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CONCLUSION

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Placé entre le parti radical qui croit encore à la . légitimité de la propriété individuelle et le parti sociaà liste qui travaille, mais avec un esprit trop exclusif et

va Ga

& de

126 L'AVENIR FRANGAIS

trop démolisseur, à améliérer le sort du prolétariat, le parti libéral est à la fois conservateur et réformateur. S'il ne met pas précisément en avant le titre de modéré, il ne le récuse pas. Quand ses adhérents ont constaté que telle institution, telle coutume nouvelle n'est contraire ni à l’équité, ni à l'intérêt général, ils l’acceptent sans arrière-pensée, quitte à « se retourner » du mieux possible pour ménager la transition et sauvegarder leurs intérêts propres par des moyens également nouveaux. Le moment est proche, ou plutôt le moment est venu où une tâche bien lourde va incomber à tous les ‘artisans de la fortune nationale, à tous les dépositaires des traditions patriotiques et à ceux qui assument la lourde responsabilité d'avoir à gouverner les uns et les autres. L'union sacrée qu'ils ont tous invoquée peut-elle se maintenir ? Ce qui la menace, on ne le voit que trop. Pensons donc de préférence à ce qui peut nous en conserver le plus de restes possible, et soyons reconnaissants à l'élite du parti radical qui vient tout récemment d'encourager en cela nos espérances.

Depuis la mort de Jaurès, on signale comme pouvant représenter désormais le parti socialiste des hommes d'une éloquence moins tapageuse, mais d’une grande puissance de travail et qui, en ce moment, donnent toutes sortes de preuves de leur dévouement aux intérêts de la défense. Jusqu'à présent, ils ont repoussé le monopole de l'enseignement. S'ils ont fait trop de concessions à l'anticléricalisme, ils ont insinué qu'il ne fallait pas le pousser trop loin: ils ont flétri (1) « l'anarchie et la politique de clocher » et ce qu’ils appellent « le politiculage des mares stagnantes »; ils sont donc pour la représentation proportionnelle. Par l’inter-

(1) Voir là Politique socialiste, de M. Albert Tomas (dernières pages).

médiaire de M. Sembat, M. Albert Thomas va jusqu'à tendre un bout du doigt à Charles Maurras, pour demander, lui aussi, « plus de durée, plus de constance et plus de cohésion dans le gouvernement ». Le parti radical, au Sénat surtout, tient bon pour le droit de propriété individuelle et pour le respect des contrats.

C'est aussi &e lui, semble-t-il, qu'est partie l'initiative :

d'un groupe parlementaire ouvert aux députés comme aux sénateurs et portant le nom significatif d'action nationale. Que ceci soit entendu et consacré, le parti libéral dira volontiers au parti socialiste : « Tout ce que vous obtiendrez librement, par vos efforts personnels, par l'accumulation de vos contributions volontaires, ingénieuses, inspirées de ce sentiment de solidarité que vous tenez tant à propager, tout cela doit être accepté d'avance. » Pour que tout cela se réalise, les socialistes auraient bien fait, comme on le conseillait

aux socialistes belges, de reporter du côté des libéraux

et des catholiques amis des œuvres, un peu de cette condescendance dont ils abusaient à l'endroit du radicalisme tracassier. ;

L'auteur de la brochure intitulée Socialisme et syndicalisme (1) écrit : « Tout le problème se résout en une question de capacité de la classe ouvrière, que les événements permettront seuls d'apprécier. » Mettre à un prix si légitime l'ascension de ceux qui se montrent impatients de monter, c’est déjà beaucoup. Et cependant, tout le problème serait-il ainsi résolu? D'abord on

ne pourra jamais reconnaître à tous et à chacun des capacités égales. Puis il y a l'usage à en faire, il y a l'usage qui en est fait. L'ancienne bourgeoisie avait certes fourni les preuves de sa capacité, ce qui n’a pas empêché que, dans ses propres rangs, on fui ait

(1) Hubert LAGArDEeLLs, Bibliothèque du mouvement socia- -

liste, &. IV, p.51.

