‹ L'avenir et les BonaparteChapitre 32 sur 46 · S , L'AVENIR · texte numérisé non relu

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l'éducation, le crédit, la retraite, le développement des travaux publics et la réduction des taxes? Évidemment il peut et il doit faire plus.

Sans doute, la transformation des conditions d'existence de millions d'individus ne saurait avoir lieu par un coup de baguette ; mais on peut décider que cette transformation aura lieu. On peut y ea* gager les finances de l'Élat pendant un nombre d'années suf^sant pour que le peuple soit assuré qu'elle sera complète, et pour que la condition future de ses enfants, de par la loi du budget, soit dès ce moment dans ses mains un droit acquis, un bien patrimonial, comme la succession au trône est, de par la constitution, te droit des héritiers du souverain.

Après toutes nos révolutions ^ et au point de prospérité que nous avons atteint, c'est un devoir pour les sociétés modernes de n'apporter à l'amélioration du sort des masses d'autre limite que celle des ressources.

Ces ressources s'accroissent chaque jour. Elles ont été telles dans ces derniers temps, que près de deux milliards ont pu être absorbés et détruits par la guerre, sans nuire aux travaux publics.

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ËcoQomiquemeQt parlant , l'emprunt pour la guerre n'est pas un placement. C'est un sacrifice, nécessaire peut-être au point de vue de l'honneur, de l'intérêt du pays, mais qui épuise les ressources et ne produit rien.

L'emprunt pour l'éducation, la retraite et l'assistance du peuple, l'emprunt pour la réduction des taxes et le prompt achèvement des travaux d'utilité publique, est de tous les emplois de fonds le plus productif; il accroît les conditions d'ordre et de stabilité; il développe le moral et met en valeur les forces productives de la population, comme les appels de fonds pour les chemins de fer ont mis en valeur les forces du territoire. L'intelligence, les facultés du peuple sont aujourd'hui une terre en friche. Labourée et ensemencée, elle rendra au centuple les frais de culture.

Mais l'enseignement le plus précieux est celui qui développe le cœur de l'homme. Le gouvernement mettra cet enseignement en action dans les ménages du peuple, et tournera les premières impressions de l'enfance vers le respect de la famille, en y organisant, d'une manière nationale et vraiment chrétienne, l'assistance envers la faiblesse et

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les souffrances, et la retraite au profit des vieillards.

Si, pour le progrte de l'éducation, de la retraite et de l'assistance populaire (dernières promesses de la révolution non encore accomplies, et aussi grosses de prospérité matérielle que d'avantages politiques), on compte uniquement sur des économies ou des accroissements d'impôts, on ne fera rien d'assez grand pour laisser un souvenir et faire naître une espérance dans le cœur des populations, rien de nature à paci&er la société, à consolider l'ordre , rien enfin qui ait le caractère dynastique.

Il faut donc recourir à l'emprunt, et le faire dans des proportions assez larges pour qu'elles permettent de commencer l'organisation de l'enseignement professionnel, de la retraite et de l'assistance, sur tous les points du territoire.

L'exécution d'ailleurs offre-t-elle des difiScultés? N'est-il pas clair que l'Institut, les conseils généraux de l'agriculture et des manufactures , les chambres de commerce, l'Académie de médedne, l'Ecole des beaux-arts, etc..., renferment toutes les spécialités nécessaires à la formation d'un consei de perfectionnement de l'éducation nationale

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et professionnelle, au point de vue de la fonnatioa des caractères et du déAeloppemeDt des aptitudes naturelles ? Ce conseil, tout en perfectionnant les établissements existants, pourrait arrêter les bases d'un nouveau système complet, embrassant l'organisation et la bièrarchie des écoles de tous les degrés, élaborer les programmes d'études de chacune d'ellçs, aider le gouvernement pour le choix des professeurs et des conseils d'examen chargés de délivrer les diplômes d'eutrée et de sortie des nouvelles écoles.

Les ingénieurs, les cultivateurs, les fabricants, contre-maîtres, maîtres-ouvriers, les écrivains, les artistes, ofirent le personnel des professeurs. Il s'agit seulement de bien choisir dans leurs rangs.

Les vides créés ainsi dans une fouîe de carrières offriraient des occasions de placement aux travailleurs sans emploi.

Dans ces conditions , on est assuré qu'avec un bon système de banques les capitaux privés viendraient compléter librement les créations de l'initiative publique, par l'établissement de nouvelles sociétés de crédit ayant spécialement pour but de faire des avances aux communes, pour la con-

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slruction et l'aménagement des écoles, et aux élèves à la fin des études, pour leur faciliter l'entrée et l'apprentissage des carrière vers lesquelles le diplôme obtenu les dirigerait.

Dès lors, il est clair que l'assistance pourrait prendre la plus grande extension sans exiger un emploi de capitaux hors de proportion avec les ressources sociales.

Sous quelque aspect qu'on l'envisage, cette nouvelle application du crédit public à la mise en valeur du CAPITAL HUMAIN devra facilement triompher des difficultés, et exciter peut-être dans un certain monde autant de sympathies qu'elle aura causé d'abord de surprise et d'incrédulité.

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