la puissance de leur raison, qu'à l'abondance de leur parole, et qui, pliant le concept révolutionnaire à leur pensée particulière, fragmentent la classe ouvrière à demi-consciente en partis poli- Irques, difl'érents ou antagonistes. Il reste à dé-'
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terminer comment le socialisme, poursuivant la transfojpmation de la mentalité populaire, Taffipanchipa dies dernières tares et la soustraira aux dernières survivances.
Dans une troisième partie enfin de notre ouvrage, nous examinerons «fuelle attitude peut prendre le prolétariat éduqué en face d'un certain nombre de problèmes, et quelles soluftions il sied d'adopter en des controverses qui se posent chaque jour, et dont Tintérôt pratique va même croissant. Plusieurs de ces questions ne préoccupent pas seulement les socialistes, mais aussi les fractions démocratiques qui se contenteraient d'une lente et faible évolution. On statuera très différemment, selon qu'on opte pour telle ou telle méthode d'action. — Pour évoquer un exemple, la propagande agraire du socialisme s'exercera à la lumière de tels ou tels programmes, suivant qu'on se prononcera d'abord pour la stricte autonomie du prolétariat, ou au contraire pour la légitimité de son alliance avec le radicalisine, champion de la petite propriété. De même, encore, des divergences d'opinion se produiront sur la valeur du légalitarisme, les uns niant totalement la réalité des conquêtes légales, les autres en exaltant la portée matérielle et morale, d'autres enfin choisissant une situation intermédiaire que
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nous aurons à préciser. Et ainsi, rien n'est plus nécessaire, avant d'envisager les rapports du socialisme avec une institution capitaliste, avec une fraction de la société contemporaine, avec une idée pure même, que de définir nettement et la conception d'ensemble à laquelle il se tient, et les conditions de croissance qui dominent son statut contemporain. '