CHAPITRE XXVII
ExaminoDS maintenant si la satisractioa des vœux de la bourgeoisie doit être un obstacle absolu à la réalisation du plan.
Le gouveniement, dans les conditions où une large application de l'emprunt à l'éducation, au crédit et à l'assistance populaire aurait placé le pays, pourrait-il redouter encore le rétablissement complet de la liberté?
Dans les régions ofScielIes, on le croira d'abord peut-être ; mais la réflexion ne tardera pas à dissiper les incertitudes et les préventions.
Si la liberté était rétablie sans contre-poids, elle
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ne pourrait être que partielle et précaire; car au milieu dç la complication des événements, avec le privilège exclusif accordé à la classe bourgeoise d'en faire usage, le gouvernement redouterait encore qu'elle ne devint un instnimeat d'agitation, une cause d'affaiblissement en Tace de l'étranger.
Cette crainte n'est plus possible du moment que l'avènement de la démocratie et l'extinction du paupérisme sont devenus le principal objet de la politique de la nation entière, aussi bien que de l'initiative du pouvoir.
Dès lors, la liberté cesse d'être uo danger pour la dynastie; elle devient son salut, au contraire, car elle fait cesser une situation pleine de périls.
L'Empereur ne saurait se faire illusion sur le mouvement des esprits- Avant qu'il saisît le pouvoir, la bourgeoisie avait joui sans interruption pendant trente-cinq années de la liberté de la presse et de la tribune. Une génération arrive à la vie active, héritière de cette tradition puissante, insensible aux nécessités qui en ont interrompu le cours, et dont elle n'a pu apprécier la valeur.
Si Napoléon III ne donne pas de son vivant la
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liberté au pays, un règne faible, une minorité pourra rendre après lui son rétablissement mévitable. Elle sera alors une concession arrachée au pouvoir et dont la nation ne lui saura aucun gré.
Aujourd'hui l'absence de liberté donne à croire que le gouvernement actuel de la France n'a pas l'assentiment des classes éclairées, elle fait naître une idée triste et fausse du suffrage universel.
La dynastie des Bonaparte aurait, au contraire, une raison de durée plus solide qu'aucune des dynasties qui ont existé ou qui existent encore, le jour où Napoléon III manifesterait, par une résolution magnanime, que la politique traditionnelle de sa race est l'extinction du paupérisme dans la génération contemporaine et dans les générations futures, par lui et ses héritiers, et oîi il aurait "attaché à cette politique traditionnelle le concours de la bourgeoisie en faisant dépendre le rétablissement de la liberté du vote des emprunts destinés à transformer les conditions d'existence du peuple.
Si le Corps législatif s'associait à cette fondation, et aussitôt que le plan dynastique aurait été mis à exécution, quelles terreurs imaginaires pourrait
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faire naître la perspective de reterer la tribune, de rendre aux députés des départements la proposition des lois, de mettre fin au régime des avertissements et de rendre aux journaux la juridiction du jury?
On le voit, sous tous les aspects, la combinaison financière et [>oIitique qui fait marcher de front t'avénement de ia démocratie et le rétablissement de la liberté répond aux besoins du temps, aux nécessités de la situation. Elle estjustiliée par des ioDOvationg couronnées de succès, elle est conforme aux enscif^nements de l'histoire, puisque c'est par une conciliation d'intérêts analogues que Guillaume d'Orange a tracé le sillon où s'est affermie la maison de Hanovre. Lui aussi il a satisfait simultanément la classe parvenue et la classe en progrès.
Cette combinaison, dont la puissance, l'efficacité semblent certaines , n'a réellement contre elle que sa grandeur même, et la surprise, la défiance peut-être , que son caractère radical jetterait dans
Aussi serai-je le premier à reconnaître qu'elle ne peut être formulée en projet et proposée aux assemblées, sans préparation.
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Comment amener l'opinion à l'envisager sous son vrai jour et à s'y rallier?
Il y aurait un moyen certain d'y parvenir; ce serait d'obtenir que les hommes les plus influents dans le domaine des idées et dans le domaine des allaires se liijsenl les patrons de la combinaison.
Nul ne peut nier que si la presse officielle et la preàse libérale étaient unanimes pour développer tous les avantages politiques et sociaux, que le pays doit en retirer, l'opinion ne fût promptement édifiée à ce sujet.
Et, d'un autre côt^, il est tout aussi évident que si les avantages de la combinaison des empiunts, l'accroissement de prospérité qui devrait en résulter, étaient reconnus et mis en évidence par les chefs de la grande industiie en possession de la lontiance des capitalistes, elle aurait toutes les chances de rallier à elle l'adhésion du monde financier.
Par ce double concours, ce seraient les lorces libres de la nation qui s'emploieraient à la consolidation de l'édilice dynastique.
Arrêtons-nous un moment sur cette idée, qui mérite eo eflet d'être approfondie.
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