demandé autre chose encore, plus d'esprit de solidarité, plus de souci de la destinée des humbles, plus de He promptitude à accepter certains sacrifices — la fraction

la plus heureusement exigeante résumait le tout

en disant : plus d’esprit chrétien. De même, au-dessus

d'une meilleure et plus patiente formation technique,

au-dessus d’une intelligence plus attentive à ce qui.

est possible et à ce qui ne l’est pas, on est en droit d'attendre des socialistes plus de respect des initiatives individuelles, plus de respect des droits acquis par la valeur de la personne, plus de respect des libres groupements d'intérêts d'ordre spirituel, un retour enfin plus confiant à l'honneur de cette famille une et

stable d’où découlent les vertus sociales aussi bien que

les vertus privées.

. I fut un temps, assez court, du reste, où libéraux et socialistes eurent cà et là l’idée de s'allier sur le terrain électoral, dans l'espérance de faire reculer la tyrannie des radicaux d'alors. Généralement, le prix offert par les socialistes était la promesse d'un ralentissement de la lutte anti-religieuse ; aucune mesure réparatrice n'était annoncée, on condamnait seulement le régime des décrets, les suppressions violentes et les tentatives

de monopoles administratifs. Le sacrifice, si c'en était

un, n'avait pas de quoi peser beaucoup à ceux des socialistes qui y souscrivaient. En tout cas, devant la propagande générale du parti, devant son hostilité fondamentale à toute idée religieuse et à toute idée spiritualiste, devant l'expérience acquise d’un mouvement enveloppant destiné à ruiner toutes nos traditions,

quel crédit pouvaient longtemps garder trois ou quatre

pactes où la lettre était peut-être assez respectée, mais où lesprit matérialiste et niveleur subsistait quand même, agissait quand même”? En maintes circonstances sans doute, les radicaux ont provoqué plus de colère et plus de mépris par ce qu'on leur voyait de violence

e, 4 sincérité oi de calculs ambitieux, de omplaisances intéressées et rapetissantes. Tout cela

ri nl nouveau ou + dans ses chefs ét

dans ses membres, instruits par l'expérience et plus | encouragés à l'entente qu'à Ia désunion par les sou- venirs de la grande guerre, saura nouer des rapprochements plus bienfaisants. Qu'on imagine, si l'on veut, quelque dénomination nouvelle, parti de l'union, parti de la concorde, parti de l'action nationale, ou que dans È ua élan de générosité jeune, mais müûrie, on ouvre large- - ment les rangs à une inajorité libérale, active et réfor- matrice, il y aura certainement à opérer des groupements ouveaux. Qu'ils se laissent pénétrer de cet esprit que nous souhaitions à notre art et à notre littérature, de cet esprit qui fait servir au culte de l'idéal la connais-

sance altentive, la pratique méthodique des réalités ete

: de leurs lois. |

L'avenir de l'officier.

La vague d'enthousiasme et de vaillance, mais de souffrance aussi, qui, depuis près de trois ans, soulève tous les Français, n’a, somme toute, rien bouleversé, ni surtout rien compromis gravement. On peut même ar dire que tout en multipliant les morts prématurées et De les ruines heureusement plus réparables, elle a rap- | proché, mêlé, poli, arrondi, pourquoi ne pas dire embelli et transfiguré un bien grand nombre de ces pierres qui doivent bientôt rentrer dans l'édifice social. ; Quelle place sera réservée aux unes et aux autres? 4 Dans quel plan seront-elles appelées à se ranger? Com- à ment le mode de rapprochement et de mutuel soutien qui en suivra modifiera-t-il l'efficacité de leur action réciproque ? Quel profit en résultera-t-il pour les intéressés et, de proche en proche, pour l’ensemble entier du pays?

