‹ L'avenir et les BonaparteChapitre 28 sur 46 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Nous avons vu que quatre grands résultats sont obtenus aujourd'hui ; ils formaient le prélude indispensable de toute a[)plicalion de l'économie politique et des finances à la solution des problèraesque soulèvent le perfectionnement et l'organisation de la société moderne.

L'unité nationale s'est définitivement constituée. Non-seulement les races y forment un seul peuple, mais la nation française est appelée à ne former qu'une seule société.

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Le territoire est sorti triomphant des épreuves les plus critiques ; il dépend de nous qu'il demeure éternellement respecté, inviolable.

En outre, de toutes les nations la France est celle qui a le plus élaboré et perfectionne les idées d'améliorations sociales, la plus libre de réaliser chez elle les' perfectionnements que l'état des sciences et des procédés industriels permet d'entreprendre.

Enfin, à partir de 1815, nous avons accumulé une masse de plus en plus considérable de capitaux; chaque jour, le travail et l'épargne les accroissent et il dépend d'un bon système de banques et de budgets de les multiplier iodéQniment,

Cette situation devait précéder l'application des principes de la Révolution, non plus seulement à J'édification d'un nouveau pouvoir, mais à la constitution définitive de la société moderne.

Le sentiment de l'avenir, les lumières, les richesses, sont assez développés pour que la France entreprenne de délivrer le monde des convulsions périodiques que la RévolutiOQ inachevée enfante sous tous les régimes.

Que faut-il pour cela? Fonder des institutions économiques qui, pour le développement des fa-

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cultes et l'exercice des carrières, assurent désormais aux eurauls du peuple les mêmfê avau^iges (jue l'aisance de la haute et moyenne bourgeoisiegarantit aux Qls de famille.

Ce progrès, cet élat de bonheur une fois assuré,, celle immense satisfaction étant définitivement acquise aux classes nombreuses, il n'y a plus de raison pour suspendre ou restreindre aucune des libertés que réclament les classes éclairées. Les libertés les plus étendues seront saris danger le jour où des mesures seront prises pour que tous les enfants français de l'âge du Prince impérial puissent en^ jouir, et où leur usage sera nécessairement contenu et réglé par l'équilibre de tous les intérêts. Le temps est donc venu d'opérer cette giande évolution sociale, conséquence naturelle de dix-huit siècles de prédication évangélique.

C'est à l'économie politique et aux finances h faire aujourd'hui le dénombrement des conquêteset des créations du génie moderne, et à déterminer le nombre et l'étendue des perfectionnement qu'il est possible d'introduire dans l'état social.

La population française ne le cède en intelligence, en énergie, à aucun peuple du monde. Elle

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esl passionnée pour le progrès, industrieuse, économe. L'accroissement des épargnes, même avec un système vicieux, enfante des travaux gigantesques et résiste à des deslnictions de capitaux dont la dixième partie, il y a quarante ans , eût suffi pour appauvrir et bouleverser le premier empire.

Cependant nous jetons au vent des milliards sur une simple question de point d'honneur. Nous n'admettons pas qu'un peuple puisse nous être supérieur sur les champs de bataille.

Il n'y a aucune raison pour que nous restions étemeilem^nt au-dessous des Américains, des Suisses; des Hollandais et des Prussiens pour l'instruclion publique; au-dessous des Anglais et des Belges pour la liberté pariementaire; au-dessous des Ecossais pour le crédit personnel ; au-dessous des Russes mêmes pour le vêtement et l'alimentation des populations rurales.

Si la France est assez riche pour payer sa gloire, à plus forte raison est-elle non-seulement assez riche, mais assez éclairée, assez animée de sentiments généreux, pour faire de tous les Français des hommes, et de ces hommes libres, égaux de-

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vaut la nature et la science, un peuple libérateur, pacifiant, entraînant le monde par son exemple, et conquérant ainsi une nouvelle gloire plus féconde que celle des armes.

Une pareille ambition n'est pas au-dessus du progrès des lettres, des sciences, des arts; et un souverain qui travaille à ce que ses descendants se perpétuent sur le trône, et qui s'inspire, noo des préjugés des vieilles races souveraines, mais des aspirations et des besoins populaires, doit être infailliblement entraîné à en faire l'objet d'une déclaration solennelle, et à prendre toutes les mesures indispensables pour que cette grande conquête, qui exige peut-être des siècles, soit forcément poursuivie et achevée après lui par ses héritiers, comme une politique de famille.

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