CHAPITRE XXIV
BITOO a LA rOLITIQVI BX1 tTAHTlBES qu'elle PDISER* DARS I DE t4 DtHOCBATlB,
J'ai passé eo revue les grands intérêts qui me paraissaient offrir à l'extérieur et à l'intérieur les moyens d'asseoir sur une base solide les institutions impériales.
Les considérations qui précèdent auront fait comprendre, je l'espère, pourquoi dans la recherche des moyens de consolider la dynastie je suis conduit à laisser de côté les rapports internationaux.
Ce n'est pas que la politique extérieure ne puisse y concourir puissamment. Une entreprise comme
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celie du congrès a sans doute, au plus haut degré, le caractère dynastique. Mais quelque persévérance que l'on apporte à sa poursuite, quelque popularité qui s'y rattache, le public et le pouvoir luimême resteront longtemps dans l'impossibilité de rien prévoir et de rien combiner à son sujet ; ce qui se passe depuis une année le prouve sutlisamment.
Tout le monde peut se faire une idée exacte de la situation intérieure, des prétentions des partis, des besoins moraux et matériels des masses, des ressources offertes par le travail et du meilleur emploi à en faire, pour la solution des problèmes politiques et sociaux. Il n'en est pas de même de la marche des événements au dehors, des chances de paix ou de guerre, des éventualité qui peuvent renverser les plus légitimes espérances, ou foire évanouir des craintes qui paraissent peut-être tout aussi fondées. Les négociations diplomati({ues et les expéditions militaires embrassent aujourd'hui le monde entier. Nous ne connaissons de la politique extérieure que les faits qui préparent ou déterminent l'action; les raisons d'agir sont des secrets d'État.
Pour tout ce qui concerne les rapports avec l'étranger, on ne peut donc traiter des intérêts de
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ET LES BONAPARTE. I9fl
la dynastie que d'une manière générale, et si de ce qui a été dit à ce sujet je voulais conclure la marche à suivre, les résolutions à adopter, j'aurais ■de grandes chances de compromettre par des vues chimériques le résultat d'une étude dont tout le mérite ne peut consister que dans la solidité du terrain sur lequel elle a lieu.
Un seul fait semble certain dans les affaires du ■dehors, c'est que plus les communications s'accérlèrent et s'étendent, plus les races même les plus étrangères les unes aux autres par le sang, le tangage et les mœurs se rapprochent et se pénètrent, et plus la France agrandit le champ de son action :morale et politique.
Le gouvernement impérial multiplie les expéditions lointaines. Il prévoit évidemment que les luttes ■qui ensanglantent l'ancien et le nouveau monde font converger les États vers une pondération et une harmonie universelle et définitive.
N'est-ce pas en effet là destinée du genre htitnain?
La France, si profondément engagée dans ces luttes, o'a-t-elle pas un rôle de -premier ordre à jouer dans le règlement définitif des affaires du
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SIfl L'AVEKIR
monde? Dès lors, ne doit-elle pas se tenir prête à prendre parti dans toutes les éventualités?
Ce n'est pas à dire sans doute qu'elle doive prétendre à dicter seule des lois. Mais elle peut s'assurer et garantir à tous qu'aucune autre puissance n'élèvera cette prétention.
Pour la première fois on voit au milieu de l'humanité un État de premier ordre dont la politique extérieure embrasse, dans une conception véritablement civilisatrice, le gouvernement des intérêts conlineniaux du globe, comme, à partir de 1815, l'Angleterre a embrassé dans sa surveillance toutes les mers.
Avant que Napoléon III visât à pacifier le vieux monde, à fonder entre les divers peuples de TEurope uo état d'arbitrage et de désarmement, le drapeau français, déjà solidement planté sur deux points du continent africain, avait pris position en Cocliinchine, en Chine, au Japon, et enQn a» Mexique.
Nous faisons, en commun avec l'Angleterre et l'Espagne, la police dans l'extrême Orient, et plus d'une fois on a cru que nous étions h la veille d'intervenir dans la lutte des États-Unis.