Parmi ces éléments de résistance et de support qui attendent les fondations et reconstructions de l'avenir, f que peut-on pronostiquer de ces deux groupes d'hommes qu’on appelle les officiers et les patrons? Les uns et

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les autres ont été bien altaqués, bien menacés même ; * et ce n’est pas sans raison que, malgré l'apparente opposition de leurs études et de leurs genres de vie, on

les a rapprochés dans cette défiance obstinée de l'auto-

rité qui est chez nous un mal périodique. Les uns et

ss les autres se vouent à des tâches que des masses de subordonnés doivent réaliser par leurs efforts de tous

les instants, mais dont ils ne peuvent que partiellement apercevoir par eux-mêmes les difficultés et le prix. La confraternité de la bataille où se sont unis tous les

rangs, tous les métiers, tous les grades, tous les titres à la reconnaissance et à l'admiration nationale aura-t-elle modifié ou promet-elle de modifier ce mode äe concours ? Apportera-t-elle dans l'organisation et dans la vie des forces publiques des modifications qu'il y ait ee. lieu de suivre avec confiance ? H y a là bien des questions qui méritent d'être posées. Et, puisque c’est surtout à l'officier qu'est pen la parole, parlons tout d’abord de lui.

Dans son livre sur l'Armée nouvelle, écrit peu de temps avant la guerre, Jaurès manifestait très éloquemment un grand amour de la patrie et un vif. is désir de la voir servie par une armée puissante. Qu'ü soubaitât de voir l'armée et la nation ne faire qu'un, qu'il demandât à la société française des réformes de nature, suivant lui, à confirmer une telle union, à la rendre sensible et forte dans les plus petits détails de la vie collective, assurément c'était son droit, c'était, dira-t-on de plus d'un côté, sa mission. Il semble toutefois qu'à cette fusion étaient mises des conditions bien lointaines. Plus d’un lecteur aura même pu se laisser persuader que tant que le programme socialiste n'aura nas effectivement donné, par sa victoire, la limitation

er légale des heures de travail, le minimum légal de Re salaire, l'accès légal à la propriété pour tout le monde, 4 et beaucoup d’autres choses encore, l'unité de la défense

‘omme tout à l'heure nous disions bravo à cexu qui, u | oies toute di e Sociale, demandaientune

par Je pratique tell du à dévouement Mars qu'il

tives au logement, à nn ue ance contre.

$ oe les ris sue de la vie, pour que les soldats de ailient au feu sans arrière-pensée,

des et d'hypothèses. C'était surtout montrer une contance insu{fisante dans l'armée et dans la nation telles

l'ellés sont encore à l'heure présente. Pour que l'araée selon les socialistes devienne ce que prophétise le

… patriotisme — indéniable — de M. nes il faut encore, paraît-il, bien des vertus dont on pourrait croire que nous’ ne possédons encore que les promesses. Soit! mais la nation et l’armée de 1014-1916 n’ont eu besoin que d’être ce qu'elles étaient, pour vaincre sur la Marne et sur 'Yser. Jamais on n'aura eu, jamais on aura d'armée plus populaire dans tous les sens du

c'est possible; mais plus, assurément

veillé, n'est plus qu'une banalité. Ceci n’est pas pour discréditer d'avance les projets @e réforme sociale; poele que ces projets se heurtent souvent à des dif-

En”

ficultés qu'on ne voit pas assez et dont quelques-unes sont tenues pour trop aisément surmontables, n’est pas du tout — au contraire |! — les mettre en interdit. Mais

enfin, ne mélangeons pas les problèmes. Croyons sur-

tout que celui de la cohésion, de la discipline, de la persévérance et de l'énergie militaires, la France l'avait résolu sans en chercher les données dans des discussions relatives aux monopoles ou aux privilèges des syndicats. Espérons que ce sera beaucoup plutôt la confraternité de tous les officiers et de tous les soldats

dans les tranchées qui viendra faciliter la confraternité …

chez tous ceux qui pourront heureusement se retrouver dans les compagnies et dans les usines. Les succès remportés, en commun, au cours de la guerre menée contre l'étranger, feront ainsi oublier cette guerre internationale de classes que quelques-uns avaient la folle prétention de lui substituer.

D'où est venu cet élan? D'où est venue son unani-

mité ?

En premier lieu, de ce que la guerre nous était imposée, et que personne, absolument personne, dans le pays, n’y avait poussé.

En second lieu, autant l'agression germanique était grossière et autant apparaissaient révoltants tous les sentiments dont elle s’inspirait dans ses moyens comme dans son but, autant la résistance française était juste et à l'abri de tout reproche, sauf celui de trop d'optimisme et de trop de confiance imprévoyante.

