‹ L'avenir et les BonaparteChapitre 6 sur 46 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

■ HENT LES DTNkETlES ONT ËTË ËTABI

Quelles sont les conditions essentielles qui ont favorisé la succession régulière du pouvoir dans «ne même race?

L'étude de toutes les dynasties qui ont jeté dans le cœur des populations des racines profondes conduit à constater les faits suivants :

Il ne suffit pas d'un grand homme, ni même d'une succession de plusieurs grands hommes pour garantir la longévité d'une dynastie; témoins Pépin d'Héristal, Charles-Martel, Pépin et Charlemagne, qui n'ont rien fondé, et sous lesquels

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s'est organisée, malgré eux, la féodalilé, institutioa plus forte que leur race, et qui a fini par la déposséder du pouvoir.

Ce n'est pas uon plus la succession de princes incapables ou médiocres qui- rend uue dynastie impossible, témoin les premiers Capets, sous lesquels a pris racine une dynastie qui a duré huit cents ans; témoin la reine Anne et les trois premiers George, qui ont occupé le trône d'Angle- , terre pendant plus d'un siècle, après Guillaume et Marie, et fondé la maison de Hanovre.

Deux conditions essentielles sont nécessaires pour qu'une dynastie s'enracine dans le sol.

Il faut d'abord qu'il se forme une politique nationale à longue portée, que des princes puissent adopter et poursuivre de génération en génération) une maison souveraine n'est réellemenl fondée que lorsque la partie progressive de la nation, aspirant à une conquête qui exige le labeur de plusieurs siècles , la direction et le gouvernement de cette entreprise sont devenus, aux yeux de tous, l'esprit traditionnel et le point d'honneur d'une famille.

Pour qu'une dynastie se fonde et se maintienne, il faut donc avant tout qu'il existe un idéal pour-

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suivi par ta nation, et que ia famille souveraine l'adopte.

Mais cette condilion essentielle n'est pas la seule. L'exercice de l'autorité doit être contenu par un frein aussi traditionnel que les droits du souverain. C'est ce frein qui garantit l'État et la dynastie elle-mèoie contre les conséquences défavorables que pourraient faire naître, dans les rapports du souverain et de la nation, les défaillances de la nature et les lacunes du droit public.

Ainsi, deux éléments essentiels constituent la vitalité des dynasties. Il faut qu'elles trouvent dans la nation même un idéal et un frein. Et c'est en acceptant leifrein et en s'inspirant de l'idéal, que se forment d'une manière durable l'esprit et le mécanisme de l'institution.

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