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Le moade marche ainsi à l'unité sur l^rre et sur mer.
Le but, «icore éloigné peut-être, vers lequel on converge, c'est un état de choses où toutes les nations avancera s'accorderont enfin pour régulariser en commun le gouvernement et l'exploitatioa du globe..
Mais pour en venir là, par quelles crises ne devons-nous pas encore passer! et combien ne sommes-nous pas intéressés à nous Tortifier à l'intérieur!
Soit que nous devions traverser de nouvelles épreuves, soit qu'elles puissent être évitées, le succès tinal n'aura lieu qu'à la condition de pouvoir intervenir au milieu des complications actuelles du monde, non-seulement avec toutes les forces naturelles dont la France est dotée, mais encore avec l'empire moral qu'exerce sur les autres peuples son perfectionnement intérieur, empire moral qu'il est par conséquent indispensable d'élever aujourd'hui à son plus haut degré de puissance.
Le rétablissement de la liberté, l'organisation de la démocratie par l'éducation, la retraite et le crédit, une foule d'autres bienfaits tels que la réduciion
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(les taxes, le prompl achèvement des cliemias vicinaux, les encouragements aux travaux publics reproductifs, un bon système de banques, formeot aujourd'hui dans nos rapports avec l'étranger une arme de guerre morale plus puissante, plus irrésistible que DOS canons rayés et nos navires blindés.
Et c'est parce que l'accélération du progrès social met la France en mesure, quelles que soient les éventualités du dehors, d'en tirer fe meilleur parti, c'est- pour cela que ce grand intérêt me paraît former la pierre angulaire de l'établissement dynastique.
On a vu, par l'exemple de Guillaume III, que si l'on voulait, dans des circonstances évidemment plus défavorables, être aussi habile que lui, l'élévation des classes nombreuses à la vie civilisée pourrait être successive, mais que le retour à l'état de liberté devait être immédiat et complet; que ce n'était pas chez nous une série de concessions à faire, puisque la liberté comme l'ordre étaient en France des biens acquis, possédi'^s par la bour^ geoisie, de même que les privilèges nobiliaires par l'aristocratie britannique; et qu'il fallait se mettre au plus tôt en ra3sure de'Ies restituer intégralement.
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Or, daas les conditions où se trouve aujourd'hui le pays, le pouvoir considère l'état complet de liberté comme un des plus grands dangers. Il faut donc changer ces conditions, éteindre les rancunes, les intrigues, les regrets que l'on redoute, dans une transformation aussi considérable que possible du sort des classes populaires. On y est sollicité par cette considération qu'aujourd'hui, lorsque les plus favorisés parviennent à s'élever au-dessus de leur condition, ce changement d'état s'opère par leur seule énergie, en dehors de toute sollicitude, de tout concours bienveillant de la société et du gouvernement. Il y a un danger, lointain mais maniresle, à laisser l'avènement de la démocratie s'effectuer homme àhomme, et là seulement oii se trouventpar exception des circonstances et des occasions qui développent trop souvent chez les heureux parvenus, avec le sentiment salutaire de la responsabilité personnelle, l'exagération de l'individualisme.
Dans l'intérêt de la paix sociale autant que de l'affermissement de l'ordre, il faut faire de l'avénement des masses une entreprise qui inculque dans le peuple un autre esprit, qui élève son âme, la remplisse d'impressions favorables aux idées de patrie
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et de civilisatioD. Pour cela, it est nécessaire de donner à rétablissement de l'éducation nationale et professionnelle, de l'assistance et du crédit populaires, des bases assez larges pour que ses biea&its s'étendent à l'universalité de la démocratie, comme s'y est déjà étendu le droit de suffrage. Il faut que cette dernière conquête ait le caractère d'une fondation politique; et, si elle a ce caractère, étant due à l'initiative personnelle de l'Empereur et devant être patronnée , développée et complétée par ses héritiers, elle devient la base la plus profonde, la plus solide de l'édifice qu'il veut fonder.
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