Enfin, l'armée tout entière trouvait une éclatante satisfaction de ce besoin d'égalité qui, chez nous, n'est ni moins vif, ni moins tenace que l'idée de justice. Jamais on n’avail vu, jamais on n'avait même compté voir, les ouvriers et les patrons, les pauvres et les

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SA t è +

riches, les célibataires et les gens mariés, les laïques

et les curés, avec nos apôtres de la Chine et du Japon, les instituteurs publics et Les Frères à peine déshabitués de leur costume, accourir tous au-devant du même péril et s’y prêter mutuellement tous un égal concours. Sans doute, une fois que le Français a établi son droit

à l'égalité et qu'il croit avoir ainsi réparé l'injustice de

la fortune, il réclame davantage. F. Le Play a pu soutenir sans paradoxe que ce peuple si égalitaire était peut-être le plus ami des distinctions, des décorations, des faveurs même. Il est non moins vrai qu'il aime à s'enthousiasmer pour un chef auquel il confère, de son propre mouvement, une gloire souvent éphémère; il aime alors à dire : « Celui-là, c'est mon homme. » Mais là encore il se flatte de tout distribuer, les charges, les dangers, les honneurs, suivant les exigences d'une justice reconnue et acceptée de lui.

Pour couronner le tout, s’est ajoutée la manière dont l'officier, dans la réserve comme dans l’active, a rempli son devoir aux yeux de tous. Disons bien « aux yeux de tous », puisque ce n'était plus là cette armée restreinte dont la nation demeurait spectatrice : c’étaient des millions d'hommes représentant toutes les familles -et tous les groupes sociaux de la patrie.

De toutes ces données réunies, peut-on prévoir, pour l’'espérer ou pour la craindre, quelque modification de nature à séparer l’armée et la nation si magnifique-

ment confondues l’une avec l’autre ?

. J'ai écrit, il y a un instant, le mot « craindre ». N'y a-t-il pas là, se dira-t-on, une faute d'impression ou un oubli? Eh bien! non. Le succès et la gloire ont, certes,

M leurs avantages : mais ils ont aussi leurs écueils. Plus d'une voix s’est déjà élevée pour dire : « Nous l'avons

eue, cette fois, la nation armée; c'est elle qui a vaincu

sur la Marne et sur l'Vser, et qui a sauvé la France à

Verdun : l'ombre de Jaurès a dû être pleinement satis-

faite en voyant que désormais c'est assez de la nation

pure et simple. » — « Pleinement satisfaite, » ce serait

beaucoup dire; car il a Güû faire sur lui-même un retour

assez dur. Il traitait de « calomniateurs ineptes » ceux qui doutaient de la solidarité internationale et qui pré disaient qu'en cas de guerre, les socialistes allemands

se battraient contre nous, non seulement par obéis-

sance passive, mais par esprit d'impérialisme germa-

nique. Jaurès a vu ces « ineptes calomnies » se irans-

former en réalités sanglantes. Il n'avait voulu prévoir

ni la persistance de l'esprit de rapire et de bru-

talité de la race la plus voisine, ni la pleutrerie de

tant de puissances neutres supputant lies bénéfices de

leur commerce alimenté par les demandes des belli-

gérants et attendant le s'gnal de la victoire pour se ranger derrière le plus fort et lui demander une part

du butin. « Soit, dira-t-on encore, mais cet opti-

misme qui faisait tant de confiance à la nature humaine, a produit quand même son action vengeresse.

Que le péril montre de nouveau sa tête menaçante,

le peuple se soulèvera, dans le souvenir de sa vie-

toire, et il improvisera par lui-même un nouveau

triomphe. »

A semblable pouvoir d'improvisation, le céièbre tribun avait le bon sens de ne pas croire. Il avait, de plus, ce don... ou cette faiblesse, propre à l’éloquence, de ne savoir rien exprimer à demi. Apercevait-il un aspect inattendu de la vérité, inattendu de ses amis ou

de lui-même, il lui anportait sans hésiter son enthou- :

siasme, mêlé d'une généreuse indignation contre ceux qui relfusaienit de le partager : « Ce serait, disait-il

(page 149), un crime conire la patrie de laisser croire que

l'inspiration soudaine du courage, de l'enthousiasme et

+ AVENIR DE. Va OFFICIER

| génie Doi on. à dd Dibenies méodique et forte. De même qne l'ordre socialiste de roduction et de propriété ne peut se constituer et foncnaer par le seul élan de la conscience, mais qu'il y faut aussi des forces de technicité et de méthode, l'habitude de l’organisation et de la libre disci pline dans le prolétariat, de même la pleine efficacité d'une armée de défense vraiment nationale et populaire suppose, avec la ferveur de esprits, une préparation continue et proonde. » Vient ailleurs ce jugement sur l'héroïque armée : lu géaéral Chanzy : « Il ne lui manque alors qu'une - préparation plus sérieuse et la charpente d’une forte organisation militaire. » | Ce qui manquait ainsi à l'armée de la Loire n'a certainement point manqué, à beaucoup près, autant à nos armées de 1915. Les armées impériales avaient certains éléments de préparation remarquables, üil leur en manquait d’autres, et ce fut la même chose hier. Mais ne devons-nous pas dès aujourd'hui nous mettre en présence d’un lendemain où beaucoup de conditions peuvent se trouver profondément modi-. fiées ? Nous le devons d'autant plus que des conditions nouvelles qu’on n’a pas prévues sont toujours ggravantes.

“Une fois de plus, le pays à dû constaicr à quel point il est dangereux de ne pas connaître à fond la préparation militaire de ses rivaux et de ne pas y répondre de longue date par une préparation équivalente. Et par préparation, que faut-il entendre ici? Les hommes sont toujours là, trop peu nombreux, par suite de la diminution, si lamentable et si alarmante, de notre natalité, mais disponibles enfin et prêts à improviser, en ce qui les concerne, des mœurs m litaires de nature à satis-

faire les plus exigeants. Mais plus il faui se retourner

et se débrouiller, plus il faut que les guides et les entraîneurs du mouvement soudain suppléent à linex-

périence provisoire des masses par un surcroît de volonté exercée, adaptée surtout de longue date aux fins qu'il s’agit de réaliser sans délai, au milieu d'obstacles trop aisément déconceriants. Qu'on ne dise pas . que si l'obstacle est nouveau, l'effort doit l’être et peut l’être. Au fond, rien ne s’improvise du tout au tout; il y a toujours en toutes choses des transitions enchaînant les idées, les inventions, les ressources nouvelles aux idées, aux inventions, aux ressources anciennes. Sans doute, des méthodes mécaniques, esclaves de la tradition littérale, routinières, en un mot, appelleraient des rajeunissements ; ou, pour mieux dire, il en est toujours et partout besoin. Maïs ces rajeunissements mêmes ne sont pas ceux qui demandent le moins d’études préalables, et il n'y aurait rien de plus dangereux que de les vouloir trop universels, trop brusques, sans l’aide combinée des expériences et des calculs du passé. À la vérité, il est toujours difficile, pour des hommes ayant de longues traditions, de rompre subitement avec elles et d'en inaugurer eux-mêmes d’autres, demandant de nouveaux calculs et toutes sortes de nouvelles habitudes. Mais croit-on que celui qui ne sait rien de ce qu'on lui demande et n’en à rien à oublier soit mieux armé contre des nécessités imprévues ? De ces deux groupes, si le besoin de les rapprocher l’un de l’autre est assez senti, peut cependant sortir une collaboration féconde. Le personnel plus jeune est animé d'un esprit plus critique, enchaîné moins servilement au passé, plus avide de solutions répondant à des besoins et à des périls jusqu'alors insoupçonnés du personnel ancien, trop enclin à croire, celuià, qu'il avait cé qu'il fallait pour y faire face. Que de temps lui faudrait-il, alors que le temps lui manque, pour inventer ce qui n’est point encore à sa portée! Si les deux personnels se boudent, c’est le désordre et la catastrophe. S'ils se font de mutuelles concessions et s’en-

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