‹ L'avenir et les BonaparteChapitre 31 sur 46 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Les progrès de la fortune publique et l'expérience que Napoléon III a acquise en matière de fioances, le justifieraient certainement d'appliquer aujourd'hui les ressources de l'emprunt à une grande fondation ayant pour objet de pacifier les conflits intérieurs , d'écarter toutes les causes de bouleversements, et d'assurer dans l'avenir, dès aujourd'hui, un cours régulier aux conséquences même les plus éloignées du progrès social.

L'Empereur ne pouvait, au début de son règne, être aussi hardi en matière d'améliorations qu'il l'a été pour la guerre. Il arrivait au pouvoir, soldat de

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cœur et de professioD ; il lui appartenait de décider seul la campagne de Grimée, d'entraloer la France et de lui faire recoaquérir la position qu'elle occupait dans le monde avant les traités de 1815.

Mais s'il était bon écrivain, publiciste, économiste même, il n'était pas Qnancier. En fait d'améliorations, bien qu'il eût parfaitement marqué le but, l'extinction du paupérisme^ il ne devait pas se sentir apte à concevoir et à proposer, comme chef du pouvoir, aucun plan de réalisation immédiate de celle mesure:

Mal préparé par ses antécédents à l'exécution de son idée de Ham, il a été au plus pressé. Il a fait ce que la bourgeoisie pouvait accepter sans discussion, et ses ministres exécuter sans efforts. Il a été généreux pour le travail, réservé en matière d'éducation et d'assistance. Il a favorisé le chantier, l'atelier; il ne pouvait s'occuper de la famille du peuple.

Est-ce à dire que Napoléon III ait renoncé pour jamais à imprimer aux combinaisons Bnancières du perfectionnement social le cachet de sa position et de son origine ?

L'expérience de tant d'opérations de crédit et de

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finances dont souvent il a pris personnellement l'initiative, l'iDtroduction du nouveau mode d'emprunt par voie de souscription nationale, la réforme douanière, qui sont ses créations, lui permettentelles de secoQsidérer encore aujourd'hui comme un financier novice, et la méfiance de lui-même auraitelle une excuse?

Après douze années de pratique, et dans l'état de prospérité où il a placé le pays, ce ne serait pas une tentative présomptueuse ni chimérique que celle qui se proposerait d'organiser financièrement le progrès populaire et Tordre social, en s'inspirant de l'étendue même des ressources que son gouvernement à créées, et de la justesse, de la vigueur de son propre esprit.

Charles X, premier gentilhomme de son royaume, a réussi à faire inscrire au grand-livre un milliard pour rindemnité aux émigrés ; et si le plan proposé par M. de Villèle pour la conversion eût été adopté, ce milliard n'^ût rien coiîté aux contribuables.

Napoléon III , qui s'est déclaré le premier des parvenus, peut-il faire moins pour mettre le peuple en possession des bienfaits de la vie civilisée par

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