‹ L'avenir francaisChapitre 17 sur 27 · Ÿ 272 ES CU · texte numérisé non relu

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Aux environs de 1848, ce ne sont pas seulement des publicistes catholiques comme Louis Veuillot qui signalent avec indignation les effets de la promiscuité des hommes et des femmes dans les ateliers. Les ouvriers masculins voient surtout en leurs nouvelles camarades des concurrentes destinées à faire baisser leurs salaires. De hardis économistes, comme Sismondi, des philosophes inspirés par des idées de

réforme humanitaire, comme Blanqui, se coalisent

pour réclamer nettement l'interdiction absolue du travail féminin dans les manufactures. Pour des raisons d'ordres divers, on est inquiet de la nouveauté et des excès qui s y multiplient comme en une période d’essais chaotiques. Mais le branle est donné, le mouvement continue.

(1j IL faut faire exception pour la Hollande où la prépondérance de la vie purement agricole demeure toujours considérable.

pour faire ee convenablement une | famille. Il assiste, avec non moins de regret, à la raréfaction déjà notable du travail isolé. I1 se demande avec un peu d'inquiétude quelle va être l'influence de la machine à coudre, alors à ses débuts, et si les inconvénients ne Hépasseront pas les avantages. En moraliste dont ni l'élévation d'âme, ni la sincérité ne peuvent être discu- tées, il insiste partout sur l’urgence de mettre des étais à la vie de famille, en répandant le goût de la lecture,

"4 en développant la mutualité, en substituant des habi- tudes sérieuses à celles du libertinage et de l’ivro- gnerie.

En 1873, l'économie politique s'efforce d'envisager les choses d'un point de vue pratique et réfléchi, scien- ‘ifique et moral, en combinant du mieux possible l’es- prit novateur et l'esprit traditionnel. Au cours de son ss sur le travail des femmes au xix° siècle,

d abord que le supprimer serait tarir une Fe an

sources de l'industrie nationale, au détriment des

ouvriers masculins eux-mêmes ; car, dit-il, ce n’est pas 4 seulement la loi de l'offre et de la do ad qui fait hausser ou baisser le prix de la main-d'œuvre. Ce qui le fait Le plus hausser, c'est la prospérité générale et la confiance croissante de l’industrie. Ce qui le fait le plus baisser, c'est la stagnation des affaires et la lan- gueur de la production. Pour que l'industriel puisse mieux payer ses collaborateurs, il faut que leur nombre même lui permette de fabriquer davantage et de vendre davantage. L'éminent économiste estime de

plus qu’il y aurait profit à ouvrir de nouvelles carrières aux femmes laborieuses et nécessiteuses, au lieu de les parquer toutes universellement dans le travail à l'aiguille. IL s'efforce d'établir que le meilleur préservatif contre l’immoralité est encore un travail honorable et justement rémunéré. Il n'aime pas les artifices, en un certain sens, honteux et dérobés, de certaines femmes de condition moyenne qui font baisser les salaires en même temps qu’elles semblent discréditer le travail même. Il voudrait qu’elles eussent le courage de leur opinion et du parti qu’elles prennent et qu'elles discutassent ouvertement les conditions de leur concours, qu'elles le fissent avec plus de caractère et avec un raisonnement mieux guidé par une instruction professionnelle et méthodique. Parmi ces conditions, l’école française appelait de ses vœux et cherchait à hâter par sa propagande bon nombre de réformes telles qu'une abréviation raisonnable des heures de travail et une amélioration de l'hygiène des travailleurs comme de l’hygiène des ateliers. Elle ne repoussait pas toute intervention législative destinée à proscrire les abus de force et les agissements d’un égoisme malhonnête ; mais elle se défiait de cette action législative et administrative. En 1873, elle ne prévoyait pas encore toute la force de l'esprit d'association. Elle aimait mieux compter sur les calculs prévoyants d’une élite industrielle, savante, libérale, humaine, comme celle des Dollfus et des Harmel, sur la contagion de l'exemple, sur l'émulation qu’elle devait provoquer de proche en proche, enfin sur la démonstration expérimentale de cette vérité, qu’une science économique complète ne s'intéresse pas seulement à l’économie des matériaux et des machines, mais qu'elle doit faire une grande part à l'art d'aménager et de ménager (ce n’est pas ici un jeu de mots) les ressources productives des travailleurs de tout âge et de tout sexe. Cet optimisme était-il

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