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Ce concours de circonstances amène une conséquence forcée : c'est que la minorité seule est profondément attachée à l'ordre, et que le grand nombre, composé des petites industries, de la petite et moyenne culture, des professions libérales et manuelles . et de la grande messe des employés., loio d'avoir peur de l'inconnu, est, pour peu que la situation générale y prêle, disposée au changement.
Le socialisme aspire à transformer la loi de distribution des capitaux. Evidemment c'est impossible; il faudrait bouleverser la société entière. Et trouvât-on une meilleure organisation du travail, comment y rallier toutes les convictions ? Comment faire consentir l'universalité des producteurs à une pareille révolution?
On ne peut pas changer, du tout au tout, un état de choses qui a sa racine dans la constitution de la propriété et dans la liberté des transactions, double base sur laquelle repose l'ordre sot ial, et qui s'est constituée lentement par le travail des siècles. Si l'on voulait substituer à la transmission des héritages, à la liberté du travail et de la spéculation, un procédé soi-disant plus moral, mais réglementaire et non consacré par la tradition et l'assenli-
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inenl; universel, on arrêterait l'élan des grandes entreprises, on stériliserait la source même de la production, on rendrait le progrès du bien-être impossible et l'on perpétuerait les germes de révolution.
D'un autre côté, on ae peut pas davantage, sous l'empire du suffrage universel, conserver cette disproportion cboquante qui existe entre la condition du grand nombre et la condition de la minorité; l'intérêt de sa conservation autant qu'un véritable patriotisme invite la société à corriger, par tous les moyens qui sont en son pouvoir, les vices d'un mode de distribution et d'accroissement de ricbesses que l'on ne peut pas changer.
Rien ne s'oppose, non pas à ce qu'on change la loi naturelle de distribution , mais à ce qu'on eu améliore les effets, à ce qu'on en diminue les abus. La cboseest d'autant plus facile qu'il ne s'agit après tout que d'aider à un mouvement qui s'opère de lui-même.
L'exemple des chemins de fer montre (pi'ii est de l'essence même du travail, en se multipliant, D'AVGMEISTEH la part faite au producteur el au consommateur, et DE REDUIRE la part faite au.v capitalistes.
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Pour attirer les capitaux dans la grande iodustrie anonyme, de manière à y créer un courant d'activité puissant et fécond, il a fallu au début attribuer aux actioDnaires des profits correspondants aux risques que l'inconnu faisait naturellement redouter.
En 1852 , les promoteurs des chemins de fer n'avaient pas encore donné les preuves d'habileté que les entreprises réalisées depuis ont mises en pleine lumière; la nature même des opérations était nouvelle, leur produit pour le moins incertain, puisqu'il reposait non sur un courant d'affaires en cours d'exécution, mais sur une multiplication supplémentaire que la' carrière inconnue où l'on entrait devait produire.
Peu à peu le succès a déterminé la confiance des capitaux, et les primes obtenues par les litres à leur émission ont diminué.
Bien plus, les litres eux-mêmes ont changé de caractère. On a pu substituer des obligations rapportant un intérêt fixe aux actions. Ainsi, c'est la multiplication des travaux provoqués par la construction de plus en plus développée des chemins de fer, qui a permis de réduire les avantages du
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capilalisle el d'augmeater la part du producleur et du consommateur.
Il faut donc encourager l'activité industrielle dans toutes les directions. Loin de modérer l'esprit d'entreprise, l'administration doit lui donner le plus libre essor; loin de redouter qu'on travaille trop, elle doit toujours trouver qu'on ne travaille pas assez; parce qu'il existe une inégalité de distribulioii qui menace incessamment l'ordre social et par suite la stabilité des institutions, et que c'est le développement indéSni, sans entrave et sans repos, de l'emploi des facultés du pays qui, en augmentant incessamment la masse des ressources, rétablit l'équilibre par une distribution de plus en plus juste des produits.
La base de l'ordre social et politique n'est pas âxe, elle est mobile; c'est le progrès en mouvement.
Cela est vrai surtout dans le domaine de la pro-duction, à laquelle on ne saurait, à aucun moment donné, assigner de limites.
Voilà les principes auxquels il importe de convertir la Banque et le ministère des finances, dans l'intérêt dynastique. Et, pour les guider dans cette voie nouvelle, pour leur indiquer la nature des
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mesures à prendre, à qui est-il nature) et logique de s'adresser ? Évidemment aux chefs de l'industrie , à ceux qui ont donné la mesure de la justesse de leurs calculs, par la grandeur des créations qu'on leur doit et dont ils continuent à assumer ta responsabilité.
Le gouvernement est ioléressé non pas seulement à favoriser leurs vues quant au développement à donner aux. travaux, mais à les associer à l'administration de la fortune publique et à leur demander d'arrêter les bases d'une réforme de notre vieux système de banque et de budgets, qui réponde aux besoins nouveaux du travail et des
C'est notre système financier, en effet, qui est défectueux , parce qu'il repose sur «ne hypothèse en contradiction avec la réalité des choses. Cette hypothèse, c'est que tout dans l'État est soumis à la loi du progrès, excepté pourtant les combinaisons qui ont pour objet d'économiser les moyens d'action et de tirer le meilleur parti des ressources.
Tout progresse, en effet ; les travaux publics ont partout substitué la vapeur aux aacienë moyens de transport; la guerre et la marine renouvel-
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lent sans 6n leur malénel d'attaque et de défense; la diplomatie poursuit l'idée du désarmement ; l'admiaislration décentralise; le système protecteur fait place au libre échange ; dans les fînances même la souscription nationale succède aux adjudications; l'esprit d'innovation, enfin, s'introduit partout; mais à entendre l'administration, ni la circulation du numéraire et des capitaux, ni les conditions d'emprunt et d'amortissement, ni l'escompte, ni les avances de banque, ni l'ordonnance générale du budget, ne sont susceptibles de perfectionnement. L'unique bienfait que les contribuables el le travail national ont à attendre du Trésor, c'est la fermeture du grand-bvre.
Tel est le système !
Assurément ce n'est pas l'appui ni la confiance du souverain qui lui ont manqué, ni le talent, le zèle et la conviction de l'homme chargé de le mettre en œuvre. Et il est même heureux qu'un administrateur éprouvé comme M. Fould ait accepté la responsabilité d'une dernière et solennelle épreuve ; car après lui qui oserait la recommencer ?
On ne saurait le faire sans mettre en péril le grand intérêt que poursuit l'Empereur.
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Il faut un système de banque, d'impôts et d'emprunts à ia hauteur de l'entreprise des Booaparte. Il n'y a pas de plus grand ennemi de la stabilité des institutions que l'inertie et les expédients en matière de finance.
Sans la résolution énergique d'introduire dans tous les ressorts de l'industrie nationale le même esprit de progrès que la guerre et la marine appliquent aus engins de destruction, le sort des masses ne s'améliorera pas proportionnellement à l'ambition qui les tourmente età la position politique qu'on leur a faite. Plus le contraste entre les sommités et lesbas-fouds de la société sera maintenu, plus il sera dorïloureusement senti, et plus aussi, dans les moments difficiles, il menacera de devenir la source de nouveaux bouleversements